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[Edito] La prochaine crise

Christine Kerdellant - Directrice de la rédaction , ,

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L'editorial de Christine Kerdellant, directrice de la rédaction.

[Edito] La prochaine crise
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction
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Est-ce de l’automobile que viendra la prochaine crise ? Certains professionnels du secteur en sont persuadés. Plusieurs constructeurs ont publié des avertissements sur résultats, tels Daimler ou BMW, qui n’y avaient guère habitué leurs actionnaires. D’autres prévoient huit ou quinze jours de chômage technique à brève échéance. Des équipementiers inquiets mettent leurs investissements en stand-by et reconstituent leur trésorerie pour faire le gros dos, dans la perspective de l’hiver qui vient…

Pendant le Salon de l’auto, le grand public, émerveillé par les nouveaux modèles et les concept cars, se moquait bien des nuages noirs qui s’accumulent. Pourtant, après cinq années d’euphorie – un cycle beaucoup plus long que les précédents –, le secteur auto affronte un vrai choc d’incertitude. Il y a de quoi : la fin du diesel s’annonce plus rapide que prévu, l’électrique provoque un attentisme des acheteurs – ils repoussent d’un an ou deux le remplacement de leur véhicule à essence afin d’avoir un vrai choix parmi les modèles électriques –, la réglementation antipollution est drastique… Ces incertitudes micro-économiques se doublent de frayeurs macro-économiques : le protectionnisme de Trump ou la peur confuse que suscitent les " mobilités de demain ", mais aussi la masse de crédits contractés par des ménages américains qui ont acheté une voiture sans être très sûrs de pouvoir la payer. Un quart de ces emprunts seraient non solvables ! Vous avez aimé les subprimes de l’immobilier, vous adorerez les subprimes de l’automobile…

La crise – que tous les prévisionnistes voient survenir dans les deux ans, donc d’ici à 2020 – peut aussi être d’origine technologique. Car l’IoT, l’internet des objets, est un véritable gruyère sécuritaire. Contrairement aux serveurs informatiques, pour une montre ou une tasse, on pense d’abord au design et au prix, et ensuite seulement au virus WannaCry et à ses petits frères ! Les hackers cherchent déjà des solutions pour prendre le contrôle des voitures autonomes, les jeter contre d’autres voitures, ou les précipiter contre des platanes. Dans des secteurs tels que le nucléaire, l’aviation ou la banque, le risque de cyberattaques est systémique : il peut stopper l’économie tout entière. Seule solution : imposer des réglementations, encore et toujours, au risque de voir l’Europe se faire accuser de brider le business…

Mais les économistes les plus en vue annoncent plutôt une débâcle financière en gestation. Les Bourses tanguent, le pétrole grimpe, la bulle d’endettement a gonflé à outrance depuis la crise de 2007-2008 (ses responsables sont toujours en liberté), et les banques centrales n’auront plus les moyens, cette fois, de baisser les taux et de noyer les marchés sous les liquidités, autrement dit de " fabriquer de l’inflation à Wall Street pour juguler la déflation à Main Street ", puisque c’est déjà le cas. Sommes-nous en train de vivre un moment Minsky, ce point de retournement où quelques déceptions sur la baisse du chômage ou une hausse microscopique des taux d’intérêt suffisent à faire chuter les crédits ou la demande globale ? Dix ans ont passé, l’assainissement n’a jamais eu lieu : nous risquons d’en payer bientôt le prix.

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1 commentaire

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08/11/2018 - 11h54 -

Ah, la politique !..Faire grossir des entreprises jusqu'à ce qu'elles deviennent des chevaux de Troie pour notre économie, sous prétexte de développement des pays ou les religieux et les tirants (ce qui est pareil) interdisent le moindre progrès, voilà bien ce que nos dirigeants de tout bord ont favorisé depuis 50 ans !..Seulement aujourd'hui avec des villes ou l'on a concentré les entreprises, et entassé par contre coup des millions d'habitants, à qui l'on supprime tout à coup les moyens de déplacement, alors même qu'ils sont incapables de produire la moindre nourriture, voilà qui va faire l'affaire des marchands de tout poil qui ne vont pas manquer de faire des affaires ! Surtout si le transport international continu sa concurrence déloyale envers nos propres entreprises , notre agriculture ,élevages et nos fabrications ?La mondialisation est une régression, seuls les échanges gagnant/gagnant peuvent nous protéger de ses excès !
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