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[En images] Sur la Route du Rhum, les entreprises françaises font aussi la course aux innovations

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Vidéo Le 4 novembre, 123 voiliers partiront du port de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine pour tenter de rallier Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Les skippers sont les héros de la mythique Route du Rhum mais sur les bateaux, les voiles sont aux couleurs d'entreprises françaises. Pour celles-ci, la course transatlantique est devenu un terrain privilégié d'innovation. 

[En images] Sur la Route du Rhum, les entreprises françaises font aussi la course aux innovations
Lors de l'édition 2018 de la Route du Rhum, 123 voiliers partiront du port de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine pour tenter de rallier Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.
© Charal Sailing Team

La 11ème édition de la Route du Rhum doit débuter le dimanche 4 novembre à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Au total, 123 voiliers partiront de la cité portuaire pour tenter de rejoindre Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Tous les quatre ans, les marins s’affrontent dans une course de 5 700 kilomètres qui convoque endurance physique, moral tenace et innovation.

Les entreprises sont des actrices de premier plan dans la transatlantique. Les voiliers décorés aux couleurs de certaines marques offrent une grande publicité aux sponsors. L’événement représente aussi un gain important d’activité, notamment pour les PME/TPE bretonnes du secteur naval, certaines équipant en grande majorité les bateaux.

Compétition oblige, la Route du Rhum est surtout l’occasion d’exposer un savoir-faire technologique. L’épreuve de la mer peut même faire office de phase d’expérimentation avant le déploiement de certaines innovations à l’échelle industrielle. Nous avons ainsi sélectionné trois innovations représentatives de l’édition 2018 de cette course légendaire.

Les foils donnent des ailes

Cet équipement est devenu la star des courses nautiques. Il s’agit bien entendu des foils. Lors du Vendée Globe 2016, ces ailettes placées sous la coque du navire étaient déjà très remarquées. “Les foils sont des appendices courbes qui remplacent les traditionnelles dérives droites sur la majorité des bateaux récents, et qui permettent d’exploiter les lois de la physique et de porter vers le haut le poids du bateau. Cela permet de réduire le volume de coque immergée et donc freinée par le contact avec l’eau, et cela facilite la prise de vitesse”, décrit sur son site la Charal Sailing Team.

Cette innovation s’impose de plus en plus dans l’architecture navale, d'autant plus que la Route du Rhum autorise désormais les foils réglables. Dans la catégorie des IMOCA 60 (monocoques longs de 60 pieds, soit 18,28 mètres), 10 voiliers sur 20 sont équipés de foils.

Tandis que plusieurs voiliers de la Route du Rhum ont été adaptés à l’usage des foils, Charal Sailing Team défend une architecture dans laquelle ils constituent la “pièce maîtresse” du bateau. "Nous avons les foils les plus grands de la flotte. Étant donné que c’est un bateau qui a été conçu dès le début avec l’idée d’en faire un foiler, il est assez typé. Les foils dépassent du pont du bateau, par conséquent on ne peut pas relever les deux en même temps, ce qui est assez original", détaille à L'Usine Nouvelle Pierre-François Dargnies, directeur technique de la Charal Sailing Team.

(Le bateau du boucher Charal revendique les plus grands foils de la flotte des Imocas 60 de la Route du Rhum. Crédit : Charal Sailing Team.)

Le directeur technique alerte néanmoins sur les inconvénients éventuels de l'équipement. "Si jamais le bateau part trop vite et que le foil n’est pas réglé en conséquence, le moment de redressement du bateau devient plus important que celui accepté par le mât et celui-ci peut casser. C’est un bateau qui se pilote, le skipper ne peut pas se permettre de descendre le foil à fond et de partir sans réfléchir."

Le bateau connecté d’orange

Sur la mer, les skippers sont isolés mais ils ne sont plus complètement déconnectés. À bord du “Kersia/Le Guevel/Spirit of Saint-Malo”, Sébastien Desquesses concourra dans la catégorie Class40 (monocoque dont la longueur ne dépasse pas 40 pieds, soit 12,19 mètres). En partenariat avec l’École supérieure d'ingénieurs de Rennes (ESIR), Orange a équipé le voilier d’une multitude de capteurs pour le transformer en bateau connecté et recueillir des données sur la traversée : température de l’eau, de l’air, vitesse du bateau, vitesse du vent…

Sébastien Desquesses lui même sera équipé d’une montre connectée Garmin pour observer son rythme cardiaque, ses cycles de sommeil et le nombre de calories qu’il dépense. Un panel de données inédit selon les chercheurs derrière le projet. Toutes ces informations seront accessibles au grand public sur le site Hello Future. La plateforme dévoile même le menu du déjeuner et du dîner du marin... 

(Le skipper Sébastien Desquesses portera la montre connectée Garmin Vivo Sport sur la Route du Rhum. Crédit : Droits réservés / Victor Jules Raison.)

Ces informations sont recueillies par un serveur de la taille d’un paquet de cigarette, un système issu de la recherche d’Orange. L’opérateur français souhaite recueillir et actualiser ces données toutes les deux heures pendant la course. Un objectif pas si simple explique à L’Usine Nouvelle Jean-François Pellet, ingénieur à Orange Lab : “Le défi technique le plus important est la liaison satellite. Le débit est très faible avec 128 kilobit/s, c’est ce que nous avions sur les modems dans les années 2000 avant l’arrivée de l’ADSL. Ce sont aussi des liaisons très chères et très capricieuses. Toutes les vingt minutes la connexion est coupée et lorsque le skipper passera dans une dépression ou un orage, il n’y aura pas de liaison pendant quatre ou cinq heures. Grâce à notre système, nous continuons de collecter les données pendant cette période et nous gérons toutes les désynchronisations et déconnexions. Toutes les données sont ensuite remontées dans le cloud d’Orange Business Labs.”

(Le skipper Sébastien Desquesses tient dans sa main le boîtier du serveur installé par Orange pour connecter le bateau. Crédit : Droits réservés / Victor Jules Raison.)

Au-delà de l’intérêt pour le grand public, cette masse d’informations représentera aussi un intérêt pour Sébastien Desquesses. Même s’il ne peut pas les consulter pendant la course, il souhaite les analyser par la suite. Après les phases de qualification, au mois de juin, il a déjà pu exploiter les données transmises par Orange. Jean-François Pellet explique : “Il n’avait pas identifié sa vitesse maximum par exemple, parce qu’il n’a pas toujours l’oeil rivé sur ses écrans. Nous pouvons aussi lui communiquer les pointes de vent maximum. Nous pouvons lui dire qu’il a tenu une voile jusqu’à 27 noeuds alors qu’il ne pensait pouvoir aller que jusqu’à 23 noeuds avec ce type de voile et une certaine configuration du bateau.”

Des colles rapides pour réparer en mer

Dans la catégorie Multi50 (multicoque d’une longueur de 50 pieds, soit 15,24 mètres), le groupe chimique Arkema sera représenté par le marin Lalou Roucayrol. “Les matériaux Arkema tels que les adhésifs de Bostik ou le verre acrylique Altuglas ShieldUp contribuent à illustrer l’engagement d’Arkema dans l’allègement des matériaux et la recherche de la performance”, explique l’entreprise.

Lalou Roucayrol explique leur intérêt dans un communiqué : “Ces colles dites structurelles, à prise très rapide, permettent de multiples réparations, en conditions immergées ou submergées. Nous proposons également de la résine Elium sous forme de plaques de composite recyclable, permettant de reboucher un trou dans la coque, même sous la ligne de flottaison.”

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