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Dijon inaugure la smart city 2.0

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Centré sur la donnée, décloisonnant les silos et s’étendant sur 24 communes, le projet que vient de lancer Dijon Métropole représente la nouvelle génération de ville intelligente.

Dijon inaugure la smart city 2.0
À Dijon, une tour de contrôle unique pilotera les lampadaires, les carrefours…

L’autocongratulation est de mise dans ce genre d’exercice. L’aréopage de grands patrons venus le 7?septembre à Dijon (Côte-d’Or) présenter à la presse avec le maire de la ville, François?Rebsamen, le projet Gestion connectée de l’espace public de Dijon Métropole n’a pas fait dans la demi-mesure. « Nous allons réaliser la première smart city française, probablement la première au monde », lance Martin?Bouygues, le PDG de Bouygues. « Ce projet pionnier va faire de Dijon une référence mondiale », prophétise Jean-Louis?Chaussade, le directeur général de Suez, tandis que Christophe?Bonnard, le président du country board France de Capgemini, salue « l’audace de cette première internationale ». Derrière l’emphase se trouve bien une véritable avancée : avec les 24?communes de la métropole couvertes par ce projet fondé sur la data, Dijon inaugure la smart city de deuxième génération. Celle qui pourrait bien être capable de tenir ses promesses.

Six postes de contrôle en un seul

Le contrat de 105?millions d’euros sur douze ans remporté par le consortium formé de Bouygues Énergies & Services, Citelum (EDF), Suez et Capgemini consiste en la réalisation et la gestion d’un poste de pilotage connecté et centralisé des équipements de l’espace public de la métropole. Il réunira six postes de contrôle aujourd’hui séparés : sécurité, police, supervision urbaine, circulation, neige, Allô mairie. Fini la traditionnelle gestion en silos ! Lampadaires, caméras de surveillance, véhicules de la ville, capteurs environnementaux, carrefours et bâtiments publics seront connectés et remonteront leurs données vers une unique tour de contrôle. Qui, outre le pilotage de ces équipements, diffusera les données anonymisées en open data. Pour Carmen Munoz-Dormoy, la directrice générale de Citelum, ce projet se distingue des démarches engagées un peu partout dans le monde, qui se concentrent sur un ou deux silos ou se cantonnent à un quartier : « Ici, il s’agit à la fois d’intégrer de multiples silos et de déployer le dispositif sur une ville entière. »

Pour pionnier qu’il soit, ce projet reste bien ancré dans le quotidien des villes. Le maire et président de Dijon Métropole met en avant les gains de performance et les économies que doit permettre la mutualisation des services techniques. Pointant « un contrat de performance évalué sur résultats », François Rebsamen attend « une division par deux des dépenses d’entretien, soit une économie de 15?millions d’euros ». De quoi se donner de la marge pour « mettre le citoyen et ses usages au cœur des services publics » via l’exploitation des données collectées. Et d’annoncer une série de services : « Informations sur la qualité de l’air et sur la disponibilité des places de stationnement, adaptation des horaires d’ouverture des espaces publics, modulation de l’éclairage en fonction de la fréquentation… Et tout ce qu’il restera à inventer. »

L’invention de nouveaux services, ce seront les citoyens et les entreprises qui l’assureront en s’emparant des données publiées en open data. Certes la complexité technique du projet ne doit pas être sous-estimée. Des API (interfaces logicielles) multiprotocoles innovantes ont dû être développées pour dialoguer avec des systèmes hétérogènes. Construire un référentiel unique et évolutif de tous les objets connectés n’est pas une mince affaire. Un moteur de règles fondé sur l’outil open source Node-RED s’avère indispensable pour aiguiller et filtrer les flux de données. Mais l’innovation la plus importante est probablement le choix de l’open data. « Un choix politique assumé, souligne François Rebsamen. Les données publiques sont un bien commun. C’est innover que de porter cette exigence auprès de grands acteurs privés. » 

« La véritable innovation, c’est le projet de la ville »

Jean-Christophe Perraud, directeur général de Bouygues Énergies & Services

  • Quelle importance a pour vous ce contrat ?

C’est un contrat majeur. Pas par son montant, mais parce qu’il nous positionne en ensemblier de la ville intelligente. La smart city, qui inclut le smart building et le smart grid, est au cœur de notre stratégie. Et nous avons par nature vocation à être un intégrateur, dans cette équipe en particulier.

  • Les géants de l’IT comme IBM ou Microsoft prétendent eux aussi à ce rôle…

Peut-être, mais Dijon, ce n’est pas un projet informatique, c’est un projet de ville. Remonter et traiter des données, beaucoup d’acteurs savent le faire. Ce qui est différenciant, c’est de le faire d’une façon adaptée au fonctionnement et aux besoins de la ville. Notre expérience d’opérateur auprès des collectivités nous le permet.

  • Quelle place ont pour vous les technologies du numérique ?

Les technologies de l’information sont une brique très importante. Mais elles ne sont qu’une brique. Regardez Dijon : l’innovation n’est pas dans les technologies. La plupart existent déjà. C’est le projet de la ville, la véritable innovation. 

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