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[Edito vidéo] Les trente glorieux

Christine Kerdellant ,

Publié le

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[Edito vidéo] Les trente glorieux © DR

Sauf accident géopolitique ou financier mondial, la France est entrée dans un contexte de croissance économique inédit depuis le tournant du XXIsiècle. Des perspectives qui ont fait dire dans nos colonnes à Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance, que nous étions en train de vivre un "âge d’or" qui devrait durer une trentaine de mois. Pourquoi deux ans et demi ? Parce que les taux d’intérêt américains vont remonter l’an prochain et que les taux européens ne les suivront pas avant deux ans. En attendant, l’euro devrait rester bas et "l’alignement des planètes" se maintenir. Les trente glorieux donc, un demi-siècle après les Trente Glorieuses ?

Pas d’emballement. Nous ne retrouverons pas les 5 ou 6% de croissance annuels ni le chômage en unités plutôt qu’en taux (100 000 personnes sans emploi au début des années soixante !). Pourtant, l’Insee ne cesse depuis un an de revoir à la hausse ses prévisions. Il annonçait 1,5% de croissance pour 2017 à l’automne dernier (à sa décharge, c’était il y a un siècle : on ne savait pas alors si François Hollande se représenterait, si Emmanuel Macron serait candidat, et la droite envisageait avec sérénité cette élection qu’elle ne pouvait pas perdre). Or nous atteindrons 1,8%. Derrière nous, enfin, la croissance "encalminée" depuis trois ans autour de 1% !

Pourquoi la reprise se solidifie-t-elle cette fois? Parce qu’elle concerne le monde entier, des plus avancés aux pays émergents et en développement. La croissance mondiale atteindra 3,5%, et 2,2% en Europe. La France profite, pour une fois, de la bonne santé de ses voisins. Nos exportations progressent. Les investissements ont redémarré – près de 4% cette année – et ils sont le gage de la suite. La mesure de suramortissement, ce coup de pouce qui a contribué à faire repartir les achats de machines en 2016, a eu beau prendre fin à la mi-avril, le mouvement était lancé. Ce sont les carnets de commandes qui tirent durablement les investissements, non les incitations fiscales. Or le climat des affaires est au plus haut depuis 2011. Et les ménages aussi investissent (dans le logement) et consomment.

Emmanuel Macron est donc arrivé au bon moment. Sa bonne étoile est économique autant que politique. Mais la chance ne fait pas tout. Plus réjouissant encore est le retour inespéré de la confiance chez les chefs d’entreprise. Et celui-ci n’est dû ni au Cice de Hollande ni au redémarrage mondial, mais bien au dynamisme macronien. À quelques bugs près, le nouveau chef de l’État met en place l’écosystème promis lors de sa campagne. Il tente d’enchaîner les réformes comme aucun Président depuis 1981. L’Allemagne de 2002 et la Suède de 1993 avaient aussi profité d’une période de reprise pour rendre moins douloureuses les potions amères.

Deux ans et demi de croissance ! Pour les entreprises, voilà un boulevard dans lequel il est urgent de s’engouffrer. Même si rien n’est jamais sûr à 100%. Le risque est plus géopolitique que politique : la Corée du Nord (vs Trump), l’Iran (vs Trump), Daech (vs le reste du monde)… Et surtout l’excès de liquidités sur les marchés financiers américains qui a créé, çà ou là, des bulles prêtes à exploser. Mais oublions les épées de Damoclès. Ne rien risquer, n’est-ce pas risquer encore plus? 

 

 

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