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[Edito vidéo] Besoin d'Europe

Christine Kerdellant - Directrice de la rédaction , , ,

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Analyse L'éditorial en vidéo de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.

[Edito vidéo] Besoin d'Europe
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle.
© DR

"Nous, l’industrie européenne, devons avoir la force de créer un capitalisme humaniste différent du capitalisme anglo-saxon ou du capitalisme d’État. Si nous n’arrivons pas à le créer, nous ne serons plus rien." Ce sont les mots de Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, lors du débat inaugural de L’Usine extraordinaire au Grand Palais, "L’industrie européenne à la conquête du futur". Les jeunes générations, qui ont colonisé le monument parisien pendant cette fête de l’industrie – un bus de scolaires arrivait toutes les deux minutes ! – sont en quête de sens dans leur travail. Elles veulent s’investir pour des entreprises dont elles partagent la "raison d’être". Pour peser, cette troisième voie doit exister à l’échelle européenne.

Dans la lignée du RGPD, de plus en plus d’entreprises du continent ont conscience de pouvoir offrir au monde un "modèle" éthique, face notamment à l’exploitation sans vergogne des données que pratiquent les Chinois et les Américains. Les premiers mettent en place un crédit social, c’est-à-dire une note pour chaque Chinois, à partir de son activité en ligne, de son attitude citoyenne, voire de sa conduite (de piéton !). Les seconds, on l’a vu chez Facebook avec l’affaire Cambridge Analytica, se moquent bien de la vie privée des citoyens tant que les scandales sont étouffés… Certaines entreprises françaises sont à la pointe de ce combat, comme le moteur de recherche Qwant ou comme Snips, le spécialiste de l’IA "embarquée"(qui traite tout en local, sans envoyer de données dans le cloud).

Les Européens – et le monde – ont besoin de l’Europe. À quelques mois des élections qui risquent de voir monter massivement les populistes et les anti-Union, il est vital de redéfinir son utilité. Un think tank, Synopia, observatoire des gouvernances, s’y est attelé. Il explique que la Communauté européenne a été plébiscitée tant qu’elle présentait des avantages incontestables en termes de protection des citoyens : protection de la paix, puis du bien-être individuel, du pouvoir d’achat, des libertés. Quelles sont les questions qu’elle peut aujourd’hui mieux résoudre que les États isolés ? Réponse : les risques écologique, nucléaire, biologique, les migrations humaines ou les crises économiques… et le risque numérique. "L’absence de régulation du cyberespace fait craindre l’émergence d’un monde orwellien, les progrès fulgurants des algorithmes et de l’intelligence artificielle permettant désormais de connaître, voire de contrôler les actions des individus", prévient Synopia.

Ce droit au respect de la vie privée est pour nous un droit de l’homme fondamental. Pourtant, plus généralement, les valeurs et les idéaux européens (égalité entre les hommes et les femmes, absence de castes dominantes, gouvernements démocratiques…) ne sont pas toujours partagés par les autres cultures et ne seront pas forcément choisis pour gérer les affaires du monde dans les prochaines décennies, surtout si les Européens avancent en ordre dispersé. L’objectif de la construction européenne s’est donc déplacé. Les entreprises françaises, les industriels en tête, doivent participer à cette reconstruction d’une vision commune. Car plus que jamais, nous avons besoin d’Europe.

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