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[Edito Vidéo] Les trois schismes

Christine Kerdellant - Directrice de la rédaction , ,

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[Edito Vidéo] Les trois schismes
Christine kerdellant, directrice de la rédaction

Une fois de plus, l’adage a eu raison : ce n’est pas au plus profond des récessions que naissent les grands conflits sociaux, mais en sortie de crise. Avec trois ans de retard sur ses voisins, la France s’est remise en marche. Les bonnes nouvelles sur le front de l’emploi, à peine saluées par les médias tant le conflit social, l’Euro de football et les exactions des islamistes occupaient les « unes », traduisent cette reprise de l’investissement et de l’activité – poussive, tardive, mais effective. À en croire les conjoncturistes, le mouvement social l’aura ralentie sans la stopper, car le pays n’a jamais été réellement bloqué. La fin du face-à-face entre le gouvernement et la CGT pourrait ressembler, pour le premier, à une victoire à la Pyrrhus. Mais ce long bras de fer aura quoiqu’il advienne éclairci le jeu. Le retour durable de la confiance suppose désormais une triple clarification : syndicale, politique, et économique.

La clarification syndicale : les « réformistes » l’ont emporté sur les « révolutionnaires ». Le syndicalisme réformiste, avec la CFDT pour chef de file, rallie de plus en plus de salariés, quand le syndicalisme de lutte, celui de la CGT, paraît dépassé. Le blocage des journaux qui avaient refusé de publier la tribune de Philippe Martinez va laisser des traces. LA CGT, libérée du PC sans avoir fait son aggiornamento, sera doublée par la CFDT lors des prochaines élections professionnelles pour la première fois de son histoire – sauf, bien sûr, dans la sphère publique ; la journée du 14 juin aura été, quoi qu’elle ait prétendu, son baroud d’honneur. La montée en puissance de syndicats capables, comme en Allemagne, de défendre les salariés dans les périodes difficiles autant que de leur offrir un « retour sur investissement » dans les périodes fastes, est inéluctable. La loi travail ne restera pas dans l’Histoire pour son contenu, mais pour le conflit fondateur qui l’aura accompagnée.

La clarification politique : le PS, définitivement déchiré entre « socio-libéraux » et « paléo-socialistes ». Le PS, qui souffre depuis trois décennies d’une absence de perspectives intellectuelles, a bu jusqu’à la lie le désaccord entre la majorité silencieuse et les frondeurs, chez lesquels Philippe Martinez a rencontré une étonnante bienveillance. Le retour de la loi travail à l’Assemblée, début juillet, va raviver la guerre entre les deux camps, mise en sourdine par le conflit social. La baisse de popularité de François Hollande et la perspective rapprochée de la présidentielle devrait pousser la gauche de la gauche à faire sécession, que le désaccord se matérialise ou non par une motion de censure.

La clarification économique : le salut passe par les entreprises, non par plus d’État. Ceux qui ont fait grève – les cheminots et autres salariés de l’État – l’ont moins faite « par procuration » que pour défendre des avantages catégoriels sans lien avec la loi travail, car elle ne les concernait pas. La France est plus que jamais coupée en deux, entre « ceux qui croyaient en l’entreprise et ceux qui n’y croyaient pas », pour paraphraser Aragon. Le redressement du pays passe évidemment par des entreprises plus compétitives, plus performantes… et moins alourdies par les ponctions publiques. 

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