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L'Usine de l'Energie

Dans l'incubateur Usine 4.0 de Total, les start-up à l'épreuve du terrain

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L’incubateur Usine 4.0 de Total offre aux start-up une immersion au cœur des activités industrielles du pétrolier et l’occasion de co-construire des solutions avec ce dernier.

Dans l'incubateur Usine 4.0 de Total, les start-up à l'épreuve du terrain
Certaines start-up du programme d’incubation Usine 4.0 de Total sont hébergées au lab Booster, à la Défense. ©Pascal Guittet

Octobre 2017, Total se hisse à la première place des Trophées du eCAC 40, qui récompensent la maturité ­digitale des entreprises du CAC 40. C’est pour le groupe pétrolier la concrétisation d’une phase d’accélération de sa stratégie digitale globale. Une séquence marquée par la nomination en 2015 d’un chief digital officer (CDO, ou directeur de la transformation digitale) en la personne de Gilles Cochevelou, un cadre du sérail, et par le lancement en 2016 de l’incubateur Usine 4.0 pour accompagner l’introduction des technologies digitales innovantes dans les activités industrielles du groupe. "La création de l’incubateur s’inscrit dans la feuille de route du digital industriel de Total", explique Gilles Cochevelou. Celle-ci s’articule autour de quatre axes : l’opérateur augmenté, la valorisation des données des installations industrielles, l’environnement de travail collaboratif et la maquette numérique, c’est-à-dire le jumeau numérique des installations. "L’incubateur complète notre démarche en interne en étant orienté open innovation. Les start-up sont agiles et apportent un regard neuf. De notre côté, nous avons la capacité d’industrialiser des solutions", souligne le CDO.

Deux sessions ont déjà été organisées avec le concours technique d’Impulse Labs, un spécialiste de l’accélération. Une troisième est en préparation. Plus qu’une incubation classique, Usine 4.0 propose aux start-up une immersion en milieu industriel en leur offrant la possibilité de tester leur technologie ou leur service au sein même des opérations du pétrolier. Conscient du besoin de tester les technologies au plus près de leur usage, Total a ouvert son chantier école de Dunkerque (Nord). "Il s’agit d’un site industriel dont nous avons conservé d’anciennes installations en état de marche et qui est l’équivalent d’une raffinerie à l’échelle 1, mais avec un accès moins contraint que dans une raffinerie", détaille Gilles Cochevelou. La proposition est alléchante. Quelque 150 entreprises se sont ­manifestées dès le premier appel à candidatures, qui portait sur l’optimisation des ­installations et sur l’opérateur augmenté. "L’incubateur nous a mis en rapport avec des ingénieurs de Total, avec lesquels nous avons pu discuter de notre solution. Cela nous a permis de valider de manière industrielle des hypothèses de ­développements techniques", explique ­Aymeric ­Préveral-Etcheverry, le ­fondateur et directeur ­général de Fieldbox.ai, qui développe une plate-forme logicielle d’intelligence artificielle et a fait partie de la première vague de l’incubateur.

Des expérimentations grandeur nature

La start-up girondine a travaillé sur des données provenant de quatre puits ayant connu des défaillances. Elle a peaufiné un algorithme d’intelligence artificielle permettant de déceler une situation anormale sur un puits. "Nous exprimons nos besoins, les start-up répondent avec des solutions et il y a adaptation mutuelle et co-construction entre les deux partenaires", reprend Gilles Cochevelou. Spécialiste du diagnostic et de la surveillance de l’état de santé des câbles, la société essonnienne Win MS a pour sa part pu apporter la preuve de l’un de ses concepts durant son incubation. "Nous avions identifié une application sur les câbles électriques alimentant les plates-formes offshore. Mais nous avions une sorte de verrou technologique car les câbles dans les utilisations pétrole et gaz sont beaucoup plus longs que dans les réseaux de distribution électriques enterrés et nous avions besoin de tester notre solution sur ces plus grandes longueurs", témoigne Arnaud Peltier, le président de Win MS.

