[En images] Quand les militaires innovent pour gagner la guerre

Pour son premier forum de l’innovation, qui se tenait à la Cité de la Mode et du Design à Paris du 22 au 24 novembre, le ministère des Armées a présenté plus de 160 innovations. Tour d'horizon en images des plus pointues.

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[En images] Quand les militaires innovent pour gagner la guerre
Les technologies d'intelligence artificielle permettent de traiter automatiquement les images des satellites espions.

Un casque du fantassin équipé de réalité augmentée, des logiciels d’intelligence artificielle capables d’analyser automatiquement les images satellites espions, des matériaux qui s’auto-refroidissent grâce à une structure poreuse, un bras robotique pour soigner les grands brûlés au plus près des zones de guerre… A l’occasion du forum de l’innovation de Défense, qui s’est tenu à la Cité de la Mode et du Design à Paris du 22 au 24 novembre, le Ministère des armées a présenté 160 innovations destinées à démultiplier l’efficacité ou la protection des soldats.

Elles sont issues de start-up, de grands groupes industriels de l’armement, de laboratoires de recherche... voire de soldats eux-mêmes. Et font souvent appel à l’impression 3D pour obtenir des gains de masse et d’encombrement ou à l’intelligence artificielle pour analyser des masses gigantesques de données.

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Pour accélérer cette innovation au profit des militaires, le ministère va s’appuyer sur la nouvelle Agence de l’innovation créée le 1er septembre dernier, qui doit agir comme un guichet unique pour aider les inventeurs. Dirigée par Emmanuel Chiva, elle compte une centaines de salariés et dispose d’un budget d’1,2 milliards d’euros.

A LIRE AUSSI

1/ LES HOSPICES CIVILS DE LYON : L’IMPRESSION DE PEAU EN 3D POUR SOIGNER LES GRANDS BRÛLÉS.

Les hospices civils de Lyon et leur partenaire technique 3dFab ont développé un bras robotique capable de soigner les grands brûlés. Agissant comme une imprimante 3D, il dépose des couches de peau d’une épaisseur de 0,1mm constituée à partir des cellules du patient évitant le risque de rejet. La peau (épiderme et derme) est totalement déposée au cours d’une même opération. Auparavant, le robot aura scanné la blessure pour en connaître le relief précis afin d’optimiser les dépôts de peau. En 1H30, jusqu’à 100 cm2 de peau peuvent être ainsi greffés.

2/ Scalian : le casque intelligent du fantassin du futur

Demain, le soldat prendra connaissance en temps réel de la situation tactique de son environnement grâce aux informations affichées par réalité augmentée sur la visière de son casque. Sans révéler sa présence, le commandement pourrait ainsi lui faire parvenir les données utiles à sa mission comme la position des forces alliées et ennemies, et l’armement engagé. Le retour vidéo permettra au commandement de voir exactement ce que voit le soldat. La technologie infra-rouge permet de détecter les adversaires dans l’obscurité. Le casque, conçu par l’ETI Scalian, est en cours de test par la DGA, la Direction générale de l’armement. Reste à améliorer certains détails comme sa masse de 1,6 kg, batteries incluses. Les forces spéciales et les forces d’intervention anti-terroristes devraient en être les premiers utilisatrices.

3/ -EarthCube : l’intelligence artificielle au service du renseignement stratégique
Les satellites espions, les drones de surveillance, les avions de chasse transmettent de plus en plus d’images sur des sites sensibles : un port, un aéroport militaire, un site de lancement spatial… Seul hic : les experts humains de la Direction du renseignement militaire ne sont pas assez nombreux pour les analyser. Pour leur mâcher le travail, EarthCube a conçu un logiciel à base d’intelligence artificielle d’analyse d’images, capable d’identifier automatiquement les éléments clés (aéronefs, dépôts de munitions, véhicules…) des clichés et de remonter des alertes en cas de détection d’activité suspicieuse dans des zones de crise. Cette start-up parisienne d’une trentaine de salariés a développé son logiciel d’intelligence artificielle basé sur l’apprentissage profond en partenariat avec l’ONERA et l’INRIA.


4/ L'ONERA : les matériaux transpirants

Pas d’avions hypervéloces dans le futur, sans matériaux capables de dissiper les très fortes chaleurs au niveau des moteurs. Dans leurs parties chaudes, les températures atteindront plus de 1600° Celsius. En partenariat avec le motoriste Safran, le centre de recherche en aéronautique a mis au point un matériau poreux constitué de micro-canaux d’une dizaine de microns de diamètre dans lesquels peut circuler un liquide refroidissant à 700 °C. Cette structure architecturée est obtenue par fabrication additive à base d’une poudre de titane améliorée.


5/ Thales : L’antenne 3D miniaturisée


Les chercheurs de Thales et de l’INP (Institut national polytechnique) de Bordeaux travaillent sur une antenne miniature ultrasensible de nouvelle génération à base de matériaux composites. Elle pourrait équiper des systèmes militaires (missiles, drones, avion de chasse…) mais également des aéronefs civils pour recevoir des communications par satellite ou faisceaux hertziens. Sa forme est totalement inédite. Oubliés la parabole et le cône. L’antenne se présente sous la forme d’une galette d’une dizaine de mm de diamètre, servant de socle à un réseau de mini plots dont la hauteur et le positionnement ont été soigneusement étudiés. Cette mise en forme optimisée a pu être obtenue par fabrication additive afin d’obtenir un gain de masse et d’encombrement tout en étant orientable. Les chercheurs visent un premier démonstrateur industriel d’ici 3 ans. Ils espèrent un gain de 50% en performances tout en divisant par 3 l’encombrement.

6/ ISP System : Le miroir spatial déformable

La PME paloise ISP System a conçu un miroir déformable et compatible avec les exigences d’une mission spatiale. Ce dispositif vise à améliorer la netteté des images fournies par un télescope spatial notamment pour cartographier une zone de combat capable de détailler des objets de 30 cm de longueur. Ce miroir a été conçu pour résister aux vibrations mécaniques subies au moment du décollage du lanceur et pour une durée de vie comparable à celle d’un satellite, soit une quinzaine d’années. L’épaisseur de sa surface peut être modifiée de manière électromécanique de quelques dixièmes de micron afin de pouvoir corriger les aberrations optiques.

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