Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Emmanuel Macron veut répondre à l’urgence sociale sans casser le moteur productif

Publié le

Avec le mouvement des gilets jaunes le président affronte trois défis. Le 10 décembre, après quatre semaines de fronde, Emmanuel Macron a répondu au premier d’entre eux : ne pas renier sa conviction économique fondamentale qu'il faut préserver les entreprises. Il devra encore en résoudre deux autres pour mener à bien son quinquennat.  

Emmanuel Macron veut répondre à l’urgence sociale sans casser le moteur productif
Lors d'une allocution diffusée le 10 décembre, le président français Emmanuel Macron a tenté d'apporter des réponses aux protestations des gilets jaunes.
© Élysée / Capture d'écran

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

Lors d'une allocution diffusée le lundi 10 décembre, le président français Emmanuel Macron a tenté d'apporter des réponses aux protestations des gilets jaunes. Satisfaire des attentes sociales sans renier ses convictions économiques, retrouver la confiance des Français pour poursuivre ses réformes, lâcher du lest sans faire déraper les finances publiques. Voilà les trois défis que pose le mouvement à Emmanuel Macron.

Épargner les entreprises

Avec son adresse à la Nation du 10 décembre, nous avons la réponse au premier de ces trois enjeux. Toutes les entreprises ne sont

pas conviées d’autorité à régler la facture. Malgré des réactions mitigées aux annonces sur les ronds-points de France, les mesures sociales envisagées sont loin d’être symboliques. La hausse de 100 euros du revenu des salariés au SMIC touchera dès le début de l’année 2019 près de deux millions de personnes. La suppression de la hausse de la CSG s’appliquera jusqu’aux pensions de 2000 euros par mois. Les heures supplémentaires seront défiscalisées et exonérées de cotisations dès janvier 2019 au lieu d’attendre octobre. Les entreprises sont incitées, sur la base du volontariat seulement, à mettre en œuvre des primes exceptionnelles sans appliquer les charges afférentes.

Les entreprises sont donc sollicitées a minima. L’augmentation des salariés au SMIC "ne coûtera pas un euro de plus" a précisé le président et devrait passer par une hausse de la prime d’activité combinée à une baisse de charges ce qui n’impactera pas la compétitivité des entreprises. La question du retour à l’ISF a elle été évacué au nom de l’investissement dans l’économie et de la création d’emploi. "Le devoir de produire pour pouvoir redistribuer" a été réaffirmé.

Retrouver la confiance avec plus de justice fiscale

Malgré ces mesures chocs pour les ménages les plus en difficultés, la confiance est entamée quand tout l’enjeu du chef de l’État est de poursuivre sa transformation du pays. Il n’en démord pas. Le 10 décembre, il a annoncé son intention de conduire "une réforme profonde de l’État, de l’indemnisation chômage, des retraites". Il sait qu’au-delà de l’urgence sociale, il fait face à un sentiment d’injustice fiscale répandu dans le pays bien au-delà des seuls gilets jaunes. Les différentes organisations syndicales le lui ont rappelé lors de la réunion du 10 décembre à l’Élysée. Ce sentiment pourrait être fatal à ces chantiers d’envergure.

Les réponses sur ce plan sont plus floues et restent à dégager, selon lui, dans le cadre d’un grand débat national. Mais il faut s’attendre à des initiatives rapides car le président a déclaré, même si bien peu l’ont noté parmi les commentateurs : "J’ai besoin que nos grandes entreprises, nos concitoyens les plus fortunés, aident la Nation à réussir ; je les réunirai et prendrai des décisions en ce sens dès cette semaine."

L’idée de faire payer leur impôt en France aux dirigeants d’entreprises françaises quelque soit leur lieux de résidence est sur la table. Elle impliquerait de renégocier des conventions fiscales. D'autres mesures pour éviter l'évasion fiscale sont à l'étude. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, comme Louis Gallois, le président du conseil de PSA, proposent eux une nouvelle tranche marginale d’impôt sur le revenu. Cette proposition sera-t-elle retenue ? Certains députés proposent de remettre en œuvre une surtaxe sur les grandes entreprises. Bref, pour sortir de l’image de président des riches et remettre la société en mouvement, il faudra quelques mesures qui les touchent. 

La dépense publique à revoir

Enfin, la dernière équation du président, lâcher du lest sans faire déraper les finances publiques, n’a pas été résolue dans ce discours à la Nation. Qui va régler les milliards des annonces du 10 décembre (qui s’ajoutent aux 4 milliards déjà disparus avec la fin de la taxe carbone). Les mesures sur les grandes entreprises et les plus fortunés y suffiront-elles ? Quelles sont les économies sur la dépense publique envisagées au-delà de la cure de rigueur prévue de certains services déconcentrés de l’État ? Voilà le vrai chantier de demain. Mais aujourd’hui il faut sortir les gilets jaunes de leurs ronds-points. Demain est demain et à chaque jour suffit sa peine.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle