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Dirigeants, choisissez bien votre club

Marion Garreau ,

Publié le

Pour pallier la solitude du chef d’entreprise, la France compte environ 10 000 clubs. Conseils à suivre avant d’en rejoindre un.

Les entreprises citées

Échanger, se former, partager un moment convivial ou développer son business, un dirigeant d’entreprise a bien des raisons de rejoindre un club ou un réseau de pairs. Selon Alain Bosetti, créateur de Place des réseaux, il existe en France environ 10 000 clubs de dirigeants, qui fédèrent un quart de ceux à qui ils s’adressent. Ce nombre va avec une très forte diversité. Des clubs locaux, rattachés à une chambre de commerce et d’industrie (CCI), aux réseaux nationaux et leurs sections locales, en passant par les fédérations de secteur, tous les clubs ne se ressemblent pas. Leurs raisons d’être sont même parfois diamétralement opposées. Dès lors, comment être sûr d’entrer dans la bonne maison ? Retours d’expériences pour décrypter un choix à fort impact sur la santé de l’entreprise.

1. Sélectionner selon son profil

Le parfait exemple des clubs s’adressant à un profil particulier sont ceux de femmes dirigeantes, tels Action’elles ou Femmes chefs d’entreprise (FCE). Patricia Vialle Martin a rejoint il y a quatre ans la délégation FCE des Pyrénées-Atlantiques. « J’évolue dans un monde très masculin et je ressens beaucoup d’incompréhension, voire d’isolement, quand j’ai à défendre des idées liées à mon personnel féminin ou quand je m’oppose à des décisions de mes collègues masculins », explique la directrice générale de la société Abel Crabos, spécialisée dans le recyclage de plumes pour duvet. Pour la dirigeante, sa première participation à une rencontre de FCE, où intervenait un inspecteur du travail, a été un « coup de foudre ». « J’ai enfin eu des réponses pratiques, des exemples que je n’avais trouvés nulle part ailleurs. » Un apport en permanence renouvelé.

De leur côté, les dirigeants de start-up se retrouvent souvent dans les réseaux liés à l’octroi d’un prêt d’honneur, comme Initiative France ou Réseau Entreprendre. Au-delà de l’aspect financier, ils assument une vraie dimension d’accompagnement. « Nous avons rejoint le Réseau Entreprendre au moment de basculer les collaborateurs de la start-up du statut d’autoentrepreneur à celui de salarié, se souvient Geoffrey Bruyère, cofondateur de la plate-forme de mode masculine Bonne Gueule. Nous avions alors 26 ans et endosser le rôle de patron n’était pas naturel pour nous. Nous avions besoin d’être formés. » Faire partie de Réseau Entreprendre a permis aux quatre dirigeants d’être coachés par un ancien grand patron, François Barbier. « Le mentor n’est pas là pour faire les choses qu’on ne sait pas faire, mais pour nous permettre de nous poser les bonnes questions », souligne Geoffrey Bruyère. L’un des objectifs du Réseau Entreprendre est la création d’emplois. Une réussite concernant Bonne Gueule, qui en a créé une vingtaine en trois ans de « mentoring ».

2. Bien cerner ses objectifs

Pour décider de sa paroisse, il est aussi essentiel de bien identifier ses attentes. Areeba Rehman, fondatrice des plate-formes de transport et livraison FretBay et MyBoxMan, est membre de CroissancePlus, Femme du Numérique et ­BPIfrance Excellence. « Ce sont trois clubs complémentaires et je sais bien ce que chacun m’apporte », souligne-t-elle. Pour la dirigeante, BPIfrance Excellence permet d’avoir accès à des formations « de très bon niveau et liées aux compétences, comme le management, la fiscalité, ou l’épargne salariale ».

De son côté, CroissancePlus demande à ses membres d’être engagés sur un modèle entrepreneurial sociétal et participatif. « C’est ce qui m’a attiré chez eux, souligne Areeba Rehman. Cela concerne par exemple la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la participation des salariés au capital. Je découvre les pratiques des autres, comprends ce qui fonctionne ou non, ce qui m’aide à me positionner. » Enfin, si elle lui a beaucoup apporté lors de sa première levée de fonds, l’adhésion à Femme du Numérique est surtout devenue un moyen de porter certaines problématiques à l’oreille des politiques, comme lorsqu’elle a pu rencontrer l’ex-ministre du Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem pour lui exposer les obstacles rencontrés dans son parcours.

Denis Coret, à la tête de la société REP Gestion, est de son côté à l’APM (Association progrès du management) pour faire des affaires, mais aussi pour « progresser en tant que dirigeant ». « L’APM est un espace de réflexion, de respiration, qui nous permet de mieux comprendre le monde », fait-il valoir. Digitalisation, politique importatrice des États-Unis, intégration de la diversité en entreprise sont autant de problématiques sur lesquelles ont récemment planché Denis Coret et son club (l’APM en compte 380 dont 80 à l’étranger). « L’APM fonctionne comme un alambic, évalue le dirigeant. Il faut à peu près trois ans pour sentir la transformation. Bien sûr, j’ai davantage de salariés et de chiffre d’affaires, mais surtout je gère mieux mon entreprise. »

3. Anticiper l’engagement demandé

Tous les clubs ne demandent pas le même investissement. Certains organisent des événements où la participation est libre, comme Femme du Numérique et les sections syndicales du Medef ; d’autres comme l’AMP, CroissancePlus et le CJD (Centre des jeunes dirigeants) imposent une présence régulière à des rencontres en petit comité. Un point à bien considérer. « Un club fonctionne sur la confiance, elle ne peut pas s’instaurer si l’on se voit en pointillé, estime Alain Bosetti. Il faut être sûr d’avoir la disponibilité demandée. Moi j’estime qu’un club apporte beaucoup quand on y est réellement investi, en participant à des événements annexes comme les visites d’usines. »

Loïc Dufour, gérant d’une société de bâtiment depuis 2015, est adhérent d’une section locale du CJD, de la Fédération française du bâtiment et du Business network international (BNI). Trois engagements différents. N’ayant pas trouvé les opportunités commerciales qu’il espérait au BNI, il y envoie désormais son chargé d’affaires. Il ne contacte sa fédération que lorsqu’il a besoin d’un renseignement technique ou juridique. Au CJD en revanche, il anime la commission Sport santé et bien-être du dirigeant et travaille sur l’organisation d’un premier congrès régional. Soit deux à trois jours d’investissement par mois, pleinement justifié selon lui : « Le CJD permet de se former, de se développer et de rompre la solitude. Pour moi, il est la seule école qui apprend à être dirigeant. » Un discours semblable à celui des adhérents de l’APM. Pour choisir entre des réseaux proches, il ne faut pas hésiter à creuser dans les valeurs qu’ils portent ou à regarder les actions propres aux sections locales. Sans oublier d’en parler à ses proches. Car c’est le plus souvent par cooptation que l’on rejoint un club.?

Des clubs aux objets variés

  • Business Business network international, les clubs locaux rattachés au CCI.
  • Partage de compétences et d’expériences Centre des jeunes dirigeants, Association progrès du management, Action’elles, Réseau Entreprendre, CroissancePlus, Femmes chefs d’entreprise.
  • Formation BPIfrance Excellence, Initiative France, France Active.
  • Dynamique locale Clubs des agences de développement économique locales, des CCI, municipalités et communautés d’agglomérations.
  • Intérêts et expertise Les fédérations sectorielles, les organisations syndicales, le Comité.

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