Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

« De nouvelles usines ouvrent »

Publié le

Pour Frédéric Coirier, deuxième génération à la tête de Poujoulat et coprésident du Mouvement des ETI, le gouvernement doit poursuivre les réformes pour aider les ETI à se développer.

« De nouvelles usines ouvrent »

Les ETI fêtent leurs dix ans cette année. Sont-elles mieux reconnues aujourd’hui ?

Avant la loi qui a donné naissance à la catégorie ETI, il n’y avait pas d’éléments pour étudier l’emploi qu’elles créent, leurs investissements, l’export, l’innovation… Il y a désormais des statistiques de l’Insee. L’apport économique majeur des ETI était déjà bien perçu au niveau régional, car nous avions une proximité plus forte avec les milieux politiques locaux, mais pas au niveau national où sont faites les lois. Nous sommes aujourd’hui entrés dans le champ de vision des pouvoirs publics. Ils ont compris que la réindustrialisation et la création d’emploi passeront par les ETI. N’oublions pas que 45 % des ETI sont industrielles, contre 15 % des entreprises en général.

Que pensez-vous du travail du gouvernement ?

Le gouvernement a eu le courage de s’attaquer à l’ISF. Les entrepreneurs n’ont désormais plus cette épée de Damoclès sur la valorisation de leur entreprise. Le prélèvement forfaitaire unique à 30 % sur les revenus de capitaux mobiliers est également important car les transmissions n’étant pas gratuites, elles sont financées par les dividendes que l’entreprise doit verser.

La loi Pacte soutiendra-t-elle les ETI ?

On aurait préféré un « ETI Act » ! Mais quelques sujets vont faire des avancées. C’est le cas pour la transmission d’entreprises. Elle est gratuite dans beaucoup de pays européens et, dans les autres, elle coûte 3 à 4 % de la valeur de l’entreprise. En France, on est encore à 16 ou 17 %. Ce que l’on souhaiterait, dans cette loi, c’est que l’abattement du pacte Dutreil passe de 75 % à 95 %. Cela doperait notre capacité d’investissement, car nous serions moins obligés de ponctionner les entreprises pour payer les transmissions. Le forfait social aussi devrait évoluer. L’intéressement et la participation sont des dispositifs extra qui n’existent pas dans les autres pays. Ils ont la vertu d’associer le salarié à la compréhension et à la réussite collective de l’entreprise. Un forfait social plus raisonnable donnera de la visibilité aux entreprises.

Que manque-t-il ?

Depuis douze à dix-huit mois, on voit que, ça y est, de nouvelles usines ouvrent. Mais il n’y a pas suffisamment de réinvestissement dans les usines existantes, alors même que l’appareil de production est très fortement utilisé. C’est une question de compétitivité. Sur les salaires, il n’y a aujourd’hui pas grand-chose à dire sauf que nous ne sommes pas dans une économie de bas salaires, surtout dans l’industrie. Un cadre français coûte encore 20 % de plus qu’en Allemagne. Si on veut créer de l’emploi qualifié en France, pour favoriser l’exportation, il faut que les cotisations soient comparables à celles de nos voisins européens. Idem pour les taxes de production. Plus vous détenez d’actifs en France, plus vous êtes taxés. C’est ubuesque ! Les taxes de production représentent 50 milliards d’euros par an… 50 milliards d’euros qui ne sont donc pas réinvestis.

Êtes-vous entendus sur ces sujets ?

Oui, les pouvoirs publics commencent à le comprendre. Il y a eu quelques annonces, pour l’instant sans suite. Bruno Le Maire a parlé de baisser les charges sur les revenus moyens et hauts. Le sujet des taxes de production est dans le radar aussi, il a été relancé récemment par le Conseil national de l’industrie. Si les pouvoirs publics font leur bout de chemin, les ETI feront naturellement le leur. Si on s’aligne sur la moyenne européenne, les entreprises françaises vont cartonner !

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle