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Election présidentielle 2017

Des fonctionnaires réticents

Solène Davesne ,

Publié le

Des fonctionnaires réticents
Ministère de l'Economie et des Finances, souvent surnommé "Bercy".

Ce sera l’un des tests de la capacité à réformer. Le candidat d’En Marche ! promet de "mettre fin au système des grands corps". Un quart des directeurs d’administration centrale pourrait ainsi être recruté dans le secteur privé, sur leurs compétences. Avant lui, d’autres gouvernements avaient dressé le même constat. En figeant les perspectives de carrière, le système français a sclérosé l’administration. Et pèse sur la possibilité de réformer. Mais tous s’y sont cassé les dents. En 2008, le ministre du Budget, Éric Woerth avait commandé un rapport sur le sujet au conseiller d’État Jean-Ludovic Silicani, qui a fini dans un tiroir. Le gouvernement de Manuel Valls n’a pas eu plus de réussite quand il a tenté de supprimer le classement de sortie de l’ENA. La tâche sera-t-elle plus facile pour Emmanuel Macron, issu lui-même de l’Inspection générale des finances, le corps le plus prestigieux ? "On peut avoir des doutes sur sa capacité à y parvenir", remarque Luc Rouban, chercheur au CNRS. Les grands corps savent se mobiliser efficacement pour se faire entendre dans les ministères.

La méthode Macron n’est pas forcément la meilleure pour les amadouer. Le candidat prône un "spoil system" à la française, consistant à renommer les directeurs d’administration centrale à chaque changement de majorité. C’est déjà en partie le cas. À Bercy, Arnaud Montebourg s’était plaint de la capacité de nuisance de la direction générale du Trésor. Mais Luc Rouhan doute de l’intérêt de politiser davantage l’administration. "Elle l’est déjà trop. Les passages en cabinet ministériel sont un accélérateur de carrière. Cela crée une élite administrative hors sol, qui n’a jamais connu un usager", estime le chercheur.

Moins 120 000 fonctionnaires

Il faudra aussi convaincre les syndicats de fonctionnaires. Ceux-ci sont favorables à une réforme qui renforcerait la mobilité des agents entre les ministères. Mais les discussions risquent d’être plus tendues sur la question des effectifs. Emmanuel Macron a promis de réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires, dont 50 000 dans la fonction publique d’État. Ce qui équivaut au non-remplacement d’un départ à la retraite sur cinq. "Dans les ministères jugés non prioritaires, on ne peut pas continuer à réduire les effectifs sans s’interroger sur les missions et les moyens d’y répondre", alerte Mylène Jacquot, la secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Le candidat a promis d’accélérer la dématérialisation des procédures administratives, qui devraient toutes pouvoir être effectuées en ligne d’ici à 2022. "Sans concertation, ces évolutions d’ampleur soulèvent des réticences", met en garde la syndicaliste.

Transformer l’État implique aussi d’en modifier le logiciel. L’ancien conseiller de l’Élysée avait largement inspiré le choc de simplification, lancé en 2013. "Il y a encore 1 000 à 1 500 mesures à prendre", estime Guillaume Poitrinal, l’ex-coprésident du Conseil de la simplification qui a réussi à en mener à bien 175. Emmanuel Macron entend limiter à trois mois par an l’examen de nouveaux textes de loi à l’Assemblée pour consacrer le reste de la session parlementaire à l’évaluation.

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