Erick Braquet [Sart Von Rohr] : « Quand nous avons acté la décision de nous exporter, j’ai tout de suite pensé à la Turquie »

Sart Von Rohr conçoit des équipements dédiés au contrôle des fluides industriels. Alors qu’elle a déjà construit sa renommée en France, l’entreprise a décidé, il y a peu, d’aller conquérir le Moyen-Orient.

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Erick Braquet [Sart Von Rohr] : « Quand nous avons acté la décision de nous exporter, j’ai tout de suite pensé à la Turquie »

« 90 ans de savoir-faire au service de l’industrie », Sart Von Rohr met fièrement en avant sa longévité sur son site officiel. Au cours de son histoire, le fabricant d’équipements de contrôle et de régulation des fluides industriels aura connu plusieurs tournants. Le dernier pourrait porter encore plus haut l’industriel alsacien. En 2018, Sart Von Rohr a décidé de s’implanter à Izmir, en Turquie. Erick Braquet, PDG de l’entreprise, porte clairement l’ambition de Sart Von Rohr : devenir LA référence de son marché au Moyen-Orient.

Pourquoi avoir fait le choix de vous exporter en Turquie ?

On a pris du temps pour se décider à s’exporter à l’international. Avant de faire ce choix, nous nous sommes d’abord renforcés techniquement en France. Ici, on travaille avec les plus grands acteurs de l’industrie et on irrigue la totalité du marché français du contrôle des fluides industriels. Quand nous avons acté la décision de nous exporter, j’ai tout de suite pensé à la Turquie, alors que certains collaborateurs pensaient à des marchés plus importants, comme les États-Unis ou la Chine.

Justement, pourquoi la Turquie plutôt qu’un autre marché ?

La Turquie est une puissance économique de rang mondial qui se développe, avec une activité industrielle en forte croissance. Le pays a une croissance de 5 à 6 % par an. Se développer sur le marché turc était presque une évidence. Dans la même période, la Chine et les États-Unis ont fermé leurs frontières. En Europe, le marché est plus cloisonné à cause du protectionnisme de certains états, comme en Allemagne, par exemple. Aussi, le cours de la livre turque augmente de façon permanente, de quelques pourcents par trimestre. Pour produire en France et revendre en Turquie, il faudrait baisser nos prix. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’avoir une installation non seulement commerciale, mais aussi industrielle en Turquie.

Quelle est la valeur ajoutée pour vous de fournir les pays du Moyen-Orient ?

Des pays comme l’Égypte ou l’Azerbaïdjan sont difficilement accessibles à partir de l’Europe, sauf pour des produits très ciblés. Ils sont capables de produire des équipements comme des vannes de contrôle asservies ou autonomes, mais moins bien que nous. Ils n’ont pas le pouvoir d’achat pour. Produire en Turquie pour le Moyen-Orient permet d’utiliser les ressources locales aux coûts plus faibles, pour vendre en Turquie, en Égypte, en Irak, en Azerbaïdjan et, plus tard, en Syrie.

La zone est-elle impactée par la crise ? Et si oui, comment y faire face ?

Nous n’avons pas vraiment ressenti les effets de la crise d’un point de vue financier. L’entreprise travaille sur les fluides industriels, les besoins sont donc quotidiens dans des secteurs comme la chimie fine, la pharmacie ou l’agroalimentaire. Tous ces domaines tournent quelle que soit l’activité économique. Ne pas travailler pour des secteurs en crise est un grand avantage.

Avez-vous pour ambition de vous implanter dans d’autres pays étrangers ?

Pour l’instant, on va poursuivre notre développement en Turquie. Même si nous ne sommes pas impactés par la crise, elle nous a retardés car le personnel français qui devait voyager pour former le personnel turc n’a pas pu le faire. Il faut rattraper ce retard avant de penser à aller ailleurs. Nous avons tout de même réfléchi à poursuivre notre développement à l’international en Russie, en Biélorussie et en Ukraine, zones sur lesquelles on travaille déjà, mais sans projet d’implantation pour le moment. Nous ne sommes pas un distributeur, mais un constructeur, et un outil industriel met plus de temps à s’étendre.

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