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[Etude] Les entreprises jugent l’internet industriel indispensable mais peinent à le déployer

Marine Protais

Publié le

Selon une étude Wavestone, 67 % des industriels estiment que l’internet industriel est un sujet prioritaire, mais peu parviennent à dépasser la phase d’expérimentation.

[Etude] Les entreprises jugent l’internet industriel indispensable mais peinent à le déployer
La SNCF utilise l'IOT pour réduire ses coûts de maintenance.
© SNCF Médiathèque / Christophe Recoura

Maintenance prévisionnelle, paiement à l’usage, jumeau numérique… Toutes ces solutions dites 4.0 n’existeraient pas sans l’internet industriel. Soit le déploiement de capteurs dans les usines, infrastructures et équipements industriels combiné à l’analyse des données.

Les industriels en ont conscience. C’est l’un des principaux enseignements d’une étude du cabinet de conseil Wavestone publiée vendredi 24 novembre sur le sujet. 67 % des 87 industriels interrogés considèrent l’IoT, comme un sujet prioritaire. Parmi eux, 40 % avancent qu’il s’agit même d’une priorité pour la direction générale, pas seulement pour les directions informatique ou industrielle.

Coincés dans l'ère du Poc

Cette prise de conscience n’est pas toujours suivie d’actions. Seul un tiers des répondants ont déjà lancé des projets autour de l’internet industriel. Et ceux qui ont déjà lancé des expérimentations appréhendent le passage à une plus grande échelle. L’industrialisation de l’Iot est citée comme la principale difficulté par 28 % des sondés.

La difficulté à dépasser cette phase exploratoire de "POC" ou preuve de concept s’explique par des défis technologiques. Les industriels déplorent l'absence d'une offre d'ensemble prête à l'emploi, alors que les différents composants de l’Iot (capteurs, outils d'analyse des données, outils télécom) sont eux jugés matures. 

Une difficulté qui s’illustre par exemple dans le choix de la plate-forme numérique de stockage et d'analyse des données. "Un choix cornélien" selon Laurent Félix, senior manager chez Wavestone. "Si l’on choisit une plate-forme ouverte et centrale, le problème est qu’il faut développer des API supplémentaires à chaque nouveau cas d’usage. Si on choisit une plate-forme dédiée à un cas d’usage, son utilisation sera très limitée. Et si on choisit de développer en interne une plate-forme parfaitement adaptée à l’entreprise, le problème est qu’il faut prévoir une équipe et du temps pour la mettre à jour très régulièrement", énumère Laurent Félix, senior manager chez Wavestone. "Il n’y a pas de bonnes réponses, il faut choisir en fonction des besoins de son entreprise et en ayant pour principale critère la simplicité."

Certains industriels comme Total sont confrontés à des problèmes techniques plus spécifiques : l’absence de capteurs adaptés à leurs environnements industriels. 

Mieux filtrer les expérimentations

Outre ces difficultés technologiques, les industriels font également face à des problèmes de méthodologie. "Nous avons lancé des centaines de cas d’usage, nous en avons retenu 100, puis lancé des expérimentations sur 20, pour ne retenir que cinq cas stratégiques. La période d’expérimentation a duré deux ans, nous commençons tout juste à voir les premiers impacts de l’internet industriel", explique Emmanuel Cox, responsable du programme Iot de la SNCF. L’entreprise utilise notamment l’Iot pour réduire ses coûts de maintenance. Cet indispensable travail de filtrage est trop souvent expédié. "Trop d’industriels continuent des POC qui n’ont pas d’intérêt économique. Il faut savoir dire stop", relève Laurent Felix. "Il y a trop de tests, pas assez de learn", résume-t-il. Soit trop d’expérimentation, pas assez d’apprentissage.

Autre frein méthodologique souligné par l’étude : le manque de communication entre services IT et les métiers, c’est-à-dire les utilisateurs de l’internet industriel. 76% des entreprises industrielles jugent la collaboration entre ces départements insuffisante.

Déploiements prévus en 2018

2018 et 2019 devraient, selon l’étude, être la période du passage des expérimentations au déploiement. La moitié des entreprises sondées prévoient un déploiement conséquent dans les deux prochaines années. "Ce chiffre est cohérent avec le résultat précédent puisque ces entreprises sont actuellement en phase d’émergence et d’expérimentation", souligne l'étude. 

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