Election présidentielle 2017

Duel Macron-Fillon devant les patrons

Solène Davesne , , , ,

Publié le

Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon ont planché sur leur programme économique devant les adhérents du Medef

Duel Macron-Fillon devant les patrons

"Macron a été presque aussi bon que Fillon", commente un patron, avant de filer. Les trois candidats en tête des sondages dans la course à la présidentielle - Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon – ont détaillé leurs programmes économiques devant le Medef et une dizaine d’autres organisations patronales, dont l’Afep et le groupe des fédérations industrielles, chacun pendant une heure. Un quatrième candidat, Jacques Cheminade les avait précédés sur l’estrade. Entre le leader d’En marche et le candidat des Républicains, le cœur des patrons balance. "La fin des 35 heures et de l’ISF que défend François Fillon sont des idées fortes que nous portons depuis des années", estime Bernard Hagège, le PDG d’Atemation. "Mais Emmanuel Macron est ouvert aux entreprises et saura les consulter s’il est élu", hésite encore le patron.

Pierre Gattaz préfère François Fillon

Pour le patron du Medef en revanche, la préférence est nette. Pierre Gattaz attend encore "des précisions" de la part d’Emmanuel Macron, alors qu’il estime "très juste" le programme de François Fillon. Plusieurs fois applaudi pendant son intervention, François Fillon a concentré ses attaques contre son adversaire d’En Marche présenté comme le "candidat du surplace". Baisse des dépenses publiques à 50 % du PIB, réduction des charges sur le travail quel que soit le niveau de salaires ont de quoi satisfaire le parterre d’adhérents de l’organisation patronale."Sans baisse des dépenses publiques, il n'y a aucune chance de redresser ce pays", déroule le candidat. 

Emmanuel Macron met lui en garde contre les promesses "intenables". Une pique directe au candidat de la droite. Mais c’est sur sa méthode qu’Emmanuel Macron est attendu. "Nous avons envie de ce que vous avancez, mais je ne comprends pas comment vous allez le faire", tacle Sophie de Menton, la présidente d’Ethic dirigeante, installée sur l’estrade avec d’autres chefs d’entreprises. "Sur le travail du dimanche, si nous avions eu recours à la loi, il y aurait eu des gens dans la rue. J’ai fait confiance au dialogue social, au final cela a pris un an et demi mais des commerces ont ouvert dans des quartiers où ils ne l’étaient pas", défend le candidat, en promettant de passer ses grandes lois sur le droit du travail et la formation professionnelle avant l’automne, et entend aussi renvoyer au dialogue social dans l’entreprise la possibilité de déroger aux 35 heures et à celui des branches la question de la pénibilité.

Les PME priorités de Marine Le Pen

Des propositions qui peuvent faire mouche sur les petites entreprises. Son projet de sortie de l’euro ou de protectionnisme intelligent consitue en revanche un chiffon rouge pour les patrons. "Revenir à une monnaie nationale n’est pas pour nous replier mais pour partir à la conquête du monde. Je ne souhaite pas l’effondrement et le chaos", jure-elle en exhortant à "arrêter les caricatures". Idem sur le protectionnisme intelligent qui s’apparenterait selon elle à de la "microchirurgie des droits douanes décidés avec les entreprises et les branches". Pas sûr qu’ils soient conquis.

 

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