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Emmanuel Macron esquisse des propositions pour réformer la vie politique

Arnaud Dumas ,

Publié le

Emmanuel Macron s’est livré à son premier exercice de restitution du diagnostic de la France. A Strasbourg, devant 1500 membres de son nouveau mouvement, il a pris pour thème les réformes nécessaires du système politique. Avec quelques ébauches de propositions.

Emmanuel Macron esquisse des propositions pour réformer la vie politique
Emmanuel Macron - Photo d'illustration
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

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En partenariat avec Industrie Explorer

C’était la première étape de son diagnostic de la France. Mardi 4 octobre, Emmanuel Macron a choisi la ville de Strasbourg pour parler d’engagement citoyen et de réforme de la vie politique. Il en a profité pour donner sa vision de la manière dont il faudrait réformer le monde politique, esquissant au passage quelques propositions.

Si l’ex-ministre de l’Economie a choisi ce thème pour le premier compte-rendu de son porte-à-porte auprès des Français, c’est parce que  "la politique" revenait souvent en tête des réponses à la question "qu’est-ce qui ne marche pas en France ?" Mais avant qu’Emmanuel Macron ne s’exprime, la place a été laissée aux membres de son mouvement "En Marche !". Issus de différents milieux (entrepreneur, étudiant, infirmière, professeur, etc.), ils ont commencé par détailler les craintes des Français.

Diagnostic original dans sa forme

L’originalité du diagnostic tenait plus dans la forme que sur le fond des constats. Les inégalités face à l’accès au travail, en fonction de l’endroit où l’on habite, ou encore à l’école, sont citées. L’emprise de la bureaucratie, la peur de l’avenir ou des attentats ont suivi. Les inquiétudes face à la mondialisation, à la transition environnementale, à la révolution numérique, ensuite. Puis le débat sur le manque de représentativité des responsables politiques a démarré

Au milieu d’une audience de près de 1500 personnes, le dirigeant d’En Marche, micro-cravate pour lui laisser les mains libres et sans pupitre pour une parole plus directe, a livré son exégèse du sentiment recueilli auprès des Français. "Il y a une démocratie qui manque d’adhésion et qui ne permet plus d’inclure les gens, a déclaré Emmanuel Macron. C’est une démocratie d’irresponsabilité qui s’est installée, qui nourrit les extrêmes et qui laisse penser que l’on peut tout dire, que cela n’engage à rien. Et, au fond, il y a l’idée que la démocratie est inefficace."

Introduire un scrutin proportionnel

Pour ces trois thèmes, Emmanuel Macron a donné ses pistes de travail. Sur le manque de représentativité des élus, aussi bien politiques, syndicaux qu’associatifs, l’énarque propose d’introduire de la proportionnalité dans les scrutins. "J’ai conscience de ma responsabilité en disant ça, on va faire entrer le Front national dans la représentation du pays, explique-t-il. Mais le scandale, c’est qu’il  puisse y entrer, ou encore le fait que dans tous les sondages il soit perçu comme le parti au second tour de l’élection présidentielle."

En faisant entrer plus de partis politiques, écologistes, centristes, radicaux de gauche, l’ex-ministre espère permettre l’avènement de "coalitions de convictions plutôt que de coalitions d’appareil" dans la vie politique. C’est le cas aussi au niveau européen, où Emmanuel Macron souhaite une meilleure représentativité des citoyens. Il cite la proposition de Daniel Cohn-Bendit de conserver les postes vacants des parlementaires britanniques pour les proposer à un scrutin paneuropéen.

Plus de personnes issues de la société civile

Les femmes et les hommes politiques devraient également pouvoir être régulièrement renouvelés. En faisant en sorte que la politique ne soit plus une profession, mais une mission. Il propose de donner les moyens aux personnes issues du secteur privé et qui veulent  s’engager en politique pour un temps, de pouvoir revenir à  la vie civile avec des garanties de retour.

En deuxième lieu, le jeune fondateur d’En marche veut s’attaquer à la responsabilité des femmes et des hommes politiques. "Il est important de valoriser les responsables politiques et syndicaux car nous avons besoin des corps intermédiaires, dit-il. Mais ce n’est possible que si le principe de responsabilité s’applique de façon effective."

Plus de transparence dans la vie politique

Emmanuel Macron prône le retour d’une culture de la transparence dans la fonction du président de la République. Il devrait rendre compte tous les ans de l’avancée de son programme devant une commission de citoyens choisis par tirage au sort et assistés de la Cour des comptes, propose-t-il. Les ministres ne pourraient quant à eux exercer qu’en l’absence d’inscription au casier judiciaire B2. Il fustige les pratiques des responsables politiques qui se présentent  à l’élection présidentielle ou aux primaires, sans faire le bilan de leur action précédente. En menant une charge lourde conte Nicolas Sarkozy, sans jamais citer son nom.

"Peut-on imaginer sérieusement commander aux destinées du pays, de se présenter même au suffrage des Français alors qu’on a délibérément dépassé le plafond des dépenses autorisées pour sa campagne", s’est-il indigné, soutenu par son audience. "Lorsqu’on est responsable politique, qu’on se propose  d’accéder aux plus hautes fonctions électives et de représenter le pays, je crois que toutes les fautes ne se valent pas. Il en est certaines qui vous disqualifient radicalement."

Mieux expliquer l’action politique

Enfin, le manque d’efficacité de la démocratie est, selon lui, la "pire des défaites". Il reprend alors un discours qu’il a déjà souvent soutenu sur la nécessité de faire la pédagogie de  l’action politique. Il cite même la loi Travail, "une bonne loi", dont les dispositions ne faisaient pas partie des discours de campagne en 2012 selon lui. "On est arrivé après avec un texte présenté comme une loi qui faisait mal, déplore-t-il. Alors que sur le plan démocratique, elle n’avait pas été expliquée."

L’ancien ministre propose aussi un "nouveau partage démocratique",  avec une action du gouvernement resserrée et une plus grande part laissée aux acteurs de terrain. "Nous devons ouvrir une nouvelle page de la déconcentration et de l’autonomie, dit-il. Je considère que certaines missions peuvent être bien faites par des associations ou des entreprises privées. Quand on délègue dans le cadre d’un contrat de service public, ce n’est pas trahir l’Etat."

Les membres d’En marche vont désormais travailler, pendant les prochaines semaines, à élaborer quelques propositions sur le sujet. Quant à Emmanuel Macron, il recommencera l’exercice du diagnostic la semaine prochaine au Mans, pour parler de vie quotidienne, et la semaine suivante à Montpellier, pour parler laïcité et éducation.

 

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