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"Demain, des entrepreneurs possèderont des robots dont ils vendront l’usage", prédit Eduardo Castello du MIT

Marion Garreau

Publié le

Convaincu que les robots feront demain partie de notre quotidien, Eduardo Castello, chercheur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) Media Lab, travaille sur le contrôle des groupes de robots, dits essaims. A l’occasion de sa venue à la conférence EmTech France, organisée les 10 et 11 octobre à Toulouse sous l’égide du MIT Technology Review, L’Usine Nouvelle lui donne la parole.

Demain, des entrepreneurs possèderont des robots dont ils vendront l’usage, prédit Eduardo Castello du MIT © HeaseRobotics

L’Usine Nouvelle – Lors de la conférence EmTech France, vous intervenez lors d'une table ronde sur le thème "Concevoir les robots pour changer notre façon de vivre". Quel est l’objet de votre intervention ? 

Eduardo Castello. Quand j’ai fait ma thèse en robotique au Japon, j’ai travaillé avec un chercheur connu pour son travail sur la robotique humanoïde. Ses travaux visaient à rendre les robots les plus sophistiqués et les plus semblables à l’homme possible. Moi j’ai pris le parti inverse. Je me suis concentré sur des machines simples, qui ne savent réaliser qu’une seule tâche et qui sont peu coûteuses, et j’ai imaginé qu’à l’avenir il y en aurait des milliers. J’ai donc travaillé sur les essaims de robots. Avec une question clé : comment est-il possible de contrôler et de faire collaborer des milliers de robots en même temps. Le constat aujourd’hui est qu’il n’existe pas une interface qui permette à un seul homme de contrôler un groupe de robots et de s’assurer que chacun réalise bien la tâche qu’il doit faire. A l’EmTech, je présente mes travaux sur les essaims de robots, liés à la question de savoir comment ils pourront un jour être déployés au milieu de nous.

Vos premiers travaux au sein du MIT portaient sur la création d’un "food computer", sorte de boîte intelligente qui reproduit le climat pour faire pousser des fruits et légumes. Quel est le lien entre ce premier projet et les essaims de robots ?

Mon objectif est de sortir la robotique des laboratoires de recherche pour l’insérer dans la vie de tous les jours et de permettre aux hommes d’avoir confiance en cette technologie. C’est mon objectif avec le "Food Computer", dont un prototype existe depuis mi-2016. Aujourd’hui, j’aimerais me servir de cette création pour tester la technologie de contrôle des essaims de robots sur laquelle je travaille. L’idée est par exemple de mettre des "Food Computers" dans les villes, les quartiers ou encore les pays en développement afin de créer un véritable terrain d’expérience. 

Sur quelle technologie de contrôle des essaims de robots travaillez-vous ?

Il s’agit de la blockchain, la technologie qui est derrière la monnaie virtuelle des Bitcoins. Avec elle, nous pourrons sécuriser les transactions et rendre la robotique plus transparente. D’un côté, quand un robot aura accompli la tâche que vous lui demandez, faire pousser des tomates ou récupérer des données pour vous par exemple, vous pourrez le payer de manière sécurisée, ce qui lui permettra de se recharger, de se réparer et de rémunérer son propriétaire. Les robots seront alors un outil autonome et rentable. De l’autre côté, la blockchain peut permettre de rendre la robotique transparente. Quand les robots seront présents dans nos maisons, la question de savoir quelles données ils collectent et qui les récupère sera primordiale, et c’est grâce à la blockchain que nous pourrons savoir cela.

Pourquoi pensez-vous que demain les robots seront simples, déployés à grande échelle et payés par le consommateur, alors qu’aujourd’hui les premiers robots de service sont relativement chers et payés par les entreprises ?

Ma vision des choses est plutôt nouvelle mais elle n’est pas surprenante si l’on considère la manière dont la technologie se déploie aujourd’hui. La possession est devenue moins importante que l’accès. Uber n’a pas de voiture et Airbnb pas d’immeuble. Ils vendent seulement de l’usage. Selon moi, personne ne dépensera beaucoup d’argent pour un robot utilisé 20% du temps. Je pense plutôt que des entrepreneurs possèderont des robots dont ils vendront l’usage. Il pourrait aussi s’agir d’acteurs publics comme des mairies mettant à disposition des "Food computers". Mon objectif est de trouver la technologie qui sera au cœur de ce système. Je veux expérimenter la blockchain pour rendre les robots transparents pour la société, pour permettre aux citoyens et aux consommateurs d’avoir confiance en eux et de les considérer comme une innovation positive.

Propos recuellis par Marion Garreau

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