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De bien mauvais signaux sur la compétitivité de l'industrie française

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La dernière livraison de l’OFCE sur « l’Etat du tissu productif français »  s’interroge sur ses perspectives. Arrêtons tout de suite le suspense : elles ne sont pas très roses. En particulier parce que si le concept de compétitivité a été bien intégré comme un levier clé pour réussir dans la mondialisation, les efforts se concentrent sur le coût du travail et les leviers pour une compétitivité qui repose sur le hors coût ne sont pas mis en œuvre. 

De bien mauvais signaux sur la compétitivité de l'industrie française © Pascal Guittet

En France, le coût du travail a été l’ennemi remâché et le sujet rabâché d’une compétitivité qui dévisse. Avec de réels arguments et principalement à cause d’une divergence avec l’Allemagne depuis le début des années 2000.  Sur ce sujet, les dispositifs du CICE et du pacte de responsabilité ont commencé à porter leurs fruits. En partie seulement. Car, selon l’étude de l’institut allemand IMK, si dans l’industrie le coût salarial horaire de la France est de 37 euros contre 38 en Allemagne, le coût salarial horaire dans les services est de 35,6 euros ici quand il est de 30 euros Outre-Rhin. Hors, l’industrie manufacturière française consomme l’équivalent de 80 % de sa masse salariale en achats de services marchands. Selon l’OFCE cet écart de coût du travail dans les services "peut expliquer la perte de compétitivité des exportations françaises qui visent les mêmes marchés que l’Allemagne". Par ailleurs, un autre front a émergé aussi avec notre voisin espagnol qui a baissé son propre coût salarial unitaire depuis 2009. Bref, le sujet du coût du travail s’il doit rester une préoccupation pour ne pas décrocher est une course à l’échalote. La manière la plus sûre de développer la force de son industrie est celle de la compétitivité hors coût.  

Raisonner au delà du coût du travail

 Les chefs d’entreprises savent bien que la marge (et les capacités de développement qu’elle libère) est le résultat d’un différentiel entre un coût de revient et un prix de vente (avec l’intervention  au passage de la fiscalité surtout lorsqu’elle pèse sur la production).  Pour baisser ses coûts de revient comme pour augmenter ses prix, il ne suffit pas de baisser le coût du travail, il faut investir et innover. De ce côté-là la situation n’est pas très engageante. S’il n’y a pas de problème de montant d’investissement des entreprises privées en France,  il y a un vrai problème de nature. Depuis 2000, il est déséquilibré au profit d’investissements dans la construction. Sur la période 2000-2012 la part d’investissements du privé en machines et équipements des entreprises a été de 43 % en Allemagne et en Italie pour 28 % en France. "La faiblesse de ce type d’investissement peut devenir un facteur de retard dans la diffusion de nouvelles technologies et dans la captation de gain productivité", assène les auteurs de l’étude de l’OFCE. Du côté des prix c’est le positionnement des gammes de produit qui pêche. On peut l’analyser par la part des exportations en fonction de l’intensité technologique du secteur. Si la France exporte des dans des secteurs de très hautes technologies comme l’aéronautique, le tableau global n’est pas très bon. Dans la branche automobile par exemple, l’Italie a augmenté ses exportations de 16 % sur la période 2005-2011 quand la France baissait de 16 %. Globalement l’exportation de hautes technologies françaises a reculé de 8 % entre 2011 et 2015 passant de 32,1 milliards à 29,5 milliards en dollars courants contrairement à l’Allemagne, à l’Italie ou à l’Espagne.

R&D privée pas au niveau

L’autre mauvais signal, c’est la dépense intérieure de R&D des entreprises. Si elle a augmenté entre 2001 et 2014 pour atteindre 31, 1 milliards d’euros, loin devant l’Italie et l’Espagne, elle ne représente que la moitié du volume de l’Allemagne qui tutoie les 57 milliards. Enfin le dernier volet pour monter en gamme repose sur les compétences et les qualifications. Les mauvais résultats des diverses enquêtes PISA sur la formation initiale et la faiblesse de la formation continue, malgré les 34 milliards que la France y consacre, promettent une obsolescence du capital humain le long de sa vie professionnelle.

La dernière question que pose l’étude de l’OFCE est celle de la régénérescence du tissu productif.  Des entreprises anciennes et dépassées peuvent-elles facilement être remplacées par des nouvelles plus dynamiques et plus innovantes ?  S’il semble exister peu de barrières à l’entrée comme en témoigne le dynamisme entrepreneurial, il existe en France des barrières à la croissance des jeunes entreprises  du fait d’un processus concurrentiel qui avantage les entreprises en place.

Bref, au-delà du coût du travail, il reste bien des chantiers qui relèvent autant de l’environnement que de l’initiative des industriels eux-mêmes. 

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