Enobraq lève 2,9 millions d’euros pour développer ses levures nourries au CO2

La jeune biotech toulousaine compte réinventer le procédé de fermentation industrielle, en remplaçant le sucre par du CO2. Avec cette levée de fonds, Enobraq veut arriver à faire la preuve de son concept.

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Enobraq lève 2,9 millions d’euros pour développer ses levures nourries au CO2

La technologie était prometteuse. Sofinnova en a fait une start-up. Issue de la recherche hébergée par le démonstrateur Toulouse white biotechnology (TWB), le procédé d’Enobraq vise à remplacer le sucre par du CO2 dans les process de fermentation industrielle. La jeune société vient de lever 2,9 millions d’euros auprès des fonds de capital-risque et d’amorçage Sofinnova, Auriga, IRDInov et CEA Investissement.

"Cette levée de fonds va financer la société jusque vers la fin 2017 ou le début 2018, pour nous permettre d’apporter une preuve de concept avancé avec un prototype de deux litres", explique Michael Krel, associé senior chez Sofinnova et directeur général d’Enobraq. Dans un premier temps, la biotech veut réussir à produire de l’éthanol à partir de levures génétiquement modifiées pour pouvoir se nourrir de CO2 et d’hydrogène décarboné. Mais à terme, le procédé pourra servir à produire d’autres applications comme des bioplastiques.

Enobraq en chiffres
Chiffre d’affaires : pas encore
Effectif : 15 personnes
Montant de la levée de fonds : 2,9 millions d’euros
Investisseurs : Sofinnova Partners, Auriga Partners, IRDInov, CEA Investissements
Secteur : biotechnologies blanches

Réduire les coûts de fabrication

Le procédé d’Enobraq promet surtout aux industriels une réduction de leurs coûts de fabrication. La fermentation à partir de CO2 ne dépendra plus des variations des cours du sucre, à la fois plus élevés et moins stables que ceux du CO2. "Ce sera plus facile pour un industriel de prendre une décision d’investissement avec un coût de matière première plus stable", analyse Michael Krel.

Le fonds Sofinnova a été moteur dans la genèse de la jeune pousse. Le procédé mis au point au sein de TWB, un cluster réunissant acteurs publics et privés dont Sofinnova est membre, n’était au départ pas assez mûr pour le proposer sous forme de licence à des industriels. "Nous avons donc proposé d’en faire une start-up", explique Michael Krel, associé senior chez Sofinnova Partners. En novembre 2015, Sofinnova crée la société et injecte 800 000 euros en obligations convertibles pour lancer l’activité. Michael Krel est détaché à mi-temps du fonds d’investissement pour structurer la jeune pousse.

La société installée à Ramonville-Saint-Agne, à proximité de Toulouse (Haute-Garonne), compte aujourd’hui une quinzaine de salariés, dont un directeur de la recherche récemment recruté. Elle a pu lancer son premier tour de table. Sofinnova a converti ses obligations en actions et remis 500 000 euros au pot, portant sa participation à la levée de fonds à 1,3 million d’euros. Auriga, IRDInov et CEA Investissement ont apporté les 1,6 million d’euros supplémentaires

Reste désormais aux chercheurs de la jeune pousse à démontrer la faisabilité de leur procédé. Une fois la preuve du concept apportée, Enobraq pourra se lancer dans une deuxième levée de fonds de plusieurs millions d’euros. La jeune biotech devra alors faire monter en échelle son procédé jusqu’à atteindre un fermenteur de taille industrielle.

Arnaud Dumas

L’argument convaincant
Réduire les coûts des procédés de fermentation chimique tout en captant du CO2, le potentiel de la technologie d’Enobraq a su séduire les fonds d’investissement. Reste à en prouver la faisabilité.

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