Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Enfin un peu de croissance ! La baisse du pétrole redonne de l'air aux industriels

,

Publié le

Marges en hausse, trésorerie moins tendue, reprise de la consommation… La baisse du pétrole redonne de l’air aux industriels. Mais la croissance ne se confirmera qu’avec l’investissement des entreprises.

François Hollande ne pouvait rêver mieux. Avec le pacte de compétitivité, la loi Macron, la mesure de suramortissement sur l’investissement, l’exécutif a enchaîné les mesures pour tenter de relancer la croissance de l’économie française. La chute des prix du pétrole entamée mi-2014 vient huiler le mécanisme. Le gain sur la facture énergétique de la France devrait avoisiner les 20 milliards d’euros cette année. "On s’attend à un impact d’environ 0,5 point sur la croissance en 2015 et de 0,3 point en 2016", prévoit Céline Antonin, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). De quoi renforcer la certitude affichée par le ministère de l’Économie de dépasser les 1 % de croissance du PIB en 2015, après le 0,2 % enregistré l’an passé.

Ce coup de pouce, les industriels ont été parmi les premiers à le ressentir. "On peut désormais parler d’un contre-choc pétrolier, assure Vincent Moulin Wright, le directeur général du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Une telle baisse sur une telle durée a forcément un impact sur les comptes des entreprises, car elles ont toutes un budget pour le transport de leurs marchandises". Les taux de marges continuent de progresser. D’autant qu’à l’effet pétrole s’ajoutent la baisse de l’euro par rapport au dollar et les mesures d’allégement du coût du travail. Sur le premier trimestre 2015, les taux de marges atteignaient 31,1 % pour les sociétés non financières selon l’Insee, après avoir fini l’année 2014 à 29,5 %.

Même chose du côté du cash, où la baisse des prix du pétrole apaise les tensions en diminuant les encours. "Les responsables financiers nous disaient, en juillet, enregistrer une amélioration de leur trésorerie, même si cela dépend des secteurs dans lesquels ils évoluent ", souligne Denis Ferrand, le directeur général de Coe-Rexecode, qui réalise une enquête mensuelle sur la question pour l’Association française des trésoriers d’entreprise (Afte).

Impact sur le pouvoir d’achat des ménages

Les entreprises devraient également bénéficier d’un surcroît d’activité. La baisse des cours du pétrole se traduit par un gain direct en pouvoir d’achat pour les ménages. Ceux-ci se sont d’ailleurs précipités vers leurs fournisseurs de fioul domestique au mois d’août, afin de bénéficier d’une facture réduite d’environ un quart. "Nous avons enregistré près de 50 % de commandes supplémentaires par rapport à un mois d’août normal ", s’étonne Frédéric Plan, le délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage.

Un gain plus limité à l’échelle mondiale
Les pays producteurs pleurent, les pays importateurs rient. Pour l’économie mondiale, mieux vaut un pétrole bon marché. Dans une étude publiée mi-juillet, le FMI chiffre à 0,5 point le gain pour la croissance mondiale, engrangé grâce à la chute du brut. « L’effet favorable de la baisse du pétrole est beaucoup moins évident que les économistes ne l’anticipaient en début d’année », nuance le chef économiste de l’assureur-crédit Coface Julien Marcilly. Le pétrole bon marché a incontestablement contribué aux meilleures performances économiques des pays européens en début d’année. L’effet positif est plus mitigé aux États-Unis, devenus exportateurs nets de produits pétroliers. La réduction de la facture énergétique a permis à la Turquie et à l’Inde de redresser leurs comptes extérieurs. Mais la baisse des cours n’a pas conduit dans les pays émergents importateurs à un sursaut d’activité économique. Bon nombre de pays ont préféré profiter de la chute des prix pour réduire leurs subventions, souvent énormes, à l’énergie. C’est le cas notamment de l’Inde, de l’Indonésie et de l’Égypte où elles représentaient 6 % du PIB en 2013. Selon le FMI, seuls 50 % de la baisse des cours sont répercutés sur les prix à la pompe en moyenne en Asie, contre 80 % en Europe, mais seulement 20 % en Afrique.
Au total, la baisse des prix des produits pétroliers devraient réduire de 0,5 point l’inflation en 2015, selon Coe-Rexecode, représentant près de 6 milliards d’euros dans la poche des ménages. L’Insee, qui anticipait une remontée de l’inflation en 2015, table désormais sur une hausse des prix limitée à 0,6 % ; l’an dernier, celle-ci plafonnait à 0,5 %. "Cet effet a été particulièrement visible au premier trimestre en France, où la consommation a été dynamique, souligne Julien Marcilly, économiste en chef de Coface. La consommation des ménages a connu la plus forte augmentation dans les secteurs où les prix ont le plus baissé".

Comment l’industrie hexagonale va-t-elle utiliser cette manne financière ? "Cela représente une bouffée d’oxygène pour les entreprises, mais pas encore une véritable accélération de la croissance française, tempère Denis Ferrand. Pour cela, il faudrait qu’il y ait une hausse des investissements des entreprises." Les derniers chiffres de l’Insee font encore état d’une certaine frilosité en la matière. En juillet, les industriels ne prévoyaient plus que 2 % d’augmentation de leurs investissements sur l’année 2015, contre 7 % au mois d’avril… « Ceux qui étaient déjà en bonne santé rebondissent, les autres ont du mal, analyse Vincent Moulin Wright. Il y a une très grande disparité dans le tissu industriel, que ce soit entre les différents secteurs ou encore entre les grands groupes et les PME. »

La reprise de l’investissement productif et de la création d’emplois ne pourra se faire que dans un second temps. Les incertitudes sur l’économie mondiale, tout particulièrement du côté de la Chine, provoquent un certain immobilisme de la part des chefs d’entreprise.

Les industriels français attendent de voir si les astres joueront durablement en leur faveur… Aussi bien en ce qui concerne les prix du pétrole que les mesures du pacte de compétitivité. « Si cela se confirme, il est certain qu’en 2017 l’industrie ira moins mal qu’en 2013 », prophétise le GFI. Il faudra s’en contenter ! 

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle