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[ETUDE] Pourquoi les pôles de compétitivité ne remplissent pas (complètement) leurs objectifs

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Publié le , mis à jour le 04/03/2016 À 16H53

Exclusif Après celle de 2012, les pôles de compétitivité feront l’objet en juin 2016 d’une nouvelle évaluation complète. Mais de premières études économétriques démontrent déjà les limites de ce modèle. Si les entreprises adhérentes à un pôle de compétitivité sont beaucoup plus actives en terme de R&D que les autres, l’impact sur leur business n’est pas avéré...

[ETUDE] Pourquoi les pôles de compétitivité ne remplissent pas (complètement) leurs objectifs © Roquette

Passer "d’usine à projets"  à "usine à produits" c’est la feuille de route des pôles depuis 2013. Les projets collaboratifs sont en effet nombreux (plus de 1600 depuis le lancement) et les pôles ont incontestablement réussi à créer des liens sur les territoires entre les grandes entreprises, les plus petites et les établissements de recherche.

Mais qu’en est-il de l’impact économique sur le business des entreprises ? Depuis le lancement des pôles, l’Etat cherche à évaluer l’efficacité de cette action. Sur l’amont (la recherche) mais aussi sur l’aval. Car l’enjeu final est bien de renforcer la création de valeur et d’emplois des entreprises.

Une première étude a été réalisée sur la période 2005-2009 et publiée en 2014, une seconde sur la période 2006-2012  sera présentée ce vendredi à Bercy. Elle démontre que si la participation d’une entreprise à un pôle booste sa recherche, on ne peut en revanche identifier un effet significatif sur son business.

Effet sur la recherche et développement

Sur la période 2005-2009, la première évaluation économétrique réalisée par l’Insee et la DGE a montré qu’entre une entreprise membre d’un pôle  et une entreprise d’un groupe témoin non membre présentant les mêmes caractéristiques, l’écart annuel moyen de dépenses R&D est de + 29 600 de financements publics  et de  + 47 600 de financements privés.

Cet écart entre financement privé et public montre qu’il n’y a pas d’effet de substitution. De même, l’écart en emploi de R&D dans les entreprises membres des pôles est de + 0,7 (en équivalent temps plein). Cet effet R&D est d’autant plus important que les entreprises du pôle ont effectivement participé à un projet FUI (le fonds unique interministériel qui intervient en direct sur les financements des projets).

Dans ce cas l’écart sur les financements privés de R&D avec le panel témoin est proche de  + 55 000 euros par an en moyenne et l’écart en emploi de R&D est de + 1,3.

L’étude qui sera présentée ce vendredi 4 mars porte sur la période 2005-2012. Elle démontre de manière encore amplifiée l’impact sur la R&D.

Selon Claude Matthieu, professeur d’économie à Paris et Créteil qui a réalisé cette évaluation pour France Stratégie avec Haithem Ben Hassine : "l’effet pôle est sensible sur la recherche. En moyenne, la dépense additionnelle d’une entreprise membre d’un pôle en 2010 par rapport à 2005 est de + 451 000 euros. Et ce sans effet de substitution car une entreprise de pôle qui perçoit un surcroit d'un euro de financement public met quatre euros de financement privé au pot."

En terme d’effectif R&D, cette nouvelle étude montre que l’appartenance à un pôle a conduit à l’embauche de six équivalent temps plein supplémentaire en moyenne par entreprise en 2010 par rapport à 2005.

Pas d'Effet sur le chiffre d'affaires

La première étude, comme celle qui sera dévoilée cette semaine, s'est penchée sur d'autres variables qui sont plus proches des marchés. Et c’est là que le bât blesse. Sur la période 2005-2009, l’effet chiffre d’affaires de l’appartenance à un pôle n’était pas significatif. Il l’était exclusivement pour les entreprises qui au sein d’un pôle avaient participé à un projet FUI, de l’ordre de + 963 900 euros en moyenne annuelle.

Cette première phase 2006-2009, qui constituait l’amorce de la montée en puissance des pôles, pouvait légitimer que les bénéfices tangibles de l’effort de R&D  soient recueillis sur une période plus longue. Apparemment il faudra encore patienter. "Notre étude économétrique sur la période 2005-2012 ne met en évidence aucun effet sur  le chiffre d’affaires, l’emploi (hors R&D), l’exportation, la productivité ou l’investissement des entreprises membres d’un pôle de compétitivité", explique le professeur Claude Matthieu.

Ce dernier ajoute qu’il faut prendre ces résultats comme non définitifs. D’autant que les données disponibles s’arrêtent à fin 2012. Trois ans plus tard la situation a pu évoluer. En tout cas, ces évaluations légitiment d’autant plus la réorientation sur une recherche plus appliquée qui a le souci de la mise de produits sur le marché. Un souci qui prévaut sans doute dans la volonté du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, d’aligner la stratégie des pôles sur celle des dix solutions de la nouvelle France industrielle.

Anne-Sophie Bellaiche

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2 commentaires

Nom profil

08/03/2016 - 22h39 -

"Notre étude économétrique sur la période 2005-2012 ne met en évidence aucun effet sur le chiffre d’affaires, l’emploi (hors R&D), l’exportation, la productivité ou l’investissement des entreprises membres d’un pôle de compétitivité", explique le professeur Claude Matthieu.

Eh bien quel succès après tous ce milliards d'€ dépensés !!!! Faut-il encore attendre 5 ans avant de se poser les bonnes questions?
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Nom profil

05/03/2016 - 10h51 -

L'évaluation doit être faite sérieusement, y compris sur l'emploi. Combien d'emplois créés avec ces pôles ? Le chiffre de 6 emplois de plus par entreprise est surprenant, quand on voit que le président de l'association des pôles de compétitivité a supprimé 25% des postes dans sa société ces dernières années
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