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Deux ans après la COP21, la finance commence à se verdir

Arnaud Dumas , ,

Publié le

La COP23 va s’ouvrir à Bonn mi-novembre. Les acteurs de la finance, depuis la COP21, prennent de plus en plus en compte le risque climatique dans leurs allocations d’actifs. Mais un gros travail sur l’information financière reste à faire.

Deux ans après la COP21, la finance commence à se verdir

Les répercussions de l’accord de Paris se font de plus en plus sentir dans le monde de la finance. Quelques jours après la COP23 à Bonn, du 6 au 17 novembre, Paris Europlace réunira le 11 décembre au ministère de l’Economie les acteurs mondiaux du secteur pour un nouveau Climate Finance Day, deux ans après le premier qui avait eu lieu juste avant la COP21. Le lendemain se tiendra le sommet climatique voulu par Emmanuel Macron pour relancer les projets liés à la lutte contre le dérèglement climatique.

"La finance durable était un non sujet il y a quelques années, c’est ensuite devenu un sujet pour initiés, elle est aujourd’hui sous les feux des projecteurs", analyse Pierre Sorbets, le responsable du secteur public chez HSBC France. Banques, investisseurs mais aussi émetteurs de dette ont dû verdir leurs pratiques.

Les green bonds toujours en forte croissance

Emblématique de la finance durable, le marché mondial des green bonds n’a cessé de croître ces dernières années. Il devrait atteindre autour de 120 à 130 milliards de dollars en 2017, après 81,6 milliards de dollars en 2016. Au mois de septembre, 98 milliards de dollars d’obligations vertes ont déjà été émises sur l’année 2017. La France emporte 13 % du volume d’émission des green bond, en troisième position derrière les Etats-Unis (14 %) et la Chine (17 %).

"Les Green bonds ne représentent que 1,5 % du marché obligataire global, nuance Victoria Clarke, directrice du marché green bonds chez HSBC. C’est donc très petit, mais si on regarde la croissance de ce marché, elle a presque doublé tous les ans depuis 2013." Selon la banque, ces dettes vertes se contractent désormais à un prix équivalent aux obligations conventionnelles, la demande de la part des investisseurs étant supérieure à l’offre.

La particularité des obligations vertes tient au fait que les entreprises s’engagent au moment de l’émission à utiliser les fonds pour financer des projets liés au développement durable. Puis elles assurent un reporting régulier auprès des investisseurs pour tracer l’utilisation de l’argent.

Une forte demande des investisseurs

Au-delà des seuls green bonds, les entreprises en quête de levée de fonds sur les marchés financiers adaptent de plus en plus leur discours. Selon une étude d’HSBC, 84,4 % des entreprises européennes ont mis en place une stratégie pour réduire leur impact environnemental. La première raison qui les pousse à investir dans des projets verts est la possibilité de valoriser leur projet sur les marchés financiers. La deuxième est la pression des investisseurs.

De leur côté, les investisseurs institutionnels montrent de plus en plus d’appétit pour les projets à faible impact environnemental. L’étude d’HSBC montre que 68 % d’entre eux prévoient d’augmenter leurs investissements liés au changement climatique, une proportion qui monte à 97 % pour les investisseurs européens et 85 % pour les américains, mais seulement 19 % des investisseurs du Moyen-Orient.
Reste à trouver les projets à financer et, surtout, à s’assurer qu’ils sont bien verts. "L’insatisfaction des investisseurs sur le manque d’information vient du manque de statistiques économiques, explique Pierre Sorbets. Tout le monde est encore en train de découvrir ce marché." C’est sans doute sur ce point qu’il y a le plus de travail à faire.

Des initiatives sur l’information financière

La Task force on climate-related finance disclosures (TCFD), menée par le financier Michaël Bloomberg, est l’une des principales initiatives pour tenter de normaliser la manière dont les entreprises formaliseront leurs informations liées au climat. Elle vient de publier ses premières recommandations en juin dernier. "Tout le monde réclame des standards, assure Myriam Durand, en charge du bureau de Paris de Moody’s. Pour l’instant, il n’y a pas de grille de lecture commune."

Ce reporting climat, sur la manière dont les entreprises sont exposées au risque d’un scénario de réchauffement climatique, est capital pour les investisseurs de long terme. Il doit leur permettre de mieux allouer leurs fonds en fonction du risque. Et pousser les entreprises à rendre leurs activités plus durables.

Les agences de notation, qui évaluent la capacité d’un emprunteur à rembourser sa dette à temps, prennent d’ailleurs de plus en plus en compte le critère environnemental dans leurs évaluations. Mais seulement sous l’angle du crédit. "Nous incorporons des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans la mesure où ils vont impacter le risque crédit ou le recouvrement, explique Yasmina Serghini, responsable du groupe de travail ESG chez Moody’s et responsable Corporate finance pour la France et l’Italie. Par exemple, le risque de transition carbone fait partie de l’analyse pour les industriels de l’automobile."

Le secteur des utilities en a fait les frais. La notation de crédit moyenne est descendue de deux crans sur les dernières années. "Mais cela dépend des entreprises", confie Myriam Durand. L’allemand RWE a perdu cinq crans, quand l’espagnol Iberdrola, plus orienté sur les énergies renouvelables, n’en a perdu que deux.

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