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L'Usine de l'Energie

Et si les Chinois recapitalisaient Areva ? 

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le , mis à jour le 13/03/2015 À 15H29

Plans d’économies, réduction d’effectifs et amélioration de la gestion de projets sont nécessaires au redressement d’Areva. Mais seront-ils suffisants ? Une recapitalisation est sans doute nécessaire. Si EDF refuse de le faire et si l’Etat n’en a pas les moyens… Reste les Chinois.

Et si les Chinois recapitalisaient Areva ? © DR

Pour recapitaliser Areva, "toutes les hypothèses sont sur la table et rien n’a encore été tranché", assure un responsable syndical. Qui espère y voir plus clair fin mars lorsqu’il rencontrera le président d’Areva, Philippe Varin. En attendant, le scénario le plus souvent évoqué est celui d’une recapitalisation d’Areva par EDF ou l’Etat… Mais à en croire un proche du Conseil de politique nucléaire, une autre voie existe : "Si EDF ne vient pas, il reste les chinois…"

L’hypothèse fait sens ; elle devient même très crédible en repensant à la présentation de Philippe Knoche, le directeur général d’Areva, le 3 mars dernier lors de la présentation des résultats du groupe. Pour lui, le plan stratégique d’Areva passe entre autres par un développement de la présence du groupe en Chine.

Varin, expert de la Chine

Quand il expose ce dernier point, Philippe Knoche explique vouloir approfondir le travail sur les filiales et les joint-ventures dans le pays. Et n’oublions pas que le nouveau président d’Areva, Philippe Varin, est un excellent connaisseur de la Chine et qu’il avait été dans son poste précédent à l’origine du rapprochement de PSA et du chinois Dongfeng. Ce dernier entrant au capital du premier… Par ailleurs, l’Etat a déjà permis à des acteurs étrangers de prendre des parts d’Areva : en 2009, lors de la dernière augmentation de capital d’Areva, c’est un fonds koweïtien (KIA) qui avait mis la main à la poche… Et il s’en était fallu de peu que le fonds du Qatar (QIA) n’y participe aussi.

Ce serait un sacré retournement de l’histoire. Fin 2012, la France ouvrait une enquête sur EDF et la Chine, dénonçant un risque de transferts de technologies mettant en péril la filière française. EDF avait en tête de développer un réacteur de 1 000 MW avec l’industrie chinoise. Pékin avait peu apprécié les soupçons français et il avait fallu développer des trésors de diplomatie pour réchauffer les relations.

EDF ne veut pas investir dans Areva

Pour le gouvernement, le choix de préférence reste EDF. "Rapprochement, convergence, bien sûr. Fusion, peut-être, toutes les hypothèses sont sur la table", affirme la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal. De son côté Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, tempère : "L'enjeu n'est ni de fusionner EDF et Areva ni d'organiser un rapprochement global ". Cependant, il envisage des "rapprochements capitalistiques sur certains secteurs".

Mais l’électricien ne veut absolument pas investir dans Areva… Il y sera peut-être forcé à terme, mais pour l’heure, il freine des quatre fers ! Depuis son arrivée à la tête d’EDF, Jean-Bernard Lévy répète à l’envi qu’aucun rapprochement capitalistique n’est envisagé. D’autant plus qu’EDF doit resserrer ses comptes pour mener à bien ses propres investissements. Une commission parlementaire vient d’ailleurs d’appeler la société à abaisser ses coûts ! 

L’Etat déjà engagé sur Alstom

Selon le Figaro, EDF va venir en support d’Areva en Finlande pour aider à achever l’EPR d’Olkiluoto qui, avec ses 9 ans de retard et plus de 5 milliards d’euros de provisions, participe à grever les comptes de la société nucléaire. Cependant, EDF refuse catégoriquement de s’impliquer financièrement, il s’agit d’une mission de conseil. Juste une application concrète du rapprochement de l’ingénierie des deux groupes mené depuis quelques mois.

Et l’Etat ne va pas ou ne peut pas suppléer EDF. "Le gouvernement a déjà promis environ deux milliards d’euros pour entrer au capital d’Alstom… Il lui faudra faire des choix", constate un haut dirigeant.

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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17/03/2015 - 12h08 -

L'Etat est responsable de la situation d'AREVA : d'abord en n'effectuant pas un contrôle suffisant des choix qui l'ont conduit au bord de la faillite (achat d'Uramin, volonté de construire seul un EPR), ensuite en décrédibilisant le nucléaire, pour avoir les faveurs des Verts.
En tant qu'actionnaire majoritaire, son devoir est de recapitaliser l'entreprise.
En tant que gardien de la nation, il ne doit pas permettre à une puissance étrangère de s'immiscer dans un secteur aussi stratégique que le nucléaire.
S'il le faisait, demain nous n'aurions plus qu'à acheter des centrales clefs à mains aux Chinois.
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