Economie

Des Jeux olympiques pour le Grand Paris

Pascal Gateaud ,

Publié le

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a officialisé, mardi 23 juin, la candidature de la capitale aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. La préparation de ce grand rendez-vous accélèrera la construction du Grand Paris.

Des Jeux olympiques pour le Grand Paris © nuttalp - Flickr - C.C.

Le compte à rebours est lancé ! Après trois échecs, dont le dernier très douloureux face à Londres, Paris est de nouveau candidat pour organiser les Jeux olympiques et paralympiques. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a officialisé mardi 23 juin la candidature de la capitale. Le Comité international olympique (CIO) fera son choix en 2017 en départageant Paris, Rome, Hambourg, Boston et Budapest. Un siècle après les derniers Jeux organisés dans la capitale, les JO de 2024 marqueraient l’avènement du Grand Paris. L’étude d’opportunité remise, jeudi 12 février, par Bernard Lapasset, président du Comité français du sport international, à Anne Hidalgo, a permis de mobiliser les énergies en faveur de ce qui sera, en cas de victoire, les Jeux d’une métropole vieille de quelques années seulement, le Grand Paris devant être porté sur les fonts baptismaux le 1er janvier prochain.

L'argument du coût 

La candidature parisienne met en avant un coût maitrisé, de l’ordre de 6 milliards d’euros, à comparer avec les 30 milliards de Pékin 2008, les 13 milliards d’Athènes 2004 et les 10,7 milliards de Londres 2013. Un budget raisonnable, donc, rendu possible par l’utilisation de nombreuses infrastructures existantes (Stade France, Parc des Princes, Stade Jean Bouin, vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, base nautique de Vaires-sur-Marne), en cours de construction (Arena 92) ou de modernisation (Palais omnisports de Paris-Bercy, Stade Roland-Garros). Pour Paris 2024, il faudrait notamment construire un stade nautique, un village olympique – le quartier Pleyel à Saint-Denis, la friche de l’usine PSA à Aulnay ou l’aire des Vents au Bourget – un centre des médias, etc. 

Le cout pour le contribuable serait limité puisque le CIO a prévu, à partir de 2020, de porter sa contribution à 2 milliards d’euros.
La réussite des Jeux de Londres peut faire rêver sa grande rivale européenne. En organisant les Jeux de 2024, Paris accélérera la construction de sa métropole. A commencer par la réalisation du réseau de métro automatique du Grand Paris Express, dont les dates d’ouverture des nouvelles stations accusent… déjà un retard conséquent sur le calendrier initial. Le Centre de droit et d’économie (CDES) de Limoges, qui travaille, depuis sa création en 1977, sur l’impact des grands évènements sportifs, minimise les retombées des Jeux pour la France, mas pas pour le Grand Paris. "Au plan macroéconomique, l’impact d’un grand évènement sportif est faible, entre 0,5 % et 1 % du PIB, explique Didier Primault, directeur général du CDES. Les retombées sont très positives sur des territoires plus petits, sur une ville, une région."

l'exemple de Barcelone
L’exemple le plus probant reste celui de Barcelone, qui, grâce à l’organisation des Jeux de 1992, a réorganisé son territoire, en l’ouvrant sur la Méditerranée. A contrario, Athènes n’en a pas fini avec ses "éléphants blancs", la plupart des équipements sportifs étant aujourd’hui à l’abandon… "L’organisation des Jeux à Barcelone a eu un incroyable effet d’entrainement, souligne Didier Primault. Les Jeux de 2024 offriraient l’opportunité de faire ce après quoi la France court depuis un moment, le Grand Paris." C’était déjà, en 2005, l’un des enjeux du dossier de candidature de Paris pour les Jeux de 2012.

Outre l’héritage en matière de grands équipements sportifs, l’organisation des JO aurait accéléré la réhabilitation du nord-est de la capitale et du sud de la Seine-Saint-Denis, mais aussi la nécessaire modernisation d’un réseau de transport menacé de thrombose. Avec une obligation de résultat à date fixe, le réseau de métro automatique Grand Paris Express, imaginé par Nicolas Sarkozy, et relancé par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, pourrait avancer à marche forcée. Ce que réclamait l’ex-patron de la RATP, Pierre Mongin, et ce que demandent toujours les industriels du ferroviaire, soucieux de charger leurs usines françaises, aujourd’hui menacées de coupes dans leurs effectifs. La filière du BTP verrait également d’un bon œil la perspective de construire les équipements faisant aujourd’hui défaut à la métropole parisienne. Alors que les nageurs français ne cessent de s’illustrer, la France est dans l’incapacité d’organiser une compétition internationale, faute d’un grand stade nautique… Le lyonnais GL Events, devenu incontournable dans l’organisation de grands rendez-vous sportifs, et Capgemini, pour les services informatiques, auraient eux aussi tout à gagner à l’organisation de Jeux à la maison…

On rêve déjà à ce que pourrait être l’image symbole des JO de 2024, un siècle après le dernier rendez-vous olympique dans la capitale. A l’époque, un certain Johnny Weissmuller, futur Tarzan à Hollywood, se promenait en sabots au bord de la piscine des Tourelles (Paris XXe), dans  laquelle il remporta trois médailles d’or…


Pascal Gateaud

 

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