[Edito] De quoi les Macronomics sont-elles le nom ?

Après les Abenomics et les Trumponomics, les médias anglo-saxons évoquent déjà les Macronomics. 

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[Edito] De quoi les Macronomics sont-elles le nom ?
Emmanuel Macron en mai 2015, à l'époque ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique dans le gouvernement Manuel Valls II.

Pour la première fois dans l’Histoire, le président français parle mieux l’anglais que le président américain. Est-ce cela, les macronomics ? A en croire les médias anglo-saxons auteurs de l’expression, c’est la mère des ruptures : ce président français est ouvert sur l’extérieur et bien dans son siècle. De quoi bâtir un storytelling ! Après les Abenomics – ce choc d’inflation infligé à un Japon englué dans la récession - et les Trumponomics – un populo-protectionnisme obsédé de baisse d’impôts, il y aurait donc des Macronomics. Mais quelle macro-économie sera la Macron-économie ?

Ce genre de raccourci allie le fond et la forme. Le style, et le contenu. L’un influence l’autre : l’économie repose avant tout sur la confiance. Les marchés financiers ont grimpé en flèche à l’arrivée de Trump, même si ses partisans n’étaient pas majoritaires. Les marchés ont aussi salué – après le premier tour – l’avènement d’Emmanuel Macron, qui les sauvait du spectre Mélenchon-Le Pen et de l’explosion de l’euro. Le Financial Times n’avait jamais parlé de Hollandonomics ou de Sarkonomics, alors que leurs programmes étaient aussi développés. De quoi, alors, les Macronomics sont-ils le nom ?

Une chance insolente. Emmanuel Macron a la baraka. La Mer rouge s’est ouverte devant lui, les primaires de droite choisissant un candidat très à droite et les primaires de gauche un candidat très à gauche. Pour réussir le redressement, il lui faudra encore plus de chance. Hollande en avait, qui a bénéficié en milieu de mandat de l’"alignement des planètes" (taux, pétrole, dollar). Mais ses décisions initiales aberrantes l’avaient plombé. Macron saura-t-il profiter de l’embellie économique en cours ?

Une volonté de commencer par le plus dur : il a reproché à Hollande d’avoir pris trop tard, et à moitié, les mesures en faveur des entreprises. Lui a annoncé la couleur, et a été élu quand même : il a donc toute légitimité pour réformer. Mais tiendra-t-il face à la rue ?

Un modèle scandinave assumé : la flat tax est inspirée du modèle suédois, les 12 élèves par classe du modèle finlandais et l’accompagnement des chômeurs, contrepartie d’un code du travail allégé - la flexisécurité - du modèle danois… C’est la première fois qu’un homme politique français s’inspire de modèles étrangers. Parce qu’il parle anglais ?

Des patrons de startup macrolâtres : depuis qu’il a accompagné la French Tech à Los Angeles, les startuppers sont tombés sous le charme. La preuve : notre confrère BFM Business a eu tellement de mal à en trouver qui n’aient pas participé au financement de Macron qu’il craignait d’enfreindre les règles d’équilibre du CSA !

Le refus d’être un "président normal". Ses premières mises en scène le montrent : il a l’obsession de sa place dans l’Histoire, comme Mitterrand ou De Gaulle. Aujourd’hui, marquer son époque supposerait de redonner à la France un rôle de leader en Europe, laquelle passe par sa puissance économique.

S’il échoue, Macron sera celui qui a élevé la dernière digue face au Front National… pour mieux lui ouvrir les vannes. S’il réussit, il risque quand même de connaître un destin à la Barak Obama ou Michael Gorbatchev : admirés, voire adulés à l’extérieur de leur pays, ils étaient très critiqués à l’intérieur de leurs frontières. La politique fait l’économie, mais l’économie fait aussi la politique : de la réussite des macronomics dépend le destin de la France.


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