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Dans 40 ans, les fab labs seront omniprésents selon Neil Gershenfeld, l’inventeur du concept

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Neil Gershenfeld, directeur du centre des Bits et Atoms au MIT et fondateur du premier fab lab, prévoit une augmentation exponentielle du nombre de fablabs dans le monde grâce à de nouvelles méthodes de fabrication. De quoi bouleverser selon lui l'organisation des entreprises et du gouvernement. 

Dans 40 ans, les fab labs seront omniprésents selon Neil Gershenfeld, l’inventeur du concept © MIT

Et si fabriquer son propre grille-pain en bas de chez soi (voire chez soi) devenait aussi commun que de consulter son smartphone ? C’est ce que croit Neil Gershenfeld, directeur du laboratoire "Bits and Atoms" du MIT et inventeur du concept de fab lab. Ce père de la communauté Makers est venu présenter sa vision du futur au Fab City Summit le 12 juillet à Paris.

Selon lui, les fab labs, ces ateliers ouverts où professionnels et particuliers peuvent venir fabriquer des objets à partir de machines à commandes numériques, seront omniprésents dans 40 ans. Il estime que leur nombre va augmenter de manière exponentielle.

L’inventeur compare même leur courbe de croissance à celle de la loi de Moore pour les microprocesseurs. "On compte 1 200 fab labs dans le monde aujourd’hui, c’est deux fois plus qu’il y a 18 mois", expose-t-il. "Un million de fab labs devraient voir le jour d’ici à dix ans. Car les fab labs pourront fabriquer des machines en vue d’équiper d’autres fab labs. Puis vous viendrez dans les fab labs, non plus pour fabriquer un objet, mais pour fabriquer un fab lab", s’enthousiasme Neil Gershenfeld. L’idée derrière la multiplication des fab labs est de permettre aux villes de produire localement.

Matériaux digitaux

Un obstacle pourrait freiner leur prolifération, mais il est surmontable selon l’inventeur du concept. "Le problème aujourd’hui c'est que les fablabs sont dépendants de la supply-chain globale pour se fournir en matériaux, en composants électroniques notamment", note-t-il. "Le Centre des bits et des atomes du MIT ainsi que d’autres laboratoires travaillent sur de nouvelles méthodes de fabrication permettant d’assembler des "matériaux digitaux". Cela s’apparente à des micro-blocs de différents matériaux pouvant être assemblés, désassemblés et ré-assemblés pour faire de nouveaux objets, à la manière de legos." Cette méthode "digitale" s’oppose aux méthodes de fabrication actuelles décrites comme "analogues" par le professeur, et permettrait selon lui de créer n’importe quel objet. Des projets de recherche en électronique explorant ce type de méthode de fabrication sont en cours.

Si de telles techniques d’assemblage voient le jour, les fab labs seraient amenés à rétrécir, car toutes les machines qu’ils regroupent aujourd’hui pourraient être réunies en une seule. A la manière des ordinateurs, qui au départ prenaient une pièce entière avant d’être compactés pour devenir des ordinateurs personnels, puis des tablettes et des smartphones.

C’est grâce à ces nouveaux types de fabrication, qui ont fait l’objet de dépôts de brevets, que le nombre de fab labs devrait passer le cap du milliard, puis le trilliard dans 40 ans, selon Neil Gershenfeld.

Impact sur le gouvernement et les entreprises

Si cette prédiction s’avérait réelle, comme l’a été la prédiction de Moore, la vraie question pour Neil Gershenfeld sera de savoir "comment fonctionnera le monde et quel sera le rôle des gouvernements, de l’école, du travail, des entreprises… Toutes ces entités vont être bouleversées." Nous n’aurons plus besoin d’échanger des matières premières donc les gouvernements n’auront plus besoin de réguler les échanges commerciaux, la consommation serait-elle aussi transformée, donc les entreprises aussi…

"Les débats entre les pro-mondialisation et les protectionnistes n’auront pu lieu d’être car nous vivrons dans un monde où les bits, les informations digitales, seront échangés à l’international, mais les atomes eux seront produits localement", résume Neil Gershenfeld.

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