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En 2017, une planète dangereuse

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En 2017, une planète dangereuse © Pascal Guittet

"La prévision est un exercice difficile, surtout si elle concerne l’avenir." Ce mot du regretté Pierre Dac doit toujours appeler à l’humilité quant à l’exercice hasardeux de la prospective. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence, l’alignement des périls n’augure rien de bon pour l’économie mondiale et les relations internationales. L’OCDE vient de réévaluer de 0,1 point à 3,3 % son anticipation de la croissance mondiale l’an prochain. Bonne nouvelle ? Non, information sans importance car l’enjeu pour 2017 ne se mesure pas tant en dixièmes de point de PIB qu’en montée des risques. En la matière, la géopolitique figure à une place de choix. Syrie, mer de Chine, Ukraine, Russie, Royaume-Uni, Italie, Brésil, Turquie, Corée du Sud… Les désordres et les populismes semblent avoir pris le parti de se cumuler. Avec, au premier rang, la pire surprise des derniers mois, la situation des États-Unis. Nul ne peut injurier l’avenir et deviner comment se déroulera la présidence de Donald Trump après sa prise de fonction le 20 janvier. Mais chaque jour qui passe inquiète un peu plus. Le 45e Président américain constitue au fil des semaines l’équipe gouvernementale la plus réactionnaire de l’histoire récente des États-Unis (ceux qui déploraient la retenue de Obama pleureront bientôt à son souvenir…). Faisant fi des conventions à coups de tweets impulsifs ou d’appels téléphoniques improbables, Donald Trump a déjà foulé au pied des principes établis de la diplomatie américaine, ulcéré quelques-uns de ses partenaires (l’Inde pour ses louanges du Pakistan, la Chine pour une conversation avec la présidente de Taïwan, le Japon sur le commerce), ravi la Russie et consterné l’Europe. Quant au commerce mondial, le scénario du pire est celui d’une montée globale du protectionnisme. Une situation dont la Chine, avec sa diplomatie du carnet de chèques, renforcée par la banque des Brics, l’AIIB (Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures), et la stratégie "one belt - one road" pourrait paradoxalement sortir renforcée, si elle évite la crise financière. Car dans cette montée des risques, l’équilibre financier mondial tient une place de choix. Jamais la planète n’a été aussi endettée : 152 000 milliards de dollars de dettes publiques et privées, soit 2,25 fois le PIB mondial, selon le FMI qui s’en alarme. À cela se conjugue une masse monétaire mondiale record alimentée notamment par l’"Helicopter money" de la Réserve fédérale des États-Unis et de la Banque centrale européenne. N’attisant guère l’inflation, ce flot de liquidités se traduit par l’exubérance des Bourses américaines. La remontée attendue des taux américains l’an prochain pourrait déclencher un choc obligataire et secouer les pays les plus endettés. Tiens, c’est le cas de la France… 

Pierre-Olivier Rouaud

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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