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L'Usine de l'Energie

Ecologie, protectionnisme, SMIC… On a scanné pour vous les programmes économiques des principales listes aux européennes

Solène Davesne , , ,

Publié le

Plus q'une semaine pour se décider. Difficile de s’y retrouver parmi les 34 listes qui s’affronteront le 26 mai lors des élections pour le parlement européen. Les propositions prônées par les principales listes sont parfois très proches.

Ecologie, protectionnisme, SMIC… On a scanné pour vous les programmes économiques des principales listes aux européennes
Les élections européennes se tiendront le 26 mai.

A une semaine du scrutin, un fait semble acquis. Les élections européennes, qui auront lieu le 26 mai, ne passionnent toujours pas les foules. Pas forcément la faute des Français, alors que la répartition complexe des rôles à Bruxelles entre les parlementaires européens, la Commission et le Conseil n’aide pas à comprendre ce qu’apportent les premiers. Noyé au milieu d’un nombre record de listes – 34 au total – difficile aussi de s’y retrouver dans les propositions. D'autant que hormis certains marqueurs idéologiques (le Rassemblement national veut supprimer la Commission européenne, la France Insoumise plaide pour une renégociation des traités), il y a peu de lignes de clivage, en particulier sur les questions économiques. Certains sujets, pourtant cruciaux dans le prochain mandat comme les enjeux numériques, sont peu couverts par les candidats.

Pour décrypter les programmes nous avons passé en revue les propositions des six listes données en tête des sondages et susceptibles d’envoyer des députés à Bruxelles à Strasbourg sur cinq grands enjeux du prochain mandat européen.

1 - Faut-il un SMIC européen ?

Pour limiter les trop grands écarts de salaires au sein des Etats-membres, l’idée d’un SMIC au niveau européen trouve un large écho en France. La République en Marche et à gauche, France insoumise, EELV et Envie d’Europe (la liste Place publique de Raphaël Glucksmann et du PS) défendent la proposition. Mais selon des modalités un peu divergentes. Le parti de Nathalie Loiseau évoque l’instauration d’un salaire minimum proche de 50 % du revenu médian de chaque pays. EELV prône 60 % du salaire médian – ce qui est plus ou moins le niveau du SMIC français - tandis qu’Envie d’Europe (65 % du salaire médian) et France insoumise (75 % du salaire médian) avancent des montants supérieurs.

Sur ce sujet, la marge de manœuvre de l’Union européenne est cependant étroite. L’Europe ne peut se borner qu’à pousser des coopérations entre Etats alors que cinq Etats-membres ne disposent pas de salaire minimum légal. Seul le Rassemblement national (RN) s’oppose au dispositif, estimant qu’une harmonisation sociale entraînerait une baisse des salaires français. Au-delà de la question du SMIC, le RN et France insoumise réclament aussi l’abolition pure et simple de la directive sur le détachement des travailleurs.

2 - Que faire de la zone euro ?

La campagne européenne de 2014 s’était jouée en grande partie sur le clivage sur l’abandon de la monnaie commune. Depuis que le Rassemblement national a tourné casaque sur le maintien de la France dans la zone euro, le sujet ne fait plus débat. La réforme du fonctionnement des institutions de la zone euro, encore inachevée, guère plus. Les propositions sont largement techniques.

La question de l’indépendance de la Banque centrale européenne reste posée à gauche (EELV veut renforcer le contrôle du parlement sur la BCE et, comme France insoumise et RN, lui adjoindre un objectif de lutte contre le chômage). Les Républicains et LREM préfèrent eux mettre davantage en avant la nécessité de transformer l’euro en monnaie internationale de référence, pour concurrencer le dollar et contourner l’extraterritorialité imposée par les Etats-Unis. Avec une limite : l’internationalisation de la monnaie unique ne se décrète pas et dépendra d’abord de la confiance qu’inspire l’euro aux investisseurs. Et donc à l’achèvement de sa construction.

3 - Quelles protection contre la concurrence étrangère ?

Encore moins facile de départager les candidats sur la question de la protection des entreprises européennes face à la concurrence étrangère. Dans son programme, même Europe Ecologie les verts n’hésite plus à mettre en avant des "outils de protectionnisme intelligent". De fait, une proposition fait consensus : instaurer d’une taxe carbone aux frontières, afin de contrer la concurrence de produits qui ne respecteraient pas les normes sociales et environnementales européennes. "On sait que c’est très compliqué à mettre en place", pointe Philippe Varin, le président de France industrie.

Certains vont plus loin. Envie d’Europe comme EELV proposent de revenir sur la ratification du traité de libre-échange avec le Canada. Les Républicains plaident eux pour une clause de révision tous les cinq ans des accords de libre-échange.

Le protectionnisme prôné ne s’arrête pas toujours aux frontières de l’UE. Pour France insoumise, "des écluses douanières" devraient être installée entre groupes d’Etats-membres pour "stopper les délocalisations internes". Les Républicains plaident pour une "double préférence" européenne et française ambiguë pour les entreprises dans les marchés publics.

4 - comment accélérer la transition écologique ?

1 000 milliards sur 5 ans d’euros pour financer la transition écologique de l’Europe : c’est le chiffre qu’avance la liste de Raphaël Glucksmann, Envie d'Europe, dont la moitié financée par une Banque européenne du climat. Un montant similaire à celui qu’avance Europe Ecologie Les Verts, mais sur 10 ans cette fois. Pour le financer, Yannick Jadot, la tête de liste, prône la création de taxes européennes sur l’accumulation du capital. Autre instrument : la possibilité de sortir les dépenses en faveur du climat et de la transition énergétique du calcul des 3 % de déficit public. Plus prudente, la République en Marche estime "qu’au moins 1 000 milliards d’euros sont nécessaires d’ici 2024 par développer les énergies et les transports propres et rénover les logements", qui pourraient être apportés en partie par une Banque du climat. Les Républicains prévoient un plan européen pour le climat financé par des prêts à taux zéro mais sans fournir de montant.

Autre sujet qui trouve un large écho : la fiscalisation du kérosène des avions, mais aussi l’interdiction des plastiques non recyclables, à partir de 2025 pour la République en marche. Mais il existe aussi des divergences profondes sur les enjeux énergétiques. La France Insoumise, qui veut renforcer les objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’Europe pour 2050, réclame une dissolution d’Euratom, l’organisation chargée de la supervision des collaborations et échanges de matières nucléaires dans l’UE et une sortie du nucléaire en 2050.

5 - Quelle politique pour soutenir l’industrie européenne ?

L’affaire est entendue pour les Républicains comme la République en Marche, Envie d’agir et EELV depuis les déboires du mariage Alstom-Siemens en début d’année: l’Europe doit réformer son droit de la concurrence si elle veut pouvoir se doter de grands champions capables de rivaliser avec ses concurrents chinois ou américains. Les Républicains plaident pour imposer des dérogations aux règles de concurrence dans un certain nombre de secteurs stratégiques. Seule voix dissonante : La France insoumise exige un droit de regard pour le parlement dans le contrôle des concentrations. Mais pour pouvoir bloquer les rachats hostiles risquant d’aboutir à des destructions d’emplois.

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