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Election présidentielle 2017

Des chefs d’entreprise attentifs

Arnaud Dumas ,

Publié le

Des chefs d’entreprise attentifs
Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du MEDEF.
© Pascal Guittet

Certains d'entre eux auraient préféré François Fillon. Mais l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République reste plutôt bien accueillie par les chefs d'entreprise. L’ancien ministre de l’Économie, auteur de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques d’août 2015, se fait depuis longtemps le chantre du goût du risque entrepreneurial. Un thème qui résonne positivement aux oreilles des patrons. "Il a un discours globalement pro-entreprises et beaucoup plus favorable au climat des affaires que Marine Le Pen", avance Geoffroy Roux de Bézieux. Le programme de la candidate du Front national aurait mené à une catastrophe économique. "À commencer par la sortie de l’euro, car l’euro nous protège", explique le vice-président délégué du Medef. Le passage d’Emmanuel Macron à Bercy plaide en sa faveur. "Les seules réformes positives pour les entreprises réalisées pendant le quinquennat, c’est Emmanuel Macron qui les a faites ou qui a tenté de les faire", soutient Jean-Baptiste Danet, le président de Croissance Plus.

Les start-up numériques gardent aussi un bon souvenir du ministre. "Nous avons eu de bonnes relations avec Emmanuel Macron, Fleur Pellerin et Axelle Lemaire, explique Jean-David Chamborédon, le président de France Digitale et porte-parole du mouvement des Pigeons. Cela a permis de résoudre le problème des plus-values, de revoir le régime des actions gratuites..." Des dirigeants d’entreprise avaient publiquement exprimé leur soutien à Emmanuel Macron pendant la campagne. Comme Didier Riebel, le vice-président du groupe Arc International, qui considère que son programme est "équilibré" et qu’"il a plus de chances d’être accepté socialement. Je pense que c’est bien d’avoir gardé la référence légale aux 35 heures, c’est une question d’équilibre global."

Prudence du Medef

Maintenant qu'il est à l'Elysée, Emmanuel Macron pourra-t-il susciter l’adhésion des acteurs économiques, indispensable pour mener les réformes envisagées ? S’il bénéficie d’un a priori positif, le candidat doit encore convaincre. La profession des notaires n’a toujours pas digéré la loi Macron qui visait à libéraliser l’installation des professions réglementées. Le Conseil supérieur du notariat (CSN) a depuis entrepris un intense lobbying afin d’en réduire la portée. Le reste des acteurs économiques demeure, lui aussi, très prudent. Le Medef en tête. L'organisation patronale l'a dit entre les deux tours, elle n’accorde pas de blanc-seing au leader d’En Marche ! "Quand on regarde ses propositions en détail, il y a beaucoup d’impasses", déplore Geoffroy Roux de Bézieux. Les points d’achoppement sont nombreux, aux yeux du vice-président du Medef. Du prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) maintenu pour le patrimoine immobilier, en passant par l’extension de l’assurance-chômage aux personnes démissionnaires, les 35 heures, qu’Emmanuel Macron veut maintenir, l’âge légal de la retraite, qu’il prévoit de laisser inchangé... Sans oublier le compte pénibilité, qui, selon Stanislas de Bentzmann, le président de Devoteam, "doit être suspendu. On est dans l’urgence. Cela rajoute des contraintes lourdes à des entreprises qui n’en ont pas besoin".

La question des déficits publics cristallise la crispation des patrons. "Il faut les réduire, sinon les impôts finissent toujours par vous rattraper !", résume Jean-Baptiste Danet. Le programme d’En Marche ! prévoit 60 milliards d’euros de réduction des dépenses sur cinq ans, tout en restant sous la barre des 3 % du PIB. François Fillon envisageait, lui, 100 milliards d’euros d’économies. "Emmanuel Macron ne va pas assez loin et ses baisses programmées ne sont pas assez documentées", assène Geoffroy Roux de Bézieux.

La partie n’est pas gagnée pour le nouveau président de la République. "On ne va pas lui savonner la planche s’il est élu, nuançait Stanislas de Bentzmann, quelques jours avant le deuxième tour. Tous les entrepreneurs souhaitent qu’il réussisse, parce qu’ils ont besoin que le pays aille mieux. Mais il faut qu’il fasse des réformes." Quelques-unes de ses mesures peuvent faire consensus et renforcer son crédit. La simplification de la fiscalité du capital, avec une flat-tax de l’ordre de 30 % sur les revenus mobiliers, ou encore la réduction des cotisations patronales et salariales trouvent un écho favorable.

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