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[Etude] Co-développer avec les fournisseurs... toujours pas dans les habitudes des acheteurs

Marine Protais , ,

Publié le

Le co-développement de produits entre clients et fournisseurs reste une pratique d’achat occasionnelle. C’est le constat d’une étude de Peak, think tank du centre d’accompagnement des entreprises Thésame. L’acheteur cost-killer et ses pratiques de négociations agressives ont la vie dure...

[Etude] Co-développer avec les fournisseurs... toujours pas dans les habitudes des acheteurs
Les acheteurs sont conscients de la nécessité d'innover avec leurs fournisseurs, mais ne pratiquent qu'occasionnellement le co-développement.
© Fotolia

Accélération du time-to-market, produits de plus en plus complexes, besoin de se recentrer sur son cœur de métier pour baisser les coûts… Autant de raisons qui poussent les donneurs d’ordres à co-développer leurs produits avec leurs sous-traitants. Le principe n’est pas neuf, mais son application tarde à se démocratiser.

Les acheteurs ont conscience de la nécessité de mieux collaborer avec leurs fournisseurs mais peu d’entre eux utilisent régulièrement des méthodes de co-développement. C’est ce que rapporte une étude de Peak, think tank dédié aux nouvelles relations entre clients et fournisseurs de l’association haute-savoyarde Thésame, réalisée avec l’Université Savoie Mont-Blanc et l’Institut polytechnique de Grenoble et publiée le 5 décembre.

Pour 60 % de la soixantaine d'acheteurs interrogés - la plupart travaillent pour le secteur industriel et dans de grandes entreprises -, la pratique du co-développement reste "très occasionnelle". Et elle touche un nombre de fournisseurs restreint, entre 1 et 10 en moyenne. Les principaux freins cités par les répondants : la dépendance vis-à-vis du fournisseur, la difficulté des équipes internes à exprimer un besoin fonctionnel et leur manque de vision du cœur de la technologie.

Nécessité de transformer la fonction achat

"Pour que les fournisseurs soient davantage impliqués dans la co-innovation, il faut que la fonction achat se transforme. La maîtrise des coûts ne doit plus être le seul élément à prendre en compte, l’acheteur doit avoir une connaissance de la technologie, de la gestion de la R&D, mais aussi du marketing de l’innovation", explique Jean Breton, directeur de Peak. Bref, en finir avec l’acheteur cost-killer - qui se base uniquement sur la conformité de la pièce à un plan et négocie agressivement les prix -, pour laisser place à un acheteur multitâche, qui laisse aux fournisseurs une liberté. Le consultant rapporte qu’en France, très peu de postes d’acheteur spécialiste de l’innovation existent pour le moment.

Le problème, selon Jean Breton, c’est que les entreprises ne savent pas comment faire pour mettre en place ces nouvelles méthodes. L’étude montre que 62 % des acheteurs ayant eu une expérience de co-développement ont créé un statut spécifique pour leurs fournisseurs innovants sans toutefois créer d’outil de pilotage spécifique pour ce type de fournisseurs. 74 % déclarent n’utiliser aucun outil d’audit spécifique pour évaluer les aptitudes de leurs fournisseurs à co-développer.

Le rôle du co-développement de plus en plus important

Les acheteurs interrogés sont pour 66 % convaincus que le rôle du co-développement prendra une place plus importante dans les années à venir. L’accès à de nouvelles technologies, la réduction du time-to-market sont les principales raisons qui les pousseraient à collaborer avec leurs fournisseurs. Troisième raison invoquée : "challenger les conceptions".

Un aspect intéressant selon les auteurs de l’étude, car "[cette raison] introduit une vision très 'positive' et 'valorisante' de l’action du fournisseur : non seulement il apporte des technologies inconnues mais il est aussi là pour challenger les choix de conception… comme si le syndrome du NIH [Not Invented Here, attitude consistant à rejeter ce qui n’a pas été inventé en interne, Ndlr] commençait à régresser au moins au sein de notre échantillon !", s’enthousiasment les auteurs.

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