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ERP : l'open source prend de l'ampleur

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On compte aujourd'hui deux grandes familles de progiciels de gestion en open source. Et au moins quatre « forks » ou dérivés de ces logiciels. Ils se distinguent par leur étendue fonctionnelle, mais aussi par le prix des services associés.

ERP : l'open source prend de l'ampleur

Déjà très présent dans les systèmes d'exploitation ou la gestion de contenus, le libre prend de l'ampleur dans les progiciels de gestion intégrés (PGI ou ERP en anglais pour « Enterprise Ressource planning »). Les entreprises utilisent ces progiciels pour gérer différents processus opérationnels dans les entreprises tels que la comptabilité, la gestion des achats ou le pilotage de la chaîne logistique.

Aujourd'hui, l'offre est structurée autour de deux grandes familles de progiciels développés en Java : Compiere (et ses dérivés Adempiere et Openbravo, ce dernier évoluant aujourd'hui comme un produit à part entière) et OFBiz (et ses dérivés Neogia et Opentaps). S'ajoutent à cela OpenERP (anciennement TinyERP) et ERP5, deux autres produits qui sont eux développés en Python.

Tests en amont et évolutivité

Editeurs et sociétés de services le répètent à l'envi : l'open source présente plusieurs avantages pour les entreprises. « Le gros avantage, c'est que le client peut tester la solution avant de se lancer », explique par exemple Coralie Giradet, responsable commerciale d'Audaxis, un partenaire de Compiere. Mieux, « le modèle économique de l'open source fait qu'il y a le plus souvent un éditeur, qui gère le noyau central, et un nombre très important de partenaires travaillant localement sur des développements spécifiques », renchérit Stéphane Duclaux, directeur commercial d'Octant Informatique, un intégrateur partenaire de l'entreprise belge Tiny Sprl, l'éditeur d'Open ERP (ex-Tiny ERP). « Cela permet de faire évoluer le produit très rapidement et de faire en sorte que chacun en profite », affirme-t-il.

La « pérennité » des solutions est un autre atout mis en avant par Yannick Thebault, vice-président du consortium Neogia, en charge de l'ERP éponyme (un « fork » du projet américain Ofbiz). Il précise que « l'ouverture » des codes sources est inscrite dans la licence de Neogia, ce qui implique « qu'aucune société ne pourra racheter Neogia et fermer les sources, contrairement à ce qui peut se produire dans le monde propriétaire. »

Fonctionnalités et spécificités techniques

Mais, l'offre étant pléthorique, comment faire son choix ? « Pour une entreprise, l'étude en amont est essentielle », estime Stéphane Duclaux. « L'entreprise doit dans un premier temps définir les fonctionnalités dont elle a besoin et celles qui ne sont pas couvertes par la mouture classique du logiciel et devront faire l'objet de développements spécifiques », explique-t-il. Même son de cloche du côté de Sandrine Hamon, responsable marketing d'Axilom, un partenaire français de Compiere. Pour parer aux « usines à gaz », elle signale qu'il est parfois préférable de « privilégier certaines briques fonctionnelles et d'en enlever d'autres, quitte à les réactiver par la suite. »

Bien entendu, l'entreprise doit aussi vérifier la compatibilité du progiciel de gestion avec son existant informatique. Un exemple, le logiciel open source Compiere nécessite, cela peut paraître paradoxal, une base de données propriétaire d'Oracle pour tourner, prévient Sandrine Hamon. Avant d'ajouter que « ce n'est pas un problème pour les PME puisqu'Oracle propose une version gratuite de sa base 10g [Oracle XE ou « Express Edition »] jusqu'à 4 gigaoctets de données. »

Prix

Reste enfin l'épineuse question des coûts liés aux développements spécifiques ou à la maintenance des applications, lorsque les clients optent pour cette option. Chez Openbravo, s'il vous faut un « support », il vous en coûtera 5 000 dollars par an pour un pack incluant le support de base pour cinq utilisateurs ou 10 000 dollars pour un nombre illimité d'utilisateurs. Chez Compiere, le support de base est facturé 25 dollars par utilisateur et par mois (soit 300 dollars par an) et le support professionnel 50 dollars par utilisateur et par mois (600 dollars par an). A noter par ailleurs que pour cet éditeur, c'est à ce prix seulement que vous accéderez aux dernières innovations du logiciel, et notamment aux fonctionnalités de décisionnel qui viennent d'être intégrées à la version 3.1.

Dans l'écosystème de cet éditeur, Coralie Giradet reconnaît que « les prix du support ne sont pas forcément moins élevés dans l'open source », arguant toutefois qu'il « n'y a pas de raison pour que le maintenance soit moins chère sur un projet open source que sur un projet propriétaire » et qu'un tel tarif « permet à l'entreprise d'être en avance de phase ». C'est heureux.

Christophe Dutheil

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Principaux ERP open source

Compiere Pionnier du genre - il a été mis au point en 1999 aux Etats-Unis par Jorg Janke, un ancien de SAP et d'Oracle -, le logiciel Compiere est actuellement proposé en version 3.1. Il est disponible en trois versions : une version communautaire, gratuite (Compiere Community Edition), une version payante bénéficiant d'un support technique de base (Compiere Standard Edition) et une autre version payante (Compiere Professional Edition) dotée d'un support « premium » et ouvrant droit à des fonctionnalités d'analyse décisionnelle. Autant dire que c'est cette dernière version qui présente le plus d'intérêt pour les entreprises lorsqu'elles souhaitent utiliser Compiere avec les logiciels open source de décisionnel Jasper Reports et Pentaho Business Intelligence Suite ou encore avec le logiciel de « business intelligence » propriétaire Crystal Reports de Business Objects (SAP).

Openbravo - ex-Tecnicia. Ce « fork » de Compiere a pris son envol en Espagne en 2001, avec succès puisqu'il a depuis permis à la société éditrice de lever 17 millions de dollars (13,3 millions d'euros) au cours de deux tours de tables organisés en 2006 et 2008. Dans sa dernière mouture (2.40), sortie mi-octobre, Openbravo ERP met en avant une interface utilisateur améliorée et surtout de meilleurs possibilités d'adaptation aux normes comptables internationales. Mais, selon la SSII Smile, « la francisation du module de comptabilité est à finaliser et ne pourra pas être considérée fiable courant 2008, un pont comptable sera donc requis dans un premier temps. »

Neogia Développé en environnement J2EE et disponible en version 1.4 depuis fin octobre, Neogia est un « fork » d'OFbiz (pour « Open for business »). Parmi ses avantages, Yannick Thebault cite « son module de comptabilité ayant été validé en France », et son outil de « gestion de production, apporté par des contributeurs venant de Baan ».

Open ERP. Développé en Python, l'ex-Tiny ERP est devenu l'un des principaux acteurs du marché, doté de l'essentiel des composants d'un PGI (comptabilité, gestion des ressources humaines, ventes, achats, gestion des stocks, gestion de la production, gestion de projet..). Sa force réside dans le nombre de modules « tiers » proposé, parmi lesquels des modules génériques ou d'autres plus verticaux (pour l'industrie manufacturière ou l'agro-alimentaire par exemple).

Quelques sociétés de services partenaires en France
Compiere (Audaxis, Axilom et Datalp) ; Openbravo (Corratech, Palmtree IT et Smile) ; Open ERP (Octant Informatique et Smile...).


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