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L'Usine Auto

EDF : « Un véhicule électrique est indissociable de son système de recharge »

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En 2010 devraient sortir les premiers modèles de voitures électriques en France. Dans les diverses expérimentations en cours, un point commun : EDF. Le directeur Transports et Véhicules électriques du groupe fait le point sur le rôle moteur de l'entrepris

EDF : « Un véhicule électrique est indissociable de son système de recharge »



Depuis quand la division Transports et Véhicules Electriques existe-t-elle ? Quels sont ses objectifs ? Cédric Lewandowski. Depuis près de 50 ans, cette division promeut le transport électrique sous toutes ses formes, qu'il soit directement relié au réseau (tramways, bus...) ou qu'il fonctionne avec un système d'énergie embarqué. EDF est un des rares énergéticiens mondiaux à avoir créé un département spécialisé. Nous travaillons aux développements technologiques dans les domaines du stockage de l'énergie et des systèmes de charge, ainsi qu'à leur promotion, en conseillant notamment les collectivités locales, souvent en partenariat avec l'ADEME. Enfin, nous sommes partie prenante dans les expérimentations. Notre flotte de 1 500 véhicules électriques est la première flotte mondiale. Rappelons que 30 000 véhicules électriques environ sont en circulation dans le monde, dont 10 000 en France. 

Quelles sont les expérimentations en cours dans le domaine des véhicules pour les particuliers ?

Depuis deux ans, nous sommes partenaires du Groupe Dassault pour tester et étudier les performances d'un véhicule utilisant pour la première fois au monde une batterie lithium-ion. La batterie lithium-ion apporte les trois éléments qui faisaient défaut à la première génération de véhicules électriques : l'autonomie, entre 120 et 150 km ; la puissance, qui permet d'accélérer comme avec un véhicule classique et d'atteindre une vitesse de 130 km/h ; et l'absence d'effet mémoire, qui évite d'avoir à attendre que la batterie soit totalement déchargée avant de la recharger.

Nous sommes également aux côtés de Mitsubishi, Subaru, Ford, General Motors, Renault et PSA, à différents niveaux, dans leurs expérimentations de véhicules tout-électriques.

Avec Toyota, nous travaillons depuis septembre sur le véhicule hybride rechargeable. L'idée est de pouvoir faire les trajets quotidiens en tout-électrique, soit 10 à 40 km. Dans un premier temps, le partenariat vise à expérimenter les prototypes. Les trois premiers sont arrivés dans notre flotte, et les résultats commencent à être satisfaisants.  Du coup, tout le monde s'intéresse à l'hybride rechargeable : Daimler, Ford, Volvo, Renault-Nissan... Les autres volets de la coopération avec Toyota portent sur la technologie de la recharge et du système de communication entre le véhicule et la borne, et sur une éventuelle association durant la phase d'industrialisation et de commercialisation. 

Quelle forme pourrait prendre la coopération en phase de commercialisation ?

On a déjà vu l'association marketing entre Citroën et Total, on pourrait très bien imaginer l'équivalent entre EDF et Toyota. Plusieurs possibilités existent, mais pour l'instant nous n'en sommes pas là. 

En participant à la conception d'automobiles, EDF va au-delà de ses activités traditionnelles de production, de transport et de commercialisation d'électricité. Quelle est la place de l'entreprise dans le développement de ce marché ? Considérez-vous que c'est un nouveau métier ?

EDF s'intéresse depuis toujours à toutes les formes d'usage de l'électricité. La particularité des véhicules électriques, à ce stade, c'est qu'on ne peut pas séparer la problématique de la recharge et celle de la conception du véhicule. Il existe une interaction très forte avec les systèmes de bord. Pour utiliser une image, une voiture électrique, quand elle roule, c'est une voiture. Quand elle s'arrête, c'est comme un chauffe-eau ! D'autre part, la demande des constructeurs, c'est d'accélérer la recharge le plus possible, donc d'injecter le plus de courant possible. EDF est totalement légitime pour y répondre. 

Tous les constructeurs ont donc besoin de vous ? Disputez-vous ce marché avec les nouveaux entrants ?

Nous travaillons effectivement avec à peu près tout le monde, notamment sur la standardisation de la recharge. Il faut éviter la situation dans laquelle chaque constructeur posséderait son propre système de recharge, comme ce fut le cas avec la première génération de véhicules électriques aux Etats-Unis ! Les constructeurs se rapprochent également de nos homologues énergéticiens, comme TEPCO et SCE. 

Dans l'avenir, peut-on imaginer des stations de recharge EDF, à l'image des stations essence actuelles ?

L'autonomie de la voiture tout-électrique restera durablement limitée. Aujourd'hui, en 16 Ampère, la recharge prend 6 à 10 heures... On imagine donc plutôt de l'effectuer au domicile ou sur le lieu de travail. Les bornes collectives, dans les villes, ne représenteront sans doute que 10 à 15 % des lieux de recharge, à moyen terme. On commence à évoquer des stations d'échange de batteries, où l'on pourra échanger sa batterie vide contre une pleine. 

Combien existe-t-il de bornes de recharge publiques aujourd'hui en France ?

Environ 200 bornes d'ancienne génération sont installées, dont une centaine à Paris. Chaque borne comporte plusieurs prises. Ces bornes sont aisément transformables en bornes de nouvelle génération. 

Quelles seront les fonctionnalités des bornes de recharge dites « intelligentes » ?

Elles pourront assurer des services complémentaires : programmation des horaires de la charge en fonction de la tarification, sécurité, facturation, etc. 

 


Quelle part de l'énergie consommée pourrait représenter la charge lors de la phase de généralisation des véhicules électriques ? Quelle croissance de la consommation cela va-t-il entraîner ?

Les taux de pénétration de marché étant relativement longs - l'âge de retrait du parc auto est aujourd'hui en moyenne de 13 ans -, nous parviendrons aisément à alimenter le marché d'ici à 2020, grâce à l'optimisation de notre parc. A cette date, les voitures électriques devraient représenter moins de 1 % de la consommation électrique. Par ailleurs, dans tous les cas, nous ne croyons pas à l'hégémonie de la voiture électrique. Elle coexistera avec d'autres technologies. 

Quelles perspectives économiques représente la croissance de ce marché pour EDF ?

Elles sont considérables. Mais nous restons prudents. Nous attendons la validation de la technologie de la batterie lithium-ion. 

Intervenez-vous également en amont en collaboration avec les professionnels de l'habitat afin d'intégrer le véhicule électrique dans les futures « habitations durables » ?

Bien sûr. Il y a plusieurs questions : où positionner le mieux le système de charge ? Peut-on imaginer une interaction entre ce système et un garage couvert de cellules photovoltaïques ? Toyota a ainsi présenté au Japon un système électrique totalement intégré à l'intérieur d'une maison, dans laquelle la batterie de la voiture servait de générateur de secours en cas de panne du système principal, ce qui peut arriver dans l'Archipel en cas de tremblement de terre, par exemple. Ce qui est intéressant, c'est que la commercialisation en masse des véhicules électriques interviendra au moment où toutes les technologies seront à maturité pour apporter de l'intelligence à votre mobilité.

En savoir plus :
25% des voitures seront électriques en 2020 : interview (25/06/2008)
L'agglomération parisienne bientôt peuplée d'Autolib' (20/06/2008)


Raphaële Karayan

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