[Etude exclusive] La gestion des risques à l'épreuve du Covid-19

La crise du Covid-19 était impossible à anticiper, mais les entreprises de l’industrie ont su réagir et sont prêtes à en tirer tous les enseignements, selon notre étude exclusive L’Usine Nouvelle-Dekra.

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[Etude exclusive] La gestion des risques à l'épreuve du Covid-19
Dès le début de la pandémie, l’organisation du travail a été bouleversée.

Une crise est rarement un accident isolé, elle se développe et culmine en causant souvent des dégâts à long terme. La crise du Covid-19 était impossible à anticiper, mais les entreprises de l’industrie ont su réagir et sont prêtes à en tirer tous les enseignements, selon l'étude réalisée en ligne par Infopro Digital Etudes pour L’Usine Nouvelle et Dekra, du 19 mai au 16 juin 2020, auprès de 357 répondants (161 décideurs du secteur de l’industrie et 196 élus et agents de collectivités locales).

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Dès le début de la pandémie, l’organisation du travail a été bouleversée. "Les entreprises ont réagi dans l’urgence. Elles ont mis en place ce qui était obligatoire pour protéger leurs salariés", explique Yvan Mainguy, le DG de Dekra Certification. Et leur premier réflexe lorsqu’un risque survient est de communiquer en interne à 96 %, puis de déployer des moyens techniques à 90 %, et enfin de prévenir les services de secours à 53 %. Suite à la pandémie, 48 % des entreprises interrogées comptent repenser leur propre gestion des risques en termes d’organisation du travail.

Des cellules de crises aux cellules d’anticipation

Pendant l’épidémie, Naphtachimie a placé en télétravail le maximum de salariés de son site classé Seveso, avant d’établir "un protocole avec la médecine du travail en prévision de la déclaration d’un cas positif dans une équipe qui travaille en 3 x 8, avec des mises en quarantaine et un questionnement sur leur remplacement pour ne pas arrêter l’usine", souligne Didier Méné, son responsable HSEQ (santé, sécurité, environnement et qualité). Une même task force a vu le jour dans une grande entreprise de gestion des eaux. Un cadre dirigeant témoigne : "Notre cellule de crise (directions des risques, de sécurité, des assurances, des achats...) s’est réunie tous les jours pour gérer les sujets prioritaires. Puis rapidement, nous avons mis en place une cellule d’anticipation pour détecter les adaptations nécessaires à un horizon de trois mois, avec une projection sur un à deux ans". Cette cellule est toujours active et la cellule de crise de départ s’est transformée en cellule de transition pour gérer les retours au travail.

Afin d’inscrire dans le marbre ces nouvelles procédures, les entreprises se sont adossées à des plans de continuité d’activité (PCA), un moyen qu’elles ont privilégié à hauteur de 57 % pour prévenir les risques. Pour ne pas partir de zéro, Naphtachimie a récupéré son PCA datant de la grippe aviaire, jamais utilisé, et qui a été actualisé. "En cas de nouvelle vague ou de nouveau virus, nous serons mieux armés qu’auparavant", juge Didier Méné. Gestion identique pour l’entreprise spécialisée dans les eaux usées qui s’est, elle aussi, appuyée sur son PCA issu du virus H1N1. Idem pour un groupe français de parapharmacie qui s’est adossé à l’un de ses PCA prévu en cas de crues, afin de faire basculer rapidement en télétravail les salariés de leurs sites tertiaires.

Le renforcement du risk management

Quant aux normes et certifications, Dekra n’observe pas de nouvelles demandes. "Par contre, nous ressentons une grande inquiétude pour le dernier trimestre avec des dépôts de bilan à la clé. Et donc des suspensions de certificats. Les entreprises, qui craignent une seconde vague de Covid-19, attendent de voir comment se déroule la reprise. C’est une période transitoire, un peu attentiste", estime Yvan Mainguy. Au Mase, réseau associatif d’industriels qui regroupe les grands sites français et leurs entreprises de maintenance, Nicolas Chouteau, son secrétaire général, explique que leurs certifications sont données pour des périodes d’un an ou de trois ans. « Nos adhérents doivent effectuer un reporting dématérialisé tous les six mois, ce qui n’a donc pas posé de problème pendant le confinement », observe-t-il. Mais avec la pandémie, ce sont aussi les audits de terrain qui ont été questionnés. "Nous nous sommes même demandés si nous allions équiper nos adhérents de Google glass, idée vite abandonnée, raconte Nicolas Chouteau. Nous avons donc décalé nos audits et prorogé d’un an toutes les certifications de nos adhérents."

Depuis la crise, les entreprises ont davantage pris conscience de l’importance de la gestion des risques. Désormais, 66 % des décideurs la considèrent comme majeure, contre 50 % avant 2020. Selon Brigitte Bouquot, la présidente de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise), il y a deux enseignements à tirer : "Il est impératif de renforcer le risk management dans un monde de grands risques systémiques pour que l’économie ne soit pas à l’arrêt." Et le deuxième est de préserver les mécanismes vitaux du financement des entreprises, comme les prêts garantis. Il faut donc que les entreprises se préparent sereinement à ces futures crises et qu’elles aient en tête que le Covid-19 a aussi offert des opportunités à certains opérateurs...

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