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[Edito vidéo] France 1, États-Unis 0

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L'éditorial de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.

Les entreprises citées

Mais qu’est-ce qui peut bien rapprocher le président sanguin Donald Trump, le beau gosse du football américain Tom Brady, et le journaliste qui a montré que personne ne comprenait plus rien aux marchés financiers Michael Lewis ? Réponse : la complexité ! Donald Trump l’a découverte : il a vu que toute décision avait des dommages collatéraux. Tom Brady en a, lui, profité : les règles complexes du football américain lui ont offert une victoire mémorable. Enfin, Michael Lewis l’a dénoncée, avec les dangers du trading haute fréquence. La complexité est partout.

Les États-Unis, ce pays neuf où tout semblait simple – du système politique à la création d’entreprise, du permis de conduire au port d’armes –, se laisse engluer dans un maquis de réglementations. En comparaison, la France passerait presque pour un modèle de simplicité et d’efficacité ! Et c’est un Américain diplômé de l’Isae-Supaéro à Toulouse qui en fait la démonstration… applaudie par l’ancien secrétaire d’État au Trésor George Shultz et par la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

De parents français, Étienne Deffarges a vécu au Danemark et dans plusieurs pays sud-américains, avant de faire un MBA et de s’installer à San Francisco. Il est américain depuis un quart de siècle, un "cap" qui l’a sans doute poussé à oser. Car il fallait un certain cran pour montrer, dans ce pays pétri de certitudes, à quel point la complexité qui a envahi la vie quotidienne entraîne des coûts démesurés, pour des résultats médiocres et une érosion grandissante de la confiance des citoyens. Et pour prôner de vraies réformes dans les secteurs critiques : la santé, l’énergie, la finance, et le fonctionnement du gouvernement. Le refrain est bien connu chez nous, moins à New York ou Washington !

Cet entrepreneur qui a officié chez Schlumberger, puis dans le conseil chez Booz Allen Hamilton et Accenture, fonde sa démonstration sur une approche analytique. "Nous, les Américains, prévient-il avec un rien de démagogie, avons tendance à faire les choses d’une manière plus complexe qu’il ne le faudrait, pas seulement si l’on se compare à d’autres pays développés, mais par rapport à notre propre et brillante histoire". Dans son livre "Untangling the USA: The Cost of complexity and what can be done about it", publié aux éditions Routledge, l’exemple le plus probant (et le plus sympathique pour la France !) est le secteur de la santé. Les dépenses par tête sont de 9 450 dollars aux États-Unis – le record du monde – quand les Français dépensent deux fois moins (4 407 dollars). Pourtant, l’espérance de vie est plus élevée dans l’Hexagone : 82,4 ans contre 79,3 ans outre-Atlantique. Il est vrai que selon l’OMS, la France possède le meilleur système de santé de la planète.

"Les Américains ne comprennent plus pourquoi gérer la santé, l’épargne, les impôts ou l’énergie devrait être si compliqué. Alors que la complexité n’est pas dans nos gènes – il suffit de regarder la simplicité élégante et efficace de notre constitution, et beaucoup d’autres exemples dans notre glorieuse histoire." Pour nous, Français, dont la complexité fait en revanche partie de l’ADN, après deux millénaires d’histoire au moins aussi glorieuse, il est réconfortant de constater que non seulement nos maux sont partagés par la première nation du globe, mais aussi que nous pouvons parfois lui servir de modèle  

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