[Etude] Le confinement nuit davantage aux femmes qu'aux hommes

Plusieurs études montrent qu'hommes et femmes ne sont pas égaux face au télétravail en France et dans le monde. Reste que la pandémie pourrait être l'occasion d'un rééquilibrage dans la répartition des tâches ménagères. 

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[Etude] Le confinement nuit davantage aux femmes qu'aux hommes
Le télétravailleur en difficulté est plus fréquemment une télétravailleuse.

On aurait pu croire que le pandémie et ses conséquences, le télétravail et le confinement, étaient égalitaires et remettaient les compteurs à zéro. Or, une étude réalisée par Ipsos (1) pour le bureau parisien du Boston Consulting Group (BCG) remet en cause cette vision idyllique. Le (ou la) Covid est un gros macho qui en ramenant les femmes à la maison leur fait payer un plus cher tribut, qui, à terme, pourrait avoir un impact sur leur future carrière.

Le Covid est un macho

Ainsi, 60 % des femmes de l'échantillon travaillant dans le secteur privé se disent confiantes quant à leur avenir professionnel, quand la proportion atteint 75 % pour les hommes. Même si l'étude n'établit pas de causalité stricto sensu, cela pourrait provenir des différences d'adaptation au "nouveau normal". Ainsi, 27 % des femmes interrogées sont moins nombreuses que les hommes (31 %) à estimer qu'elles consacrent plus de temps en télétravail à développer leur réseau. 22 % estiment parler davantage en réunion à distance quand 31 % des hommes déclarent le faire.

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Ce que l'étude d'Ipsos pour le BCG montre aussi, c'est que la source de ces inégalités se niche au sein même du foyer. On découvre ainsi que 38 % des femmes (11 points de plus que les hommes) indiquent ne pas avoir d'espace isolé pour télétravailler. Résultat : elles sont 28 % à se dire régulièrement dérangées pendant qu'elles travaillent depuis leur domicile, quand seulement 19 % des hommes déclarent la même chose. Dans un couple, quand il existe un bureau ou un espace de travail, c'est le mari qui l'occupe, la femme devant travailler depuis le séjour ou l'espace de vie comme disent les agents immobiliers. A cela s'ajoute vraisemblablement la situation des femmes élevant seules leurs enfants.

Travail et tâches ménagères : les femmes cumulent, même quand monsieur est à la maison

L'inégale répartition des tâches ménagères entre les hommes et les femmes doit avoir un impact sur ses résultats. Pendant que les femmes s'occupent du foyer, leurs conjoints peuvent faire des visioconférences ou du réseau. Quelques résultats sont à cet égard fort éclairants, même s'ils datent d'une étude réalisée en 21018. Pour bien des tâches domestiques, ce sont les femmes qui s'y collent dans plus d'un foyer sur deux. C'est le cas par exemple d'activités comme "laver les sols", "laver les sanitaires" ou encore tout ce qui concerne le ménage et l'entretien du linge. Pour la préparation des repas, la répartition est assez équilibrée. Elles sont très peu nombreuses à descendre les poubelles (une activité masculine donc) ou à bricoler. La tâche la plus partagée serait l'éducation des enfants.

Derrière ce constat sévère, des forces sont en mouvement pendant la crise qui pourraient affecter durablement les équilibres antérieurs. Une proportion d'hommes non négligeables déclarent s'impliquer davantage qu'auparavant dans la vie du foyer. 46 % d'entre-eux disent passer plus de temps qu'avant aux tâches domestiques, 49 % à l'accompagnement du travail scolaire des enfants, la même proportion qu'à l'accompagnement à l'école. "Pourvu que ça dure", comme aurait dit Letizia Bonaparte, la mère de l'empereur.

Car tout cela est loin d'être anecdotique et pourrait à terme avoir des conséquences plus importantes sur la santé des femmes. 44% d'entre elles disent avoir des problèmes de sommeil (35 % des hommes sont dans la même situation). Un tiers des femmes (34 %) estime être sur le point de craquer ou d'avoir un burn-out (28% des hommes). Résultat : quand deux tiers des femmes disent être anxieuses (de légère 33 % à forte 16 %), seulement un homme sur deux le déclare (la part indiquant connaître une anxiété forte est de 12 %).

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(1) Méthodologie de l'étude

Etude réalisée du 29 janvier au 8 février 2021 auprès d'un échantillon de 2 002 salariés français travaillant en bureau, composé de 1001 hommes et 1 001 femmes employés par les secteurs privé ou public.

Échantillon interrogé par Internet via l’Access Panel Online d’Ipsos Méthode

Méthode des quotas appliquée au sexe, à l’âge, à la profession de l’interviewé, à la région et à la catégorie d’agglomération

Illustration de nos confrères britanniques The Guardian : "l'année où papa est resté à la maison"

Christophe Bys Grand reporter management, ressources humaines
Christophe Bys

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