Pour la deuxième session, Total a ouvert l’incubateur à cinq autres industriels : Air liquide, Orano, Eiffage, Solvay et Vinci Énergies. "Le fait qu’ils nous rejoignent constitue une reconnaissance de l’efficacité de notre dispositif. Cette mutualisation renforce le caractère d’open innovation tout en permettant aux start-up d’avoir accès à plus de clients", se réjouit Gilles Cochevelou. La saison 2 de l’incubateur a aussi été marquée par un ajustement de méthode. "Cette session a fait l’objet d’une définition plus précise des domaines d’intérêt. Elle était très orientée internet des objets, avec de réelles préoccupations industrielles comme la détection de fuite, l’indication de la position des vannes, la géolocalisation d’équipements. Nous avons attiré des start-up proposant des solutions plus élaborées", commente le CDO.

Les grands comptes encore frileux

Pensionnaire de la deuxième saison, la société suisse Distran a conçu une caméra ultrasonore permettant de localiser, en temps réel et à distance, les fuites de gaz. Elle a apprécié cette version élargie de l’incubateur, qui lui a permis d’atteindre de potentiels clients. Et a tiré un enseignement de son incubation : "Nous avons pu rencontrer des interlocuteurs ayant des besoins précis et vérifier l’adéquation de notre technologie à leurs applications", explique Florian Perrodin, le cofondateur et PDG de Distran. "La filière de l’usine 4.0 est en grande partie constituée de start-up", avance Arnaud Peltier, de Win MS. Pour autant, si l’usine du futur peut constituer un appel d’air pour les jeunes pousses, ­celles-ci ont encore du mal à convaincre les grands comptes. "Les industriels nous confirment qu’avec notre solution ils auraient d’importants retours sur investissement, mais l’industrie n’est pas encore habituée à travailler avec les start-up", regrette Frédéric Pedro, de la société Expert Teleportation, dont les innovations visent à réduire le temps d’immobilisation des machines.

Total, qui se dit en relation suivie avec au moins deux des start-up incubées – Fieldbox.ai et Ermeo – n’en restera sans doute pas là. Le groupe a mis en place, au niveau de son organisation des achats, des procédures contractuelles simplifiées à destination des start-up. Se frotter au monde industriel n’est toutefois pas une mince affaire pour une petite structure. "Les contraintes industrielles en termes de temps, de montant d’investissement et de taille de projet font que cela nécessite d’avoir les reins assez solides et beaucoup de persévérance de la part d’une start-up pour monter un projet", relève Pierre Joly, d’Ermeo. Au-delà de tests en conditions réelles, l’apport majeur de l’incubateur de Total pourrait bien être de rapprocher le monde des start-up et l’univers industriel. Une condition essentielle pour faire émerger les technologies clés de l’industrie du futur.

 

Ermeo poursuit sa route avec Total

Société parisienne créée en 2015, Ermeo élabore des outils d’optimisation du travail des opérateurs de maintenance sur site industriel. La start-up a été l’une des pionnières de l’incubateur Total Usine 4.0. "Grâce à une application mobile, le technicien a une vision à 360 degrés de l’équipement sur lequel il est train d’intervenir. Il a accès à tous les documents liés à cet équipement, comme le manuel de maintenance, les plans de câblage, de montage, mais aussi à toutes les informations de capteurs et à toutes les caractéristiques de l’équipement, comme la marque, la date d’installation, de dernière intervention, la disponibilité des pièce", détaille Pierre Joly, le PDG de la société. Bien que jeune, Ermeo a déjà signé vingt contrats d’expérimentation et quinze contrats d’affaires. La start-up est présente dans trois secteurs : les transports, la maintenance des bâtiments et l’énergie. "Total est un client que nous avions ciblé. Via cet incubateur, nous voulions avoir des retours d’expérience des opérateurs de terrain et des ingénieurs pour challenger notre produit ", précise Pierre Joly. Resté dans ses locaux durant l’incubation, Ermeo a effectué de fréquentes visites sur les sites du groupe pétrolier. Son PDG en tire un bilan très positif. "Nous n’en serions pas là sans certaines personnes que nous avons rencontrées chez Total. "La start-up, qui a bénéficié d’un prêt de 40 000?euros de Total Développement régional (TDR), a été intégrée au programme Total Industrial mobility (TIM). Elle nourrit maintenant des espoirs de contrat avec le pétrolier.

 

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