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Protéger les fleurons français sans se fermer, l'exercice d'équilibriste d'Edouard Philippe

Arnaud Dumas ,

Publié le

Le Premier ministre Edouard Philippe, va étendre les dispositifs pour préserver les entreprises françaises des raids des investisseurs étrangers. Autorisation d'investissement dans certains secteurs pour les étrangers, surveillance des fleurons français à risques d'OPA comme L’Oréal ou Danone. L'initiative est plus ou moins bien accueillie dans les différents secteurs de l'économie. 

Protéger les fleurons français sans se fermer, l'exercice d'équilibriste d'Edouard Philippe
Edouard Philippe a profité de sa visite de l'usine de L'Oréal à Lassigny (Oise) pour annoncer des mesures de protections des entreprises stratégiques.
© Pascal Guittet

Ce sera l’un des axes stratégiques de la loi Pacte. Edouard Philippe veut renforcer la protection des entreprises françaises stratégiques contre les raids de leurs concurrents étrangers. Le Premier ministre a détaillé son plan lors d’une visite de l’usine de L’Oréal à Lassigny (Oise).

Il n’a pas choisi L’Oréal par hasard. Le suisse Nestlé, actionnaire du géant cosmétique français à 23 %, a annoncé qu’il ne reconduirait pas le pacte d’actionnaire qui le liait à la famille Bettencourt, interdisant aux deux parties d’augmenter leur participation au capital du groupe. La fin de ce pacte de non-agression ouvre la porte à une potentielle OPA…

L’Oréal n’est pas le seul fleuron français à risque. Danone fait régulièrement l’objet de rumeurs de rachat par de grands groupes étrangers, comme PepsiCo, Kraft Heinz. Emmanuel Faber, le PDG, a accueilli très favorablement les annonces du Premier ministre.

"C’est une question d’équilibre économique, de souveraineté de la France, estime Emmanuel Faber. Avoir des centres mondiaux d’expertise basés en France, cela a un rôle politique. Des champions donnent une impulsion que les plus petites entreprises ne peuvent pas apporter seules."

Manier attractivité et Protection

Pour le patron de Danone, le gouvernement doit manier à la fois l’attractivité de la France, notamment avec les réformes en cours comme les ordonnances sur le travail, tout en tenant compte "de façon réaliste" du fait que d’autres puissances économiques sont moins ouvertes. Edouard Philippe rappelle que les Etats-Unis et la Chine ont, depuis longtemps, mis en place des mesures de protection de leurs entreprises.

Le secteur du numérique est en revanche plus inquiet sur les mesures annoncées par Edouard Philippe. L’affaire Dailymotion a laissé un mauvais souvenir… Arnaud Montebourg avait empêché le rachat de Dailymotion par Yahoo en 2013, au grand dam de la sphère du financement des start-up françaises.

France Digitale, l’association qui regroupe l’écosystème du numérique, a souligné après les propositions du premier ministre l’importance des investisseurs étrangers pour le développement des start-up françaises. Des mesures trop protectionnistes pourraient briser cette dynamique. L’association souhaite qu’un groupe de travail, comprenant des start-up, soit composé pour étudier l’extension du décret Montebourg de 2014.

Extension du décret Montebourg

Il s’agit de l’une des mesures phares du dispositif prévu par Edouard Philippe, qui avait déjà été annoncé en début d’année par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances. Le décret Montebourg, qui impose l’autorisation préalable du ministère de l’Economie pour un investissement dans une entreprise, sera étendu à de nouveaux secteurs de l’économie jugés stratégiques. Le Premier ministre cite les technologies de l’intelligence artificielle, le spatial, le stockage de données et les semi-conducteurs. Ils s’ajoutent aux secteurs de l’eau, l’énergie, des transports, de la santé, de la défense et des télécommunications.

Les engagements pris par les entreprises étrangères au moment où ils reçoivent l’autorisation du ministère seront par ailleurs mieux surveillés. Le gouvernement prévoit d’étendre l’arsenal de sanctions à disposition de l’administration, pour qu’elles soient mieux adaptées aux situations diverses sur le terrain. Les deux seules sanctions prévues actuellement (annulation de l’investissement, amende du même montant que l’investissement), trop extrêmes, sont dans les faits rarement utilisées.

Le gouvernement prévoit par ailleurs d’assouplir le régime de création des actions spécifiques, ces « golden shares » qui permettent à l’Etat actionnaire d’exercer un véto sur le vote d’une décision stratégique (transfert de propriété intellectuelle, cession de parts, etc.).

Les entreprises stratégiques seront par ailleurs mieux surveillées par le gouvernement. Le Premier ministre veut ajouter une corde de veille économique au Conseil de défense et de sécurité nationale. Ce conseil des ministres restreint devra anticiper les risques d’acquisitions d’entreprises françaises ciblées.

Enfin, ultime effet dissuasif, Bpifrance verra ses missions s’élargir à la préservation des pépites françaises. La banque publique consacrera une enveloppe budgétaire pour prendre une participation minoritaire dans le capital des sociétés à préserver.

 

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