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L'Usine Auto

"Dans une BMW autonome, le conducteur ne sera pas passif", affirme Karim Habib, directeur du design de BMW

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Entretien Il est possible de concilier véhicule autonome et plaisir de conduite. C'est ce qu'affirme Karim Habib, directeur du design de BMW, que L’Usine Nouvelle a rencontré à Londres à l’occasion de la présentation de deux nouveaux concept cars. L'enjeu est d'autant plus important pour un constructeur comme BMW qui a bâti son image sur les sensations de conduite.

Dans une BMW autonome, le conducteur ne sera pas passif, affirme Karim Habib, directeur du design de BMW © Fabian Kirchbauer; BMW AG

L'Usine Nouvelle - BMW a construit son image autour des sensations et du plaisir de conduite, ces valeurs sont-elles compatibles avec les véhicules autonomes ?
Karim Habib : Cette question est bien sûr essentielle, car nos travaux sur la voiture autonome doivent s’accorder avec l’histoire de BMW. Mais c’est justement en considérant l’histoire de la marque que nous avons eu le déclic. En effet, nous nous sommes aperçus que le même scénario se répétait chaque fois qu’il s’agit d’introduire de nouvelles technologies. Lorsque nous avons lancé les dispositifs de contrôle de traction sur nos véhicules, il y a eu d’abord un rejet de la part des passionnés de pilotage, qui s’inquiétaient de perdre les sensations de conduite “brutes”. Aujourd’hui, non seulement ces dispositifs équipent de série tous les modèles, mais en plus, quasiment plus personne ne les désactive.
 
Vous comptez sur le caractère technophile de vos clients pour faire accepter le véhicule autonome ?
Cela va plus loin. Voici plusieurs années que nous proposons des technologies d’aide à la conduite, et nos clients ont compris qu’elles n’étaient pas là pour les débarrasser de la conduite, mais pour les aider à devenir de meilleurs conducteurs. Nous reprenons le même principe avec le véhicule autonome : dans une BMW autonome, le conducteur ne sera pas un conducteur passif. Pour cela, nous voulons que nos véhicules expriment une certaine dualité : soit le conducteur est aux commandes, et le véhicule autonome pourra amplifier l’expérience de conduite, soit le véhicule conduit seul, et le conducteur peut avoir d’autres occupations. Ainsi, notre concept car BMW Vision Next 100 propose deux modes de pilotage distincts : un mode baptisé “Ease”, totalement autonome, et un mode appelé “Boost” qui améliore l’expérience de conduite.
 
Comment entendez-vous améliorer l’expérience de conduite ?
Améliorer l’expérience de conduite, ou l'amplifier, cela peut consister en des aides au pilotage tournées vers le plaisir de piloter, comme par exemple des trajectoires qui s’affichent en surimpression sur le pare-brise, ou un système de navigation qui saura vous trouver les routes les plus plaisantes pour vous exprimer au volant. En outre, de nombreuses surfaces pourront devenir fonctionnelles, comme c’est le cas sur notre concept car : le dessus de la planche de bord peut changer de couleur pour annoncer la proximité d’un danger ou d’une zone d’intérêt, et cela rend la conduite plus intuitive que lorsque le tableau de bord affiche un message.
 
En quoi ces modes de conduite modifient-ils le design des véhicules ?
La possibilité de rouler en mode autonome change de nombreux paramètres, notamment la manière de s’assoir dans le véhicule. C’est ce que nous avons voulu illustrer sur notre concept car en dessinant des sièges qui se prolongent dans les portières. Et bien sûr, les motorisations électriques n'ont plus besoin du traditionnel tunnel de transmission, ce qui offre la possibilité de planchers vraiment plats. En outre, il y aura de nombreuses nouvelles options de personnalisation, pour l’essentiel des fonctions que nous n’imaginons pas encore aujourd’hui, c’est pourquoi nous voulons suivre le modèle d’un magasin d’applications, qui pourra être enrichi au fil des années.
 
Au-delà des fonctions de conduite autonome, quelles sont les tendances pour les BMW du futur ?
L’aérodynamique devient de plus en plus importante, et notre concept car innove en la matière. Nous savons depuis longtemps que le fait de couvrir les roues permet des économies de carburant significatives. Le problème, c’est que sur le train avant, avoir des roues couvertes limite le rayon de braquage. Nous avons donc demandé à nos ingénieurs de développer un concept de carrosserie mobile. Ils ont trouvé la solution grâce à l’impression 3D : les ailes de notre concept car sont composées de petits triangles imbriqués les uns dans les autres, et qui bougent les uns par rapport aux autres. Le tout forme une carrosserie mobile, qui suit toute seule le mouvement des roues.
Mais l’un des plus gros défis pour l’avenir reste la gestion des données pour offrir une conduite personnalisée. Les véhicules vont recevoir de grandes quantités de données de l’extérieur, et ils en généreront beaucoup eux-mêmes par la conduite. Ils seront capables de modéliser la manière dont chaque propriétaire utilise son véhicule. Cela ouvre de nouvelles portes. Peut-être qu’à terme nos véhicules pourront n’avoir que BMW comme propriétaire, et que la marque proposera aux clients des véhicules différents en fonction des usages. Un pour la semaine, un pour le week-end, un pour les vacances, par exemple. Après tout, c’est cela que signifie devenir fournisseur de mobilité.
 
Propos recueillis par Frédéric Parisot

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