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Deux nouveaux programmes pour moderniser le Medef

Cécile Maillard ,

Publié le

Jean-Charles Simon et Fabrice Le Saché sont deux des neuf candidats à la présidence du Medef. Très bon connaisseur de l'organisation pour en avoir été directeur général pour le premier, engagé au Medef international pour le deuxième, tous deux veulent moderniser le Medef, mais pas de la même manière.

Deux nouveaux programmes pour moderniser le Medef
Fabrice le Saché et Jean-Charles Simon.
© Romuald Meigneux - Nathalie Oundjian

Leur point commun est de connaître le Medef de l’intérieur. Fabrice Le Saché (35 ans), qui dirige une société de conseil et négoce spécialisée en finance carbone, notamment en Afrique, est l’un des administrateurs du Medef international. Jean-Charles Simon (47 ans), fondateur d’une société de statistiques économiques, a été le directeur général délégué du Medef entre 2008 et 2010, mais aussi cadre de l’AFEP, l'association des grandes entreprises. Tous deux font partie des neuf candidats à la succession de Pierre Gattaz, qui quittera la présidence du Medef le 3 juillet. Focus sur leur programme, détaillé et dévoilé.

Le projet de Fabrice Le Saché, à amender après débat

Fabrice Le Saché a présenté le sien mercredi 28 mars. Il tient en 72 propositions, supposées refléter les attentes des adhérents du Medef, rencontrés pendant quatre mois dans 47 départements. Mis en ligne, il est prêt à être soumis à la critique, aux contre-propositions. Sa version "consolidée" sera présentée fin avril, avant le dépôt officiel de sa candidature.

Cœur du projet : créer une "place de services" pour les adhérents.

Le candidat se défend de vouloir concurrencer les prestataires privés, mais les services qu'il aimerait voir le Medef apporter le sont aujourd'hui par des entreprises: outils pour les services RH, comptabilité ou achats groupés ; veille juridique et fiscale ; pôle dédié à la transmission d’entreprises ; places de marché de l’emploi dans les Medef territoriaux… "A Blois, un Medef local a trouvé un emploi à près de 250 bénéficiaires du RSA", cite-t-il en exemple, tout comme les crèches interentreprises portées par un Medef du nord de la France. Pour apporter ces services efficacement, Fabrice Le Saché préconise un coup d’accélérateur dans la digitalisation du Medef : "On ne peut plus avoir un Medef qui fonctionne à l’Excel à l’heure de l’intelligence artificielle !" Diffusion en direct des événements, mutualisation des bonnes pratiques, média propre au Medef, transparence sur les organigrammes… En matière de données, "le Medef est assis sur de l’or brut", estime celui qui se revendique plus jeune candidat à la présidence de l'histoire du Medef. Autant de services qui devraient "susciter un flux d’adhésions" espère Fabrice Le Saché. Qui souhaite ouvrir le conseil exécutif du Medef à l’AFEP et même à la CPME, car "pour être efficace, il faut une unité patronale". Une proposition pour le moins iconoclaste, déjà faite un mois plus tôt par Jean-Charles Simon !

Paritarisme et dialogue social a minima

Il n’est pas contre le paritarisme, mais estime qu’il y a trop de mandataires (35 000), qui siègent dans des instances qui ne sont pas toutes utiles aux entreprises. Il réfléchit donc à une nouvelle "carte du paritarisme", souhaite former les mandataires et "aiguiser" leur doctrine. Quant au dialogue social, il le voit surtout dans l’entreprise, où le référendum devrait être généralisé selon lui. Il propose que les entreprises soient libres d’adhérer ou non à un accord de branches, ces dernières devenant elles aussi essentiellement des pourvoyeuses de services. Quant au dialogue social national, il aimerait le cantonner… au dialogue, sur les compétences, le numérique, l’environnement, sans aller jusqu’à des accords nationaux interprofessionnels.

Un programme économique à étoffer

Peu de précisions sur les propositions de réformes économiques du candidat. Sinon qu’il aimerait s’attaquer au coût du travail, et s’oppose farouchement à la surtaxation des contrats courts, "nécessaires à l’activité de certaines entreprises".

libéralisme assumé pour Jean-Charles Simon

Jean-Charles Simon a dégainé le premier un programme complet, en deux parties, l’une consacrée à "un nouveau Medef", l’autre à "un nouveau pacte social". Avec 55 propositions pour chacune d'elles.

Cœur du projet : la fin du paritarisme

"Le Medef passe 90 % de son temps à cogérer le système social français, au lieu de défendre les entreprises. Normal qu’elles se détournent de lui !" Jean-Charles Simon en veut beaucoup au paritarisme français, auquel il a consacré une étude pour l’Institut de l’entreprise en octobre 2016. Et il estime qu’il y a "une opportunité historique" de s’en débarrasser, puisque le président Macron ne le porte pas non plus dans son cœur. "C’est un devoir moral d’arrêter de cautionner ce système, qui nous éloigne des entreprises, puisque la gestion des mandats, la discussion d’accords nationaux, la gestion paritaire, absorbent toute l’énergie de l’organisation." Conséquence, selon lui, les entreprises rangent le Medef dans la sphère publique, celle qui leur impose contraintes et taxes, et ne se sentent plus représentées par lui, d’où "l’affaiblissement du fait militant" et "l’impression d’une caste parisienne".

Professionnaliser le lobbying patronal

Très sévère avec le Medef, dont il juge l’action "à peine passable, désordonnée, brouillon", il préfère citer en exemple l’efficacité de l’AFEP en matière de lobbying. Autre de ses références : le BDI, le patronat allemand, doté d’une centaine d’experts sur les questions économiques, quand il recense un responsable des études économiques au Medef à son époque… Ou le patronat britannique, "très influent, en lien direct avec les entreprises, capable d’apporter des services économiques en région". Il réfléchit à un travail beaucoup plus approfondi avec l’Institut de l’entreprise ou Coe-Rexecode. "Il faut faire un travail professionnel, technique, rationnel, il manque du professionnalisme dans l’action du Medef."

Un programme économique libéral

"La sous-compétitivité de la France provient de son modèle social et de son taux de cotisations sociales obligatoires." Il préconise de retirer toutes les obligations pour renvoyer aux entreprises et aux ménages la liberté de cotiser aux systèmes de protection qui les intéressent, et d’abaisser drastiquement les impôts de production, "qui pénalisent la France par rapport à ses voisins". Quant aux conventions collectives, il suggère aux branches (et à leurs organisations patronales) de les dénoncer, et de proposer aux entreprises des bibliothèques d’accords sociaux type. Un rôle d’accompagnement et de service. Il souhaite recentrer le travail du Medef sur les grands enjeux que sont le commerce extérieur, l’environnement, la régulation des données, et sur la construction d’un vrai marché européen.

Les candidats ont jusqu’au 3 mai pour obtenir les parrainages nécessaires au dépôt de leur candidature. Puis la campagne sera officiellement lancée, pour un vote du conseil exécutif le 11 juin et une élection par l’Assemblée générale le 3 juillet.

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