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En Turquie, la crise monétaire pourrait aussi exposer les entreprises françaises

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Les tensions politiques exacerbées entre les États-Unis et la Turquie provoquent une grave crise monétaire dans la république de Recep Tayyip Erdogan. Le 10 août, le cours de la livre turque a chuté de 19% par rapport au dollar. Alors que le pays est un client de choix pour la France, l'inflation risque d'affecter les entreprises françaises présentes sur place.   

En Turquie, la crise monétaire pourrait aussi exposer les entreprises françaises
Le 10 août, le cours de la livre turque a chuté de 19% par rapport au dollar.
© Tolga Musato

La crise politique avec les États-Unis se traduit par une crise monétaire d’une grande ampleur en Turquie. Le désaccord sur l’emprisonnement d’un pasteur américain a provoqué une escalade des attaques commerciales entre les deux pays.

Le vendredi 10 août, le président américain s'est livré à l'une de ses spécialités : le doublement des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium. La même journée, la valeur de la monnaie turque s’est dépréciée de 19% par rapport au dollar américain. Le vendredi 10 août, la monnaie turque a chuté de 16%.

En riposte, le président turc a annoncé le mardi 14 août un boycott des appareils électroniques américains, dont les produits de la marque Apple. Mais Recep Tayyip Erdogan aura sans doute du mal à contenir les effets des mesures américaines. Depuis le début de l’année, sa monnaie a chuté de 40% par rapport à l’euro et au dollar. La situation menace de contaminer les relations commerciales entre la Turquie et d’autres partenaires. Les entreprises françaises, par exemple, pourraient subir les effets de cette inflation.

Quelles entreprises françaises sont présentes en Turquie ?

Les échanges commerciaux entre la Turquie et la France représentent actuellement 13 milliards d’euros par an et la Turquie est le treizième client de la France à l’étranger. Renault fait partie des acteurs français emblématiques à travers sa filiale Oyak-Renault, créée en 1969. L’entreprise compte plus de 6000 employés et 365 000 véhicules sont sortis du site de Bursa en 2017. PSA est également présent dans le pays avec 17 équipementiers automobiles français, dont Faurecia et Valeo.

Dans le domaine de l’énergie, Air Liquide a investi à plusieurs reprises en Turquie. En 2011, dans deux sites de production à Ankara et à Izmir ; en 2015, dans l’acquisition de Messer Aligaz Sanayi Gazlari, filiale de la société de gaz industriels Messer Group GmbH. Avec sa filiale Izgaz, Engie est le troisième distributeur de gaz naturel du pays. Enfin, EDF Énergies Nouvelles s’est positionné en Turquie grâce au développement de l’éolien.

En janvier, une rencontre entre Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron a également permis quelques rapprochements. Airbus et Turkish Airlines signaient alors un protocole d’accord pour l’achat de 25 A350. De la même manière, la France, l’Italie et la Turquie s’accordaient sur un contrat d’étude autour d’un futur système de missiles. Airbus et l’équipementier Thales sont impliqués dans le projet aux côtés d’entreprises européennes et turques.

Difficile de citer tous les acteurs français avec 400 à 500 entreprises françaises installées pour 100 000 emplois. Mentionnons néanmoins les secteurs pharmaceutique (Sanofi, Servier, Pierre Fabre...) et agro-alimentaire (Danone, Andros, Aromatech et Lactalis).

Quels sont les effets de la crise monétaire ?

Pour les Turcs, la chute du cours de la livre se traduit par une perte importante de pouvoir d’achat. Si l’inflation se confirme sur le long terme, les entreprises françaises peuvent redouter non seulement une baisse de leurs ventes mais aussi une hausse de leurs coûts de production.

L’un des pires scénarios serait aussi une aggravation de la crise monétaire avec l’entretien d’un cercle vicieux. La baisse du cours de la livre risque de faire fuir les investisseurs étrangers et d’augmenter le coût des importations… Perpétuant ainsi le phénomène d’inflation. Un léger rebond de la livre, grâce à l'approvisionnement de la banque centrale de Turquie, laisse néanmoins espérer un scénario moins fâcheux.

Dans son dernier bulletin, le service économique régional de l’Ambassade de France en Turquie s’inquiète également à propos de la liquidité des banques : “La situation fait peser un risque sur la couverture du besoin de financement externe du pays, l’endettement des entreprises en devises étrangères et le secteur financier exposé à des positions de change en dollars.”

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