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[Edito vidéo] L'Allemagne industrielle, pays du bonheur ?

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Sur son affiche électorale, Angela Merkel clame que l’Allemagne est « un pays où il fait bon vivre ». Elle ringardise le « Leben wie Gott in Frankreich », ce dicton qui veut que l’on soit « heureux comme Dieu en France ». Il est vrai que depuis son accession au pouvoir au bon moment – pour recueillir le fruit des réformes douloureuses faites par son prédécesseur Gerhard Schröder –, l’écart entre nos deux pays n’a cessé de se creuser. L’indicateur le plus douloureux est le commerce extérieur. L’Allemagne affiche un excédent de 300?milliards d’euros, la France un déficit de 60?milliards… Le budget de nos voisins est depuis longtemps à l’équilibre quand nous ramons pour ramener le nôtre sous la barre des 3 %… Ces évolutions divergentes s’expliquent par le choix déterminant des Allemands de conforter leur outil industriel, pendant que les Français, convaincus que l’industrie était condamnée, misaient sur le tourisme. Puisque le monde entier savait que Dieu avait choisi l’Hexagone pour résidence secondaire…

Les choix fiscaux qui pénalisent depuis vingt ans les entreprises ont été aggravés, dans l’industrie en particulier, par la stupide mesure de « rééquilibrage » entre taxation du capital et du travail prise par François Hollande. Emmanuel Macron devrait la corriger avec la flat tax de 30 %. Mais en attendant, l’investissement a été pénalisé, notre retard en matière d’automatisation et de robotisation s’est aggravé et les Allemands se sont emparés tranquillement de nos parts de marché dans la machine-outil, l’énergie et la chimie.

À ce stade du débat, l’on vous rétorque généralement que l’Allemagne « a ses pauvres ». Que les petits jobs et la précarité s’y sont multipliés. « En Allemagne, le taux de pauvreté des salariés est de 23 % contre 8 % en France », martèle la sociologue Dominique Méda, propos devenus des « éléments de langage » pour les lieutenants de ­Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est une erreur grossière ! Ce 23 % correspond au pourcentage de salariés allemands dont le salaire horaire brut est à 40 % au-dessous de la médiane (la définition d’un petit salaire). Or comme le salaire médian est plus élevé en Allemagne qu’en France (15,70?euros de l’heure contre 14,90?euros, en 2016), les travailleurs les moins gâtés gagnent davantage de l’autre côté du Rhin…

Le taux de pauvreté, le vrai, se calcule par rapport au niveau de vie. Il doit être inférieur à 60 % du niveau de vie médian dans un pays donné. Cette définition fait apparaître un taux de 9,7 % de pauvres chez les actifs en Allemagne, contre 7,7 % en France. Deux points de plus. Mais le pouvoir d’achat moyen allemand est très supérieur à son équivalent français : 21 879?euros annuels contre 19 254. Et pour cause : nos voisins sont mieux payés (41 800?euros bruts par an en moyenne contre 33 574?euros en France). Et surtout, leur coût de la vie est inférieur : l’immobilier est moins cher (du simple au double) et les prix à la consommation environ 8 % moins élevés. En revanche, les ménages qui ont des enfants paient un peu plus d’impôt sur le revenu, faute de quotient familial.

La pauvreté est donc une notion toute relative. Reste qu’il est difficile de prétendre que les choix économiques de l’Allemagne – qui conduisent de surcroît à un chômage de 4,1 % contre 9,6 % en France, et à une dette de 69 % contre 96 % – sont moins efficaces que les nôtres !

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1 commentaire

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23/09/2017 - 08h43 -

Vous avez raison de souligner ces contres vérités justes destinées à tromper le monde ouvrier qui emboîte de moins en moins le pas à ces économistes de salon. Pour en revenir aux gens qu'on dit pauvres, il faut aussi dire qu'en travaillant même avec des petits salaires ces gens ont plus de chance de se sortir de leur situation d'abord en apprenant. Ensuite en créant de la richesse pour le pays, ils pèsent moins sur les aides sociales, ce qui allège d'autant le poids des impôts supportés par les entreprises et la société. Ce qui fait qu'en fin de compte les produits vendus par l'Allemagne peuvent être concurrentiel. Parce ce que ce qui gène nos entreprises Françaises en plus du temps de travail, c'est bien la charge qu'on met sur l'entreprise qui se répercute sur le prix à payer.
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