"Dans les pays émergents, le point bas de la croissance sera atteint en 2016"

Après avoir chuté en 2015, les prix du pétrole et des métaux industriels ont amorcé une remontée depuis le début de l’année. Qu’ils soient producteurs ou consommateurs, les pays émergents sont affectés par les soubresauts des prix de ces produits, avec le ralentissement économique chinois en toile de fond. Claudia Bernasconi, économiste spécialiste des pays émergents chez Swiss Life Asset Managers, décrypte cette actualité pour L’Usine Nouvelle.

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L'Usine Nouvelle - De quelle manière la faiblesse des prix des matières premières affecte-t-elle les pays émergents ?
Claudia Bernasconi - Globalement, une baisse des prix des matières premières est négative pour l’ensemble des pays émergents, car ils comptent plus de producteurs que de consommateurs. D’une manière générale, les prix des métaux industriels ont commencé à baisser partir de fin 2013-début 2014. Le Brésil produit beaucoup de minerai de fer. Aujourd’hui, le prix de ce matériau est au tiers de son niveau de 2013, mais, depuis le début de l’année, sa reprise est assez vigoureuse. Concernant le pétrole, la Turquie et l’Inde, gros importateurs, ont bénéficié de la faiblesse des prix. Ce sont deux pays dont la balance courante a été très négative par le passé. Aujourd’hui, cela leur coûte moins cher d’importer du pétrole.

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Comment la baisse des prix du pétrole a-t-elle joué sur l'économie de ces pays ?
Des pays comme la Russie, le Mexique ou la Colombie ont largement financé leurs dépenses gouvernementales au moyen du pétrole. La Russie a vu ses recettes fiscales baisser, et a largement réduit ses dépenses afin de contenir son déficit budgétaire. La réaction politique y a été assez marquée. Le Mexique a lui aussi réduit ses dépenses, mais de manière moins forte. Ce sont des pays qui souffrent d’une économie insuffisamment diversifiée, et souffrent du "syndrome hollandais": si les prix des matières premières sont élevés, ils ont une devise forte, ce qui fait baisser la compétitivité du secteur manufacturier. Avec la baisse des prix du pétrole, les devises se sont effondrées, permettant d’accroître la compétitivité de l’industrie. Au Brésil, les exportations du secteur manufacturier remontent. Toutefois, pour pouvoir en profiter, il faut une industrie suffisamment développée – c’est le cas au Brésil, moins en Russie.

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Comment le ralentissement économique chinois affecte-t-il la demande en matières premières ?
La Chine se heurte à la fin du boom du marché immobilier, qui souffre de surcapacités, comme dans son industrie. Elle a une demande moindre pour les métaux. Le rééquilibrage de l’économie chinoise vers les services est long, mais devrait contribuer à réduire encore la demande chinoise en métaux. Les importations de pétrole en Chine n’ont pas du tout baissé. L’essor de la classe moyenne se traduit notamment dans les achats d’automobiles.

Quelles sont vos prévisions économiques pour les marchés émergents ?
Globalement, le point bas de la croissance pour les pays émergents sera atteint courant 2016. La reprise sera très lente. Le Brésil et la Russie ont connu une grave récession. La croissance continue à s’y contracter, mais de manière moindre. En 2015 et en 2014, le choc des matières premières a été très grave mais, malgré la faiblesse des prix, il est aujourd’hui digéré. On s’attend à une reprise en forme de "L" (chute du PIB, stagnation, reprise) pour ces pays : en Russie, le niveau du PIB atteindrait son point bas mi-2016, puis fin 2016 au Brésil. En Chine, on ne s’attend pas du tout à une reprise de la croissance. En Inde, la reprise est encore très lente : la stabilité macroéconomique s’est nettement améliorée depuis l’entrée en fonction du nouveau gouvernement en 2014, mais les grandes réformes (telles que la refonte de l’impôt, par exemple), ne sont pas encore lancées.

Propos recueillis par Franck Stassi

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