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Eminence, du slip au tricot high-tech

Marine Protais , ,

Publié le

Le spécialiste des sous-vêtements a su s’adapter à un nouveau marché pour pérenniser son activité en France.

Eminence, du slip au tricot high-tech
Sur son site d’Aimargues, Eminence confectionne les nouveaux polos de la Police nationale.

Des usines textiles en France, il en existe encore. Le fabricant de sous-vêtements Eminence en est la preuve. L’ETI est parvenue à maintenir deux unités de production à Aimargues et Sauve (Gard), en plus de ses sites italien et roumain. Pour résister à la délocalisation massive du secteur, Eminence a dû se positionner sur de nouveaux marchés à haute valeur ajoutée. Bien sûr, les slips blancs font toujours partie de ses best-sellers. Mais depuis 2012, le confectionneur fabrique aussi les chemises tactiques placées sous les gilets pare-balles de l’armée, et les polos en maille fine de la Police nationale, tricotés et coupés en France. « C’était important pour nous de conserver les opérations complexes sur le territoire », précise Dominique Seau, le PDG de l’entreprise. Ils sont ensuite assemblés en Roumanie ou chez des sous-traitants au Maghreb. Ces marchés publics représentent quelques centaines de milliers de pièces en volume par an, et un peu plus de 10 % du chiffre d’affaires d’Eminence qui s’élèvera à environ 130 millions d’euros en 2017. « Tout a commencé par hasard, raconte Dominique Seau. Le confectionneur de l’un de nos ennoblisseurs (qui réalisent les opérations de post-traitement et de coloration d’un tissu) n’était pas disponible pour répondre à un appel d’offres de la Police. Il nous en a parlé… »

Ce passage de la fabrication de produits de grande consommation à des textiles à haute valeur ajoutée a requis quelques ajustements pour ce spécialiste de la maille fine. « Les cahiers des charges pour les textiles techniques sont très différents de nos cahiers des charges habituels. On nous demande des textiles antifeu, anti-moustique, réflecteur d’infra-rouge… Nous avons dû faire appel à de nouveaux fournisseurs pour répondre à ces exigences. » Le temps de développement de tel produit est bien plus long. Pour un polo de la police, il faut compter plus d’un an, contre quelques mois pour le lancement d’un nouveau boxer. L’ETI a également dû investir quelques dizaines de milliers d’euros dans de nouvelles machines de test, notamment pour contrôler la résistance au feu des textiles.

Un textile connecté autonome en énergie

Au-delà de l’aspect technique, Eminence a dû se plier aux règles contraignantes des marchés publics. « Il y a tout un arsenal de règles juridiques et administratives. Ils sont très stricts par exemple sur l’heure et la date de remise des dossiers. Ce qui n’est pas forcément le cas dans l’industrie textile en général », explique le dirigeant.

Malgré les contraintes qu’implique ce nouveau marché, Eminence poursuit sur la voie des textiles techniques. Depuis un an et demi, le confectionneur fait ainsi partie du projet industriel d’avenir Autonotex du Centre européen des textiles innovants (Ceti), soutenu par Bpifrance, au côté du chimiste Arkema, du spécialiste du vêtement professionnel Mulliez-Flory et du fabricant de connecteurs électriques Nicomatic. Leur mission ? Développer et industrialiser un textile connecté et autonome en énergie, tissé à partir de fibres piézoélectriques, qui produisent de l’électricité lorsqu’elles sont en mouvement. Ce tissu pourrait être utilisé par les pompiers, mais aussi dans le domaine médical. Un nouveau secteur à explorer pour Eminence.

En parallèle, Eminence peut également compter sur le renouveau du made in France pour soutenir son activité. Ses sites tricolores produisent notamment pour le très médiatique Slip Français. « Se rapprocher de plus jeunes acteurs nous a incités à développer notre propre site internet et à concevoir un site d’e-commerce », ajoute Dominique Seau. 

Faire renaître un savoir-faire textile

Pour faire face à la hausse de sa production sur ses sites français, liée aux marchés publics et aux contrats avec des acteurs du made in France, Eminence a dû embaucher dix salariés fins 2016, et devra en recruter dix autres en 2018. Chose peu aisée dans l’industrie textile, « même dans le Gard où le taux de chômage est très important », note Dominique Seau, le PDG d’Eminence. Les savoir-faire sont rares. L’ETI a donc fait appel à un programme de Pôle emploi. « Nous recrutons des personnes qui n’ont aucune expérience dans le textile, mais une bonne dextérité. Elles sont ensuite formées durant quatre mois par Pôle emploi. Je recommande ce protocole qui existe pour d’autres métiers », s’enthousiasme le dirigeant. 

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