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[Edito vidéo] Impact psychologique majeur

Christine Kerdellant - Directrice de la rédaction , ,

Publié le

L'édito de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.

[Edito vidéo] Impact psychologique majeur © DR

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C'est l’effet Papillon. Sept centimes de taxes sur le carburant ont déclenché un tsunami. Mais si tous les mécontentements ont explosé en même temps, la colère couvait depuis deux décennies. Emmanuel Macron avait pourtant déroulé courageusement, et avec succès, ses réformes programmées : loi travail, mutation de la SNCF, fin de l’ISF, flat tax… Las ! Il a commis, en parallèle, quelques maladresses qui ont eu un fort impact psychologique. Pour qui marche sur un fil tendu au-dessus d’un volcan, il n’y a pas de (petit) droit à l’erreur.

Baisse des cotisations sociales : l’étalement l’a rendue imperceptible. La principale mesure pour le pouvoir d’achat était la disparition des cotisations maladie et chômage des salariés. Pour ménager le budget 2018, il a été décidé d’opérer en deux temps, janvier et septembre. Sauf que pour un salarié qui gagne 3 000 euros bruts, un gain de 40 euros mensuels, dès janvier, aurait eu un effet psychologique sans comparaison avec une augmentation de 11 euros en janvier puis de 29 en septembre, passées inaperçues…

Hausse de la CSG : l’effet dévastateur d’une baisse de revenu affichée. Les retraités d’aujourd’hui sont des baby-boomers qui ont eu l’habitude, leur vie durant – ils ont connu l’inflation ! –, de voir leurs revenus progresser chaque année. Pour la première fois de leur vie, ils ont reçu, en janvier 2018, un relevé mensuel en baisse. Le choc psychologique a été violent.

Baisse de 5 euros des APL : ciblage malencontreux. Qui touche les APL ? Les étudiants et les ménages modestes. Certes, une baisse de 5 euros semblait un détail. Mais l’impact psychologique a été violent pour les intéressés, et les autres y ont vu une "mesquinerie". Cette mesure non programmée fut le premier coup de canif dans le contrat passé entre Macron et les Français.

Taxe d’habitation : d’une pierre deux (mauvais) coups. Cette mesure-là était certes au programme, mais personne ne l’avait réclamée, et surtout pas les élus qui craignaient pour la suite. Alors qu’elle aurait pu être glissée sous le tapis, la baisse partielle de la taxe d’habitation a provoqué à la fois leur mécontentement et celui des 20 % de ménages qui la payent toujours…

Taxe carbone : une affaire de contexte. Les augmentations de taxes de janvier 2018 avaient été indolores parce que le cours du pétrole avait baissé pendant trois ans… Mais sa hausse en flèche a attisé la colère, et les taxes ont été accusées, d’autant qu’elles devaient à nouveau augmenter en janvier 2019. C’est à cette hausse-là qu’il aurait fallu surseoir, dès le 17 novembre, dans l’attente de la baisse des cours. Satisfait de ce moratoire, le diable ne serait peut-être pas sorti de sa boîte.

Dystopie. Il n’est pas difficile d’imaginer que la taxe d’habitation n’ait pas été supprimée et que la transformation du Cice en charges ait attendu une année de plus. Si le président avait choisi d’agir en stratège plutôt qu’en tacticien de Bercy, il n’aurait pas saupoudré mais concentré ses moyens sur les mesures qui auraient eu le plus d’impact. Il aurait donné un effet psychologique maximum à la baisse des charges salariales, et ce, sans toucher aux revenus des retraités ni aux APL. Mais il est trop tard pour réécrire l’histoire. Dommage.

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1 commentaire

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31/01/2019 - 10h12 -

Bonjour, Merci pour ce Résumé et dommage pour la Conclusion, Hélas on ne rafit pas l'histoire !! Beaucoup disent que les Retraités ont plus de patrimoine que les Jeunes. Encore heureux, sinon cela signifierai que le Système ne permet plus de capitaliser. Il s'en déduit fort logiquement, pour ceux qui oublient qu'ils le deviendront un jour, qu'on peut les ponctionner indûment. Comme le seul espoir d'augmentation (au moins facial) c'est la revalorisation, toute atteinte (depuis au moins 3 ans ) est ressentie comme intolérable. Pour les APL, les 5€ annoncés un matin ont été compris comme l'action du plus minable des "Gestionnaire". On enseigne depuis bien longtemps que le coup de rabot indifférencié est débile.
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