Economie

[Déconfinement] Arnaques aux masques de protection individuelle, comment éviter les pièges ?

Hubert Mary , , , ,

Publié le , mis à jour le 04/05/2020 À 12H35

Actualisation sur le prix des masques chirurgicaux et grand public. Face à l'explosion de la demande en masques de protection individuelle, les offres frauduleuses se multiplient. Faux sites internet, prix exorbitants, falsification de certificats... Comment éviter les arnaques et être sûr d'acheter un produit de bonne qualité? L'Usine Nouvelle fait le point.     

Arnaques aux masques de protection individuelle, comment éviter les pièges ?
Avec l'explosion de la demande, les arnaques aux masques de protection individuelle se multiplient.
© Jusdevoyage/Unsplash

Sommaire du dossier

Lors de son discours sur l'après-11 mai, Edouard Philippe a annoncé devant les parlementaires le 28 avril qu'il sera "préférable dans de nombreuses circonstances, de porter un masque" et a appelé "toutes les entreprises" à équiper leurs salariés. Le Premier ministre a également annoncé leur obligation dans les transports en commun.

Avec l'explosion de la demande, les offres – et les arnaques - se multiplient sur internet. L'Usine Nouvelle vous livre quelques conseils pour éviter les pièges.

Les masques chirurgicaux plafonnés à 95 centimes, pas d'encadrement des prix pour les masques en tissu

Alors que la demande de masques explose à une semaine du déconfinement, le gouvernement a décidé de plafonner le prix des masques chirurgicaux à 95 centimes mais pas celui des masques en tissu, dits masques grand public, en raison de la diversité des offres et de leur provenance. Le nombre d'utilisation pouvant varier de 5 fois à 40 fois en fonction du nombre de lavages préconisé.  

Face à l'envolée des prix, Agnès-Pannier Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Economie, a annoncé dans un communiqué que des enquêtes de la DGCCRF serait menées "chaque semaine chez les fabricants et importateurs de ces masques, ainsi que dans la distribution" afin de garantir un approvisionnent à des prix accessibles. Ces contrôles vérifieront que des "tests probants quant à leurs performances de filtration" ont bien été effectués et qu’ils sont "accompagnés des informations nécessaires à la bonne information des consommateurs" (notice d'utilisation, garantie de filtration, nombre de lavages, apposition du logo, etc.), poursuit le communiqué. La DGCCRF communiquera régulièrement "sur les fourchettes de prix pratiqués dans les réseaux de distribution" afin d'informer le grand public. Une "task force" interministérielle anti-arnaques Covid-19 a déjà permis de "déréférencer plusieurs dizaines de milliers d'annonces et fermer une centaine de sites". Par ailleurs, la plateforme Signal conso, accessible sur le site de la DGCCRF, a recueilli 1 200 signalements d'abus de la part de consommateurs au 1 er mai.  

"L'objectif (est) qu'une offre abondante de masques lavables et réutilisables à filtration garantie soit mise à disposition du public à un coût de l'ordre de 20 à 30 centimes d'euros à l'usage", a indiqué le ministère de l'Economie dans un communiqué.

Un recours à l'encadrement des prix sera décidé en cas de dérive des "marges". "On prendra un arrêté" en ce sens, a déclaré la secrétaire d'Etat.  

Les masques chirurgicaux et textile seront disponibles dans les grandes surfaces, les bureau de tabac, les petits commerces et les pharmacies à partir du 4 mai.

Quelles sont les arnaques les plus fréquentes ?

Les remontées de terrain les plus fréquentes concernent des "prix excessifs ou des allégations tarifaires fantaisistes", explique François Carlier, directeur de cabinet au sein de l'association nationale de consommateurs CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie). "Des masques trop peu filtrants circulent aussi", poursuit-il. Rappelons que le minimum de filtration pour un masque grand public de catégorie 2 (c'est-à-dire ceux recommandés pour les personnes qui ne sont pas en contact direct avec le public ou des collaborateurs) est de 70% des particules de 3 microns.

