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De quoi le premier gouvernement d’Emmanuel Macron est-il le nom ?

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Un gouvernement c’est bien sûr des hommes et des femmes. Et chacun scrutera à la loupe, les équilibres politiques, les âges, le rapport entre les personnalités issues de la société civile et les politiques de longue date, le poids des fidèles Marcheurs par rapport aux récentes recrues de droite… Mais chaque ministre se voit aussi doté d’un intitulé qui indique à la fois un périmètre et le sens que le Président de la République entend donner à sa mission. Le choix des mots est donc tout aussi intéressant que le casting. Petite analyse sémantique

De quoi le premier gouvernement d’Emmanuel Macron est-il le nom ?
Emmanuel Macron, - Photo d'archive 2012
© Photo Pascal Guittet

La présentation orale du gouvernement par le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a été marquée par une grande sobriété. Il y a peu de titre à rallonge ou de formules ampoulées dans les titres des ministres. Mais quelques innovations signifiantes. Bercy est ainsi doté d’un ministre de l’Economie. C’est Bruno Le Maire qui hérite de ce titre, auquel on n’a ni accolé, ni dissocié "les finances", manière sans doute de marquer que ces dernières sont au service de l’économie. En revanche, Bruno Le Maire partagera Bercy, à parité, avec Gérald Darmanin qui sera ministre de l’Action et des Comptes publics. C’est-à-dire pour faire court, la gestion du budget. Mais l’idée d’accoler le terme d’ "action" à l’intitulé laisse penser que les économies seront conçues en revoyant les missions de l’Etat, ou tout au moins en les organisant différemment. Le fait que Gérald Darmanin soit ministre et non secrétaire d’Etat, contrairement à son prédécesseur, met bien en revanche la volonté de sérieux budgétaire au programme. A Bercy, le mot "industrie" a disparu des intitulés et n’a pas de secrétaire d’Etat dédié quand le "numérique" a conservé le sien avec Mounir Mahjoubi. Il sera rattaché directement à Matignon. 

Le Travail un point c'est tout

Du côté du travail, c’est là encore la simplicité qui prime. Murielle Pénicaud sera ministre du Travail, manière de dire que tous les efforts sont concentrés sur cet objectif. Sous la présidence Hollande, Myriam El Khomri était doté d’un long intitulé de "ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social". Murielle Pénicaud conservera sous sa responsabilité toutes les missions de sa prédécesseuse mais sa feuille de route tient en un seul mot : remettre les Français au travail. C’est d’ailleurs souvent comme "le président du Travail" qu’Emmanuel Macron aimait à se présenter pendant sa campagne.

Sylvie Goulard n’est pas ministre de la Défense mais des Armées, manière de la ramener à la gestion des moyens humains de la protection des français. Et de partager cette problématique plus globale de "défense" avec le Président de la République ou d’autres ministères comme celui de l’Intérieur, puisque l’ennemi est désormais aussi sur le territoire et sans doute aussi avec le ministère des affaires Etrangères, confié à Jean-Yves Le Drian qui devient aussi celui de l’Europe. Là encore, la volonté d’accoler L’Europe à l’intitulé du Quai d’Orsay marque l’engagement du Président sur ce sujet. Et le fait qu’Emmanuel Macron veuille relancer le sujet d’une défense européenne justifie pleinement que Jean-Yves Le Drian le prenne en charge.

La solidarité, plutot deux fois qu'une

Au chapitre des intitulés plus compliqués on retrouve deux fois, et il est difficile de n’y voir qu’une simple coïncidence, le concept de "solidarité". Nicolas Hulot est ainsi ministre de la Transition écologique et solidaire, tandis qu’Agnès Buzyn est ministre de la Solidarité et de la santé. C’est le deuxième volet du concept de la campagne d’Emmanuel Macron qui s’articulait sur le principe de "libérer" mais aussi de "protéger" qui s’exprime là. Ces deux ministres sont issus de la société civile et peuvent ainsi marquer la volonté du Président de ne pas laisser tomber cette aspiration des Français qui s’est exprimée lors du scrutin présidentiel.

Si le ministère de la Ville disparait, Richard Ferrand, le fidèle secrétaire général de la République en marche et député du Finistère, hérite lui d’un "ministère de la Cohésion des territoires". Cet intitulé marque la volonté d’inclure de manière holistique, tous ceux qui se sentent laissés pour compte dans la mondialisation, qu’ils vivent en ville, en banlieue, dans le péri-urbain ou dans la ruralité. Les analyses du géographe Christophe Guilluy, comme le vécu des nombreux élus locaux qui dès le départ ont soutenu Emmanuel Macron, ne sont visiblement pas restés lettre morte. 

Enfin, on notera que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, est aussi, et c’est nouveau, chargée de l’innovation. Une manière de marquer que la recherche doit déboucher sur des marchés et qu’elle ne concerne pas que le numérique puisque l’innovation était précédemment sous la houlette de la secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire. Les choses étant nommées, il n’y a plus qu’à se mettre en marche. 

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