Doing Business 2015 : bon ou moins bon pour le Maroc ?

Le Maroc a-t-il amélioré son classement d'une année sur l'autre dans la facilité à faire des affaires ? D'habitude, il suffit de regarder le rang atteint l'année en cours pour le savoir. Ce n'est plus le cas cette année si l'on se réfère au classement Doing Business 2015 publié par la Banque mondiale. Explications.

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Doing Business 2015 : bon ou moins bon pour le Maroc ?
Le classement Doing Business 2015 refléte la facilité de faire des affaires dans un pays

Plus 16 ou moins 3 ? Le classement Doing Business 2015 de la Banque mondiale reflétant la facilité à faire des affaires, publié le 29 octobre classe le Maroc à la 71e place sur 189 pays. Le précédent classement, celui de 2014, publié fin 2013 plaçait le Maroc à la 87e place. 16 places de mieux pour le royaume en apparence ? Rien n'est moins sûr.

les critères ont changé

En effet, les critères retenus par les équipes de la Banque mondiale pour établir ce classement de référence ont changé. Par conséquent le résultat aussi. Selon les critères en vigueur jusqu'au classement Doing Business 2014 (publié fin 2013) sur la protection des investisseurs, la facilité de créer une entreprise, le commerce transfrontalier ou l’octroi d’un permis de construire, le Maroc a bien grimpé de 16 places (voir le rapport complet sur le Maroc ci-dessous).

Mais voilà, le nouveau classement Doing Business 2015, se base sur une nouvelle méthode, à savoir dans le jargon de la Banque mondiale la “distance par rapport aux frontières“.

Cette "distance de la frontière" situe une économie par rapport à la meilleure performance réalisée parmi 189 pays. Elle devient donc la nouvelle référence (frontière) dans le classement Doing Business 2015.

Du coup, ce n'est plus un critère mesuré dans l'absolu à un moment donné qui compte mais le niveau atteint dans le temps par rapport aux meilleures pratiques mondiales, un benchmark dynamique donc.

le Maroc … recule de 3 places

Si l'on compare les pratiques qui facilitent les affaires par rapport aux meilleures pratiques mondiales, le Maroc recule de 3 places par rapport au classement recalculé publié à la fin de l'an dernier. A noter que ces derniers jours, cette situation a créé de la confusion dans les milieux politiques et économiques marocains, certains dont le chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane se flattant des bons résultats du royaume cette année, sans faire état de la nouvelle méthodologie et du recul selon celle-ci.

Concrètement, selon le Doing Business 2015, le Maroc a réalisé ses meilleures performances dans le transfert de propriété (+11), le commerce transfrontalier (+9) et l'octroi du permis de conduire (+1) et les moins bonnes dans le paiement des taxes et impôts (-9), la création d'entreprise (-7) et l'obtention de prêt avec le règlement de l'insolvabilité (-5).

Pour savoir selon ce nouveau critère de "distance de la frontière" comment avance le Maroc, il faudra patienter jusqu'à la publication du prochain Doing Business 2016. A condition de garder les même critères.

En attendant, comme l'an dernier, et quelque soit, la méthodologie Singapour a gardé la place n°1 du classement mondial cette année encore.

Nasser Djama

Comparaison du Doing Business dans la zone médterranéenne
Si l'on compare les rangs obtenus dans le Doing Business "3+3" soit 3 pays de part et d'autre de la Méditerranée, la rive nord l'emporte avec le Portugal 25e , La France 31e et l'Espagne 33e.
Le podium de la rive sud est formé lui par la Tunisie 60e, le Maroc 71e et l'Algérie 154e.

Performance Doing Business 2015 de quelques pays méditerranéens

(rang 2015 sur 189 pays et rang fictif 2014 selon la nouvelle méthodologie,

rappel du rang 2014 selon l'ancienne méthodologie)

Doing Business 2015 : le rapport sur le Maroc (en anglais)

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