"Il n'existe pas de marché noir, mais plutôt un marché gris très brumeux, confie François Carlier. Les gens se débrouillent comme ils peuvent, entre les masques confectionnés par eux-même et ceux qu'on achète sur internet. La normalisation des produits par la mise en place d'un logo attribué par l'Etat à partir du 4 mai va assainir le marché, mais quand on demande à la secrétaire d'Etat à l'Economie si les masques qui n'en comportent pas ou que l'on fait soi-même pourront être utilisés dans les transports en commun, elle répond positivement. Je pense que le gouvernement a peur de ne pas avoir assez de masques sous logo."     

Vers qui se tourner ?

Plusieurs initiatives lancées par les pouvoirs publics permettent de faire le tri parmi les fournisseurs.

L'Association Française de Normalisation (AFNOR) a lancé le 14 avril une plateforme numérique baptisée "masques solidaires" pour mettre en relation les fabricants de masques (artisans, industriels et particuliers) et les employeurs désireux d'équiper leurs salariés. Y sont référencés les "masques barrières" qui respectent le cahier des charges élaboré par l'AFNOR ("AFNOR Spec – Masques barrières") en collaboration avec 150 experts (fabricants de textiles, professionnels de santé, organismes de contrôle…).

La plateforme vient appuyer l'initiative de l'AFNOR baptisée "je fais mon masque barrière", qui permet de télécharger une notice de confection de masques grand public. "La plupart des usagers sont des particuliers", a précisé son directeur général Olivier Peyrat lors d'une conférence de presse, annonçant que l'AFNOR avait comptabilisé plus d'un million de téléchargements au 27 avril.

Ces masques pourront être utilisés dans l'espace public ou dans le milieu professionnel (hors santé). "Les offreurs de masques s’engageront également à les proposer gratuitement, ou à prix coûtant", précise l'AFNOR sur son site. A 16 avril, 800 offreurs étaient référencées et plus de 20 000 demandeurs.

Autre initiative, le portail StopCovid19.fr permet aux entreprises de s'approvisionner auprès de producteurs nationaux pour une commande d'au moins 5 000 masques. Lancé par l'entreprise française Mirakl, spécialisée dans les solutions de place de marché, avec le concours de la Direction Générale des Entreprises (DGE) et du ministère de l'Economie, il a permis à 1 390 000 masques d'être déjà commandés. 

Par ailleurs, une liste d'entreprises productrices de masques ayant obtenu une certification de la DGA (Direction Générale de l'Armement) avec leur coordonnées est régulièrement mise à jour sur le site du ministère de l'Economie. A ce jour, 390 modèles créés par 290 entreprises françaises ont passé les tests avec succès.

 

Comment s'assurer de la fiabilité des masques ?

La secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, a esquissé le 27 avril les contours d'une réponse à la question de la fiabilité des masques mis sur le marché. L'Etat va mettre au point un logo pour distinguer les différents masques grand public. Seuls les modèles testés et validés par la DGA pourront le faire figurer. Des informations relatives au nombre de lavages, au mode d'emploi, à la catégorie du masque (catégorie 1: 90% de filtration des particules de moins de trois microns, catégorie 2 : 70%) et aux consignes d'utilisation devront être par ailleurs renseignées.

Bureau Veritas, groupe mondial d'expertise et de certification, propose aux entreprises de vérifier le certificat des masques qu'elles achètent. "Nous avons mis à la disposition de nos clients des experts qui peuvent analyser les certificats, avant que le client ne passe sa commande et ne débourse son argent, pour s'assurer qu'il achète des masques de qualité et homologués", explique Jacques Pommeraud, directeur général France et Afrique de Bureau Veritas.

L'Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPBTP) met en ligne une série de recommandations pour éviter les arnaques. Plusieurs points doivent être vérifiés lors d'une commande de masque : une notice d'utilisation ou une fiche technique doit accompagner le produit et faire état de sa référence, de ses performances vérifiées et de son usage précis. Le marquage CE pour les masques doit être présent sur l'emballage ainsi que sur le produit. Toutes les vérifications et les notices d'utilisation des différents types de masques sont référencées à cette adresse. 

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