CTIBiotech imprime des micro-tumeurs en série pour accélérer le développement de médicaments

CTIBiotech, spécialiste de l'ingénierie tissulaire, a inauguré le 4 décembre à Meyzieu (Rhône) son nouveau laboratoire dédié à la production d'essais biologiques. Sur le site, cinq bio-imprimantes permettent de créer des micro-tumeurs en petite série pour accélérer la recherche de nouvelles thérapies.

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CTIBiotech imprime des micro-tumeurs en série pour accélérer le développement de médicaments
Avec trois têtes d'impression, les bio-imprimantes de CTIBiotech produisent les tissus cancéreux avec une grande précision

Une véritable petite usine capable de produire des échafaudages de cellules en petite série. Le spécialiste de l’ingénierie tissulaire CTIBiotech a inauguré le 4 décembre à Meyzieu (Rhône) un nouveau laboratoire dédié à la bio-impression de microtumeurs, CTIBiotumours. Avec ses cinq bio-imprimantes, le laboratoire sera capable de produire en quelques minutes des centaines de tumeurs biologiquement identiques de plusieurs millimètres, avec une parfaite reproductibilité. En ligne de mire : une réduction de trois ans du temps de développement de nouveaux médicaments - en faisant passer la phase d'évaluation pré-clinique de 6 à 3 ans -, une diminution des coûts de 20% et la mise au point de traitements personnalisés adaptés aux patients.

Pour Nico Forraz et Colin McGuckin, spécialistes de l’ingénierie tissulaire et fondateurs de CTIBiotech, cette usine-laboratoire est l’aboutissement de plus de dix années de recherches. « A l’origine, nous avons mis au point un processus de dissociation des cellules issues d’échantillons cancéreux », explique Nico Forraz directeur général de CTIBiotech. « Nous les broyons pour récupérer séparément les fibroblastes, les cellules cancéreuses, ainsi que les cellules immunitaires et vasculaires ». Ces cellules sont ensuite mises en culture pour être multipliées et servir d'éléments de base des bio-essais sur lesquels seront testés les médicaments.

Une reproductibilité améliorée

« Jusqu’à présent, ces essais biologiques étaient menés manuellement », met en avant Nico Forraz « Un laborantin déposait goutte à goutte un liquide contenant des cellules, selon un schéma pré-établi. Il s’agit d’un procédé long, fastidieux, et à la reproductibilité perfectible. »

Pour améliorer la précision du processus, CTIBiotech s’est tourné vers les systèmes de bio-impression et s’est rapproché de la société Cellink, qui développe l’imprimante Bio X. Celle-ci est dotée de trois têtes d’impression, à extrusion pneumatique. « Chaque tête d’impression correspond à une cartouche contenant une bio-encre, c’est-à-dire un liquide plus ou moins visqueux dans lequel des cellules sont en suspension », expose Nico Forraz « Pour la création de micro-tumeurs, nous avons une cartouche dédiée aux cellules cancéreuses, une autre aux fibroblastes qui ont souvent un lien étroit avec les premières, et enfin les cellules immunitaires, souvent déficientes chez le patient ».

En passant par un logiciel de CAO, les chercheurs déterminent avec une grande précision la morphologie de la micro-tumeur et la manière dont sont disposées les cellules. Le modèle numérique est ensuite envoyé aux imprimantes qui produisent les tissus cancéreux.

Des bio-imprimantes en évolution

Si certaines bio-imprimantes disponibles sur le marché possèdent un plus grand nombre de de têtes d’impression, CTIBiotech n’estime pas nécessaire de franchir le pas. « Nous pouvons déjà faire beaucoup de choses avec trois bio-encres. Au-delà, cela complexifie énormément le test du médicament et nous aurions beaucoup trop de données à analyser », pointe Nico Forraz.

Cependant, la société travaille en interne à améliorer les imprimantes. Un ingénieur de l’institut national des sciences appliquées de Lyon (INSA) a d’ailleurs rejoint l’équipe pour plancher exclusivement sur la mise au point de nouveaux procédés. Sur les cinq imprimantes en activité dans le laboratoire CTIBiotumours, deux machines ont été conçues par la société. Leur particularité : un système d’extrusion mécanique qui permet une plus grande flexibilité dans les vitesses d’impression.

La société continue également à mettre au point de nouvelles bio encres qui permettront, à terme, l’impression de cartilage ou la vascularisation de certains tissus.

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