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L'Usine Santé

Et si le "papa" des jumelles modifiées génétiquement était un lanceur d'alerte?

Manuel Moragues ,

Publié le

En déclenchant un tollé international avec ses jumelles modifiées génétiquement, le Chinois He Jiankui pourrait bien jouer malgré lui le rôle du lanceur d'alerte. Car la création d'humains modifiés est bel et bien au programme des ciseaux génétiques Crispr.

Et si le papa des jumelles modifiées génétiquement était un lanceur d'alerte?
Découverte en 2012, la technique d'édition du génome Crispr-Cas9 a connu un développement accéléré.
© PIXABAY

Il se serait bien vu pionnier célébré pour son audace. Il se retrouve paria. Le Chinois He Jiankui a déclenché un tollé international en annonçant le 26 novembre avoir contribué à la naissance de bébés génétiquement modifiés – des jumelles. Le gouvernement chinois a ordonné l'arrêt des travaux de He Jiankui, jugés "illégaux et inacceptables". L'université de Shenzen s'est totalement désolidarisée de son chercheur. En utilisant la technologie d'édition du génome Crispr pour éliminer un gène appelé CCR5 chez des embryons issus d'un père séropositif dans l'espoir de les rendre résistants au Sida, He Jiankui s'est comporté en chercheur-voyou. En savant fou briseur de tabou. Mais aussi, malgré lui, en lanceur d'alerte.

"un chemin plausible et responsable vers les applications cliniques"

Car si la communauté scientifique s'est émue, à l'image des organisateurs du Sommet Edition du génome humain qui s'est tenu du 27 au 29 novembre à Hong-Kong, d'une "procédure irresponsable et non conforme avec les normes internationales", nombre de critiques pointent surtout la précipitation de He Jiankui, plus que la finalité de ses travaux. Et semblent avant tout craindre que le scandale entrave la poursuite de leurs recherches. "Ce n'est pas parce que le premier pas d'une technologie est un faux pas que nous ne devrions pas faire un pas en arrière et prendre un nouveau départ, pour envisager un chemin plausible et responsable vers les applications cliniques", a tenu à affirmer George Daley, le doyen de l'école de médecine de Harvard, en ouvrant le sommet.

Crispr autorisé sur l'embryon

He Jiankui nous confronte à la réalité. Celle de l'accélération des développements autour de Crispr. Déjà, les découpages dans les cellules non reproductrices – qui ne transmettront donc pas leurs gènes modifiés– sont allés bon train et les premiers essais cliniques de thérapies basées sur Crispr ont été autorisés dès 2016 en Chine et aux Etats-Unis.

Surtout, en trois ans, la création d'humains génétiquement modifiés pour éviter des pathologies graves est passée du registre de la science-fiction à celui d'objectif de moyen terme. L'utilisation de Crispr sur des embryons humains - donc avec une altération de l'hérédité -  est autorisée en Chine, aux Etats-Unis et, depuis 2016, au Royaume-Uni et en Suède. Le Japon s'est engagé sur cette voie en septembre dernier. Et George Daley le revendique : ses chercheurs vont utiliser Crispr sur des spermatozoïdes. Leur but ? Pouvoir créer des humains ayant un moindre risque de développer la maladie d'Alzheimer. He Jiankui nous a prévenus.

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