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Quotidien des Usines

Europe : Le plan d'investissement Juncker est acté... mais pas vraiment ficelé

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Après avoir été présenté par la Commission, le texte du projet du plan Juncker a été amendé par le Parlement européen. Il est actuellement en négociation et doit être voté d’ici fin juin. Pourtant certains Etats, dont la France, commencent déjà à signer des conventions avec la banque européenne d’investissement (BEI) qui va gérer les fonds et annoncent des montants à distribuer.

Europe : Le plan d'investissement Juncker est acté... mais pas vraiment ficelé © European People's Party - Flickr - CC

C’est un feuilleton européen qui dure depuis novembre dernier, date de l’élection du nouveau président de la Commission Européenne. Jean-Claude Juncker avait promis, lors de sa campagne, un grand plan de relance européen d’investissements afin de tourner une bonne fois pour toute le dos à la crise. "C’est d’abord et avant tout un acte de gesticulation politique, très symbolique plus qu’une mesure qui aura un impact économique, tranche Philippe Lamberts, eurodéputé belge écologiste. Pour se faire élire, il a dû négocier avec les socialistes. Est-ce que cette initiative est susceptible d’apporter un remède au manque d’investissement en Europe ? Ce n’est pas nul mais pas à la hauteur."

Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), nouvelle filiale de la Banque européenne d’investissement (BEI) créée pour l’occasion, sera doté de 21 milliards d’euros de garantie. L’objectif est de solliciter 315 milliards d’euros d’investissements grâce à un mécanisme d’effet de levier.

Dissension entre la Commission et le parlement

Dans le détail, 16 milliards de ces 21 milliards d’euros proviendront du budget de l’Union et 5 milliards de la BEI. Sauf que les avis divergent entre le Parlement et la Commission. Ou trouver cet argent alors qu’aucun Etat membre n’est prêt à des investissements supplémentaires ?

La Commission comptait rogner sur d’autres programmes d’investissements déjà en cours (Horizon 2020 qui soutient la recherche fondamentale et le mécanisme européen d’interconnexion). Le Parlement s’y est opposé, préférant prélever de l’argent sur des fonds non utilisés chaque année et qui sont reversés aux Etats. Ce qui évidemment n’enchante pas les exécutifs sous tension budgétaire. Le texte fait actuellement l’objet d’une négociation à trois entre le Conseil européen, le Parlement et la Commission. Il doit être voté au Parlement d’ici à la fin juin.

Faux semblants

"Les Etats qui le souhaitent peuvent apporter un complément pour accroître l’impact du dispositif. Cela va permettre des synergies entre les initiatives nationales et européennes", s’enthousiasme Jean Arthuis, eurodéputé centriste et président de la Commission des budgets du Parlement.

Pourtant, dans un contexte de rigueur budgétaire européen, les initiatives nationales apparaissent surtout comme des incitations visant à attirer plus facilement une partie des fonds mis à disposition dans le plan. La Pologne comme la France, l’Italie et l’Allemagne ont annoncé qu’ils vont contribuer chacun à hauteur de 8 milliards d’euros afin de cofinancer des projets nationaux. L’Espagne le fera également à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Le Luxembourg pour 80 millions... tandis que dans le même temps, chaque Etat communique officiellement sur la collégialité des projets présentés et le choix non national de ceux qui bénéficieront de subventions. 

420 millions d’euros disponibles pour les PME et ETI françaises

Magie du système, alors qu’il n’est pas encore clairement défini, ni voté par le Parlement européen, le plan Juncker commence déjà à produire ses premiers effets. En France, suite à la signature d'une convention avec le BEI, Bpifrance annonce 420 millions d’euros de prêts à l’innovation à destination des PME et ETI. Le dispositif consistera en 320 millions d’euros de prêt innovation afin de "faciliter le lancement industriel et la mise sur le marché d’innovations" et 100 millions de prêts d’amorçage à l’investissement.

L’autre aspect du plan Juncker concerne le financement des grands projets. La sélection a également déjà débuté. La BEI a annoncé qu’elle retenait des projets "en faveur de la recherche dans la santé en Espagne, l’agrandissement d’un aéroport en Croatie, la construction de 14 nouveaux centres de soins en Irlande et l’appui à l’innovation industrielle en Croatie."

Les entreprises hexagonales comptent bien en profiter aussi. "Nous avons des projets d’intérêt européens en matière de transmissions électriques entre la France, l’Espagne et le Portugal, ainsi que dans le transport ferroviaire, avec la liaison entre les aéroports et de grandes villes européennes", explique Alain Berger, le délégué général d’Alstom à Bruxelles, qui vise le projet Roissy-Express entre l’aéroport Charles de Gaulle et Paris

Signe que l’issue favorable de la négociation européenne sur le texte du plan Juncker ne laisse que peu de place aux doutes : la BEI a annoncé rechercher activement 200 nouveaux experts avant la fin de l’année afin de constituer les équipes du FEIS à Luxembourg.

Adrien Schwyter

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