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[Edito vidéo] Capitalisme, il n'y a pas de plan B

Publié le

Vidéo L'édito vidéo de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

J'ai commencé à travailler au Venezuela, en 1983. Je ­faisais une étude de marché sur les machines à extruder l’aluminium, pour Creusot-Loire. Les Vénézuéliens disposaient alors du revenu le plus élevé d’Amérique latine. Caracas était une capitale prospère, où chacun pouvait s’offrir son "arroz a la cubana" en écoutant des vinyles de Julio Iglesias. Comment une poignée de populistes ont-ils pu, avec leur idéologie périmée, détruire méthodiquement l’économie d’un pays de 30?millions d’habitants ? Et comment, en France, des politiques ont-ils pu prendre ce socialisme pour modèle ?

Chaque Vénézuélien a perdu 9?kg en moyenne depuis cinq ans. La mortalité infantile est repartie à la hausse, un cas unique au monde. Les habitants de la "terre de grâce" de Christophe Colomb manquent aujourd’hui de tout : œufs, viande, farine, médicaments, papier toilette. Ils chassent les chiens et les pigeons pour les manger. Et bien qu’ils aient les plus grosses réserves de pétrole prouvées de la planète, ils souffrent chaque jour de coupures d’électricité.

Les Soviétiques ont maintenu l’illusion de la prospérité pendant trois quarts de siècle, Castro pendant un demi-siècle. Chavez et son successeur Maduro n’auront pas tenu vingt ans. Comment Jean-Luc Mélenchon peut-il encore considérer le parti socialiste du Venezuela et son Mouvement Cinquième République comme une "source d’inspiration" ? Accuser l’impérialisme américain et refuser d’admettre que ce socialisme version Bolivar est un désastre ?

L’industrie fut la première à se volatiliser sous les " lumières du chavisme". Au début des années 1980, sous la houlette d’une coalition de droite clientéliste et corrompue, l’industrie de la construction était encore florissante, l’agroalimentaire et l’industrie automobile se développaient. Hormis du pétrole, le pays produisait de l’acier, de d’aluminium, de ciment et des pneus. Et, pour la petite histoire, mon étude montrait qu’il existait un marché (étroit) pour les presses à extruder l’aluminium...

Mais la montée des inégalités a provoqué l’élection du populiste Chavez. L’apprenti sorcier a fait exploser les dépenses sociales, ce qui a d’abord permis une réduction des inégalités et du taux de pauvreté, avec 40 % de la population active employée dans le secteur informel et le reste dans le secteur public. Mais cette politique sociale n’a tenu que grâce à l’explosion de la dette et à l’envolée du prix du pétrole, dont la production, nationalisée, a été divisée par trois après la fuite des majors, faute de maintenance. L’effondrement du cours du baril a fait le reste. Les expropriations sauvages et le contrôle des prix ont achevé de massacrer l’industrie, qui tourne désormais au tiers de ses capacités. L’inflation est sans limites et le taux d’homicides a quadruplé.

On accepte qu’un tsunami balaie le travail d’une vie. Mais pas les décisions absurdes d’un leader charismatique. Le grand débat français permettra-t-il au moins d’expliquer que l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a d’abord produit ?

Le capitalisme, disait Churchill, est le pire système, à l’exclusion de tous les autres. Améliorons-le et moralisons-le, car il n’y a pas de plan B ! À défaut, avec ou sans les lumières du mélenchonisme, les électeurs français se jetteront dans les bras du premier Chavez venu.

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1 commentaire

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08/02/2019 - 15h45 -

Wow à l'heure où l’écosystème est ravagé par le capitalisme cet article est osé. Et il y aura toujours des plans A, B ou C tout simplement parce que le capitalisme est un système économique créé par des humains. Vous semblez vous réjouir de l'échec du socialisme au Vénézuela, vous oubliez plusieurs choses: - Le socialisme est plus dur à mettre en place que le capitalisme car l'objectif est de ne laisser personne sur le carreau, de rendre les gens égaux de fait et non pas juste sur le papier. Les objectifs étant supérieurs à ceux du capitalisme (la recherche du profit), je pense que la comparaison est difficile, on ne joue pas dans la même catégorie. - Rendre le socialisme réel dans un monde globalisé aux mains de la finance relève du défis que peu de pays sont capables de réaliser. Vous oubliez volontairement l'embargo? Si la France était sous embargo on irait pas loin non plus. - Churchill parlait de la démocratie, ce qui n'a rien à voir avec le capitalisme....bien tenté.